La France face à une 3e vague d'ampleur

Plus de 11.000 contaminations par jour : le déconfinement du 15 décembre peut-il être repoussé ?

Vincent Michelon, avec le service politique de LCI
Publié le 7 décembre 2020 à 11h49, mis à jour le 7 décembre 2020 à 13h10
JT Perso

Source : TF1 Info

SCÉNARIOS - Avec 11.000 contaminations quotidiennes, l'objectif fixé par Emmanuel Macron pour déconfiner le pays le 15 décembre semble de plus en plus compliqué à atteindre. Le gouvernement a-t-il un plan B ? Éléments d'explication.

La France sera-t-elle prête pour le déconfinement annoncé le 15 décembre ? Les derniers chiffres de l'épidémie font naître des doutes chez les scientifiques et au sein du gouvernement. Avec plus de 11.000 contaminations quotidiennes constatées, l'objectif fixé par Emmanuel Macron dans son allocution du 24 novembre semble pour l'instant loin d'être atteint. 

"Le 15 décembre, si nous sommes bien arrivés autour des 5000 contaminations par jour et environ 2500 à 3000 personnes en réanimation, nous pourrons alors franchir un nouveau cap. Alors le confinement pourra être levé", avait indiqué le chef de l'État. Si l'objectif des réanimations, légèrement supérieur à 3200 patients actuellement, pourrait être atteint - avec des projections autour de 2800-2900 à cette date -, celui des 5000 contaminations semble en revanche désormais impossible à atteindre, comme l'expliquait lundi l'infectiologue Eric Caumes sur LCI. 

Cette amélioration trop lente peut-elle remettre en cause le scénario de l'exécutif, qui envisage de supprimer les attestations de déplacement au profit d'un simple couvre-feu à compter du 15 décembre ?

Des aménagements sont-ils envisageables ?

Face à l'épidémie, le gouvernement ne ferme aucune porte. Alors que les autorités sanitaires s'interrogent sur le niveau encore trop élevé des contaminations, avec une légère remontée depuis quatre jours - effets de la baisse des températures, relâchement dans la vie quotidienne... -, "le 15 décembre est une date qui tient toujours", assure à LCI une source au sein de l'exécutif. "On avait toujours anticipé une potentielle reprise, avec beaucoup de prudence dans l'allocution du président de la République."

Olivier Véran, pourrait s'expliquer à ce sujet mardi soir, dans "La Grande confrontation", à 20h45 sur LCI. Selon des sources concordantes, le ministre de la Santé a confirmé ce constat lors du comité de liaison parlementaire avec les chefs des groupes politiques.  "Les chiffres remontent, ils n'atteindront pas les 5000 cas par jour d'ici au 15 décembre", a-t-il déclaré, selon nos informations. Mais Jean Castex a aussi indiqué aux parlementaires que la date du 15 décembre n'était pas remise en cause à ce stade.  

Un nouveau Conseil de défense se tiendra cette semaine, probablement mercredi. En outre, les autorités sanitaires savent que les raisons de cette tendance seront mieux connues dans le courant de la semaine prochaine. "Il faut regarder dans la durée, c’est trop tôt", estime la source au sein de l'exécutif. "Il y a une légère hausse, commune à nos voisins européens. Probablement due au froid, mais il faut un peu de temps pour le savoir", avance une autre source au sein du gouvernement. "Il faut voir si la tendance est à l’augmentation dans les prochains jours." 

Cette légère reprise des contaminations, si elle se confirme, pourrait se traduire par de nouvelles mesures, confirment les deux sources. "Il est trop tôt pour dire si on va pouvoir assouplir autant que ce qu’on avait prévu. Il va falloir encore attendre quelques jours", indique-t-on à LCI.

"Il y a une centaine d’autres options avant de dire simplement qu'on déconfine ou qu'on ne déconfine pas", nous précise-t-on. Il pourrait être question, d'aménager l'assouplissement prévu à partir du 15 décembre en jouant, par exemple, sur l'heure du couvre-feu. Le déconfinement, tel qu'il est prévu actuellement, précède de quatre jours les congés de Noël et de neuf jours le réveillon, un moment crucial de réunions familiales dont les épidémiologistes redoutent déjà les effets sur une possible remontée des contaminations à la mi-janvier. 


Vincent Michelon, avec le service politique de LCI

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