Crise en Ukraine : quelle est la position des candidats à l'élection présidentielle ?

J.F
Publié le 15 février 2022 à 13h18, mis à jour le 15 février 2022 à 14h15

Source : JT 13h WE

Le conflit autour de l'Ukraine entraîne des tensions entre occidentaux et russes.
Et divise les candidats à la présidentielle française sur leur stratégie diplomatique en cas d'accession au pouvoir.
Faut-il dialoguer avec la Russie ? L'Ukraine doit-elle entrer dans l'Otan ? Passage en revue de leurs positions.

Comment géreraient-ils la crise ukrainienne s'ils étaient au pouvoir ? Tous les candidats à la présidentielle s'accordent à estimer qu'une entrée de l'Ukraine dans l'Otan n'est pas d'actualité, en accord avec la ligne officielle de la France. Mais alors que le président de la République, Emmanuel Macron, a alterné entre fermeté et volonté de dialogue avec la Russie, ses adversaires lui reprochent de discuter avec Vladimir Poutine, ou encore la faiblesse du poids de la France sur la scène internationale. Passage en revue des positions des candidats.

Dans un communiqué publié le 14 février, Eric Zemmour estime que la France "peine à faire entendre sa voix dans la crise ukrainienne". L'ancien polémiste estime que "toute atteinte à la souveraineté de l’Ukraine serait inacceptable" et que "la meilleure manière de préserver la souveraineté de l’Ukraine est qu’elle n’appartienne à aucun bloc : ni à celui de l’Otan, ni à celui de la Russie". "Je propose que la France présente à l’Ukraine, à la Russie, et à tous les pays européens membres de l’Otan qui le souhaitent, un projet de traité sur la sécurité et la paix en Europe" qui "prévoirait la fin de l’élargissement de l’Otan et préserverait la liberté et la souveraineté de l’Ukraine", écrit-il, ajoutant qu'il souhaite "reconstruire un dialogue apaisé et constructif avec la Russie, dont la place historique et culturelle est indéniable au sein de la civilisation européenne".

La candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, est elle aussi favorable à un rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine. Reçue par le président russe lors de la campagne présidentielle française de 2017, elle prône d'une manière générale un "rééquilibrage" des relations de la France avec les États-Unis et la Russie, et déplore que Paris et l'Union européenne aient "disparu" des négociations autour de l'Ukraine. "Une fois de plus, l'Union européenne démontre sa faiblesse diplomatique puisque les États-Unis discutent aujourd'hui avec la Russie d'un territoire qui est (...) européen", estimait-elle le 26 janvier dernier. Comme Eric Zemmour, elle souhaite faire sortir la France de l'Otan. 

Valérie Pécresse pour "une nouvelle architecture de sécurité européenne"

Dans une tribune publiée le 26 janvier dans Le Monde, Valérie Pécresse appelle à une conférence sur la sécurité européenne réunissant l'Union européenne, la Russie et les pays européens de l'Atlantique à l'Oural, afin de "définir une nouvelle architecture de sécurité européenne". Pour la candidate LR, qui plaide pour le maintien de la France dans l'Otan, l'intégration de l'Ukraine dans cette alliance n'est pas, en revanche, "une priorité dans une Europe pacifiée et réconciliée".

"Je ne veux pas faire entrer la Russie dans l'Union européenne, mais je pense que nous devrions réfléchir à une nouvelle conférence sur la sécurité de l'Europe avec les pays européens, avec la Russie", a-t-elle de nouveau expliqué lundi 14 février, justifiant cette proposition par "les tensions liées au fait que la Russie a retrouvé ses frontières du XVIIe siècle avec des pays à ses frontières affilés à l'OTAN (...) Cela crée des tensions et l'Europe doit prendre sa sécurité en main"

À gauche, pro-européens contre partisans d'une France non-alignée

À gauche, le clivage est entre pro-européens et partisans d'une France non-alignée. Anne Hidalgo et Yannick Jadot appartiennent à la première catégorie et prônent une discussion à un niveau plus large que la France. "Je commencerai à l’échelle européenne, avec les partenaires européens, à redonner cette force d’influence que doit avoir l’Europe", déclarait la candidate socialiste le 13 janvier dernier sur France Inter. "Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Se retrouver dans une situation où Vladimir Poutine discute directement avec les États-Unis des frontières, de l’avenir de l’Ukraine et de la relation d’un pays situé en Europe est un problème majeur." 

Critiquant la "complaisance" de certains candidats vis-à-vis de Vladimir Poutine, l'écologiste plaide pour la convocation d'un sommet à Kiev "pour montrer la solidarité absolue de l'Europe pour la démocratie en Ukraine et l'intégrité de son territoire". Selon lui, "nous devons, au sein de l'UE et avec nos partenaires internationaux, défendre l'Ukraine et sortir de la dépendance vis-à-vis du gaz russe".

Plus à gauche, Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel partagent des positions communes. Se défendant de privilégier la position russe, mais plaidant pour le dialogue avec Poutine, le candidat insoumis estime que la France devrait être "non alignée". "Ni les Russes ne doivent entrer en Ukraine, ni les Américains ne doivent annexer l'Ukraine dans l'Otan", a-t-il estimé le 6 février sur TF1. Selon lui, "si on veut jouer un rôle, il faut être non aligné. Si on choisit d'être aligné, on ne joue plus de rôle, on est dans un des camps. Et l'intérêt de la France, ce n'est pas de transformer la Russie en adversaire"

Jeudi 10 février sur France 2, le député des Bouches-du-Rhône a estimé que dans la crise ukrainienne, l'agresseur était l'Otan et non la Russie. "Les États-Unis d'Amérique ont décidé d'annexer dans l'Otan l'Ukraine, et la Russie se sent humiliée, menacée, agressée", a-t-il estimé.

Fabien Roussel (PCF) veut, lui aussi, que la France retrouve sa "voix originale" dans la diplomatie internationale. En meeting à Marseille, il a estimé qu'il fallait "enclencher rapidement la désescalade guerrière, ouvrir des espaces de dialogues avec la Russie, en tendant la main, une main ferme, mais une main ouverte".


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