Crise de l'hôpital : l'ordonnance d'Emmanuel Macron pour les soignants

J.F avec AFP
Publié le 6 janvier 2023 à 14h13

Source : TF1 Info

Emmanuel Macron a dévoilé vendredi ses réponses à la crise dans laquelle s'enfonce le système de santé français.
Il a notamment annoncé une réorganisation du travail à l'hôpital d'ici juin.
Et une accélération du recrutement d'assistants médicaux.

Pour la première fois, il présentait ses vœux aux personnels soignants. Ce vendredi, Emmanuel Macron était au Centre hospitalier Sud Francilien (CHSF) de Corbeil-Essonnes (Essonne) pour rencontrer les professionnels de santé éprouvés par les crises à répétition et un système à bout de souffle. "Je sais l'épuisement personnel et collectif, ce sentiment parfois de perte de sens qui s'est installé, le sentiment au fond de passer d'une crise à l'autre", a déclaré le chef de l'État. 

Se donnant comme objectifs de "dégager du temps aux soignants face aux patients", de "repenser notre organisation collective, en ville et à l'hôpital" et d'"avoir une médecine qui prévient mieux", voici les annonces qu'il a faites, prévenant qu'il faudrait "une décennie à changer en profondeur" ce système de santé.

Une réorganisation du travail à l'hôpital d'ici le 1er juin

Le président souhaite une réorganisation du travail à l'hôpital "d'ici au 1er juin" pour lui permettre de garder les soignants qui le quittent et de le rendre plus attractif. Il a notamment déploré une "hyper-rigidité" dans l'application des 35 heures et un système qui "ne marche qu'avec des heures supplémentaires".

Aussi, il souhaite qu'au plus tard d'ici le 1er juin "chaque hôpital adapte ses plannings et son organisation de travail au niveau du service. Chaque service doit pouvoir s'organiser en autonomie et liberté. Il faut qu'il redevienne l'unité organique et humaine d'organisation" des hôpitaux, a estimé Emmanuel Macron.

Il souhaite également que la direction des hôpitaux soit assurée par un tandem "administratif et médical", constitué sur la base d'un "projet"

Sortie de la tarification à l'acte

Le président a fait part de son souhait de sortir de la tarification à l'acte à l'hôpital dès le prochain budget de la Sécurité sociale, au profit d'un financement sur les "objectifs de santé publique". "Pour l'hôpital public, il faut qu'il y ait une part structurante de la rémunération qui repose sur des objectifs de santé publique qu'on négocie à l'échelle d'un territoire", a-t-il déclaré, évoquant aussi une part de rémunération basée sur les "missions réalisées par chacun" et quand même "une part de rémunération à l'activité".

Mieux rémunérer les médecins qui "assurent la permanence des soins"

"Nous allons mieux rémunérer les médecins qui assurent la permanence des soins et ceux qui prennent en charge de nouveaux patients", a expliqué le président de la République, souhaitant que les Français "trouvent facilement un médecin de garde"

Médecins traitants

Les 600.000 patients souffrant d'une maladie chronique et ne disposant pas, à l'heure actuelle, d'un médecin traitant s'en verront proposer un "avant la fin de l'année".

Porter à 10.000 le nombre d'assistants médicaux

Le chef de l'État a promis d'"accélérer le recrutement des assistants médicaux" créés en 2018 pour les porter de "près de 4000" actuellement à "10.000 d'ici la fin de l'année prochaine". En les délestant notamment de tâches administratives, "ça libère du temps médical" pour que les soignants suivent leurs patients, a-t-il estimé.


J.F avec AFP

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