Corse : contre la criminalité organisée, Gérald Darmanin annonce un renforcement des moyens judiciaires

Samuel Azemard avec AFP
Publié le 22 juillet 2022 à 17h00
JT Perso

Source : TF1 Info

L’île de Beauté subit une augmentation des trafics de stupéfiants.
Gérald Darmanin, actuellement en Corse, veut renforcer les moyens judiciaires nécessaires pour lutter contre la criminalité organisée.

Il ne faut pas que la Corse devienne "la plaque tournante de la drogue en Méditerranée", estime le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin. Ce vendredi 22 juillet, à Bastia, il annonce "le renforcement des moyens judiciaires" contre la criminalité organisée dans l’île de Beauté. La Corse n’est pas la seule concernée par ces futures mesures, que le ministre compte bien dupliquer à Marseille et à Paris, après en avoir discuté avec les procureurs généraux, les policiers et les gendarmes de ces villes. 

Interrogé sur l'utilisation du mot mafia pour décrire la situation en Corse, le ministre a répondu : "Je parle français et en français, mafia ça veut dire criminalité organisée". Et "notre main ne tremblera pas si nous devions trouver des agents publics qui (...) informent des personnes qui seraient mal intentionnées avec l'intérêt général et l'argent public", a-t-il poursuivi.  

Plus de personnel pour la rentrée

Gérald Darmanin a tenu à évoquer le tribunal de Marseille. En effet, c’est là que se trouve la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS), qui traite les enquêtes de grande criminalité sur une grande partie du pourtour méditerranéen français, dont la Corse. "Pour la rentrée du mois de septembre (...) des renforcements seront au rendez-vous et nous allons mettre beaucoup plus d'enquêteurs, d'officiers de police judiciaire, pour servir les magistrats", a-t-il annoncé. 

Le ministre s'est félicité que "trois règlements de comptes" aient été évités depuis le début de l'année dans l'île, pointant au passage "l’évolution de la criminalité vers les stupéfiants".

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"La difficulté principale, et l'île de Beauté n’était pas habituée à ça, c'est une augmentation des trafics de stupéfiants", a-t-il pointé. Des trafics qui impliquent des éléments criminels corses mais aussi extérieurs. Le ministre a martelé que "la Corse ne doit pas devenir la plaque tournante de la drogue en Méditerranée." Mais "la criminalité organisée en Corse n'est pas la même que dans les autres îles de la Méditerranée, pas la même qu'en Sicile ou en Sardaigne", a-t-il relativisé, et il "ne faut pas forcément photocopier les dispositifs des autres pays et des autres territoires".

"Là où avant il y avait des groupes très organisés de criminalité un peu clanique (...) fondés sur une histoire, aujourd'hui il y a une sorte d'atomisation, avec des gens qui sortent de ces clans, (...) notamment avec les stupéfiants, et qui se font beaucoup d’argent en dehors de ce que l'histoire du banditisme corse a connu", a-t-il expliqué, en évoquant 25 bandes criminelles dans l'île.

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Cette évolution de la criminalité insulaire est "sans doute la conséquence des moyens très importants mis pour lutter contre la drogue à Marseille", les trafics ayant "tendance à se déporter ici en Corse", a expliqué le ministre, annonçant le renforcement du contrôle des ports à Marseille et Nice.


Samuel Azemard avec AFP

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