"Hanouna, il bosse" : convoqué à l'Assemblée, que risque l'animateur s'il ne s'y rend pas ?

Publié le 18 février 2024 à 11h44, mis à jour le 18 février 2024 à 14h16

Source : Sujet TF1 Info

L'animateur de C8 Cyril Hanouna a été convoqué pour une audition à l'Assemblée nationale le 14 mars prochain.
"Il faudra qu'ils changent la date sinon malheureusement, je ne pourrai pas venir", a-t-il dit vendredi soir dans son émission, invoquant un "enregistrement".
Que risque-t-il s'il ne se rend pas à l'audition ?

"Ils m'ont convoqué le 14 mars", a révélé l'animateur de C8 Cyril Hanouna dans son émission TPMP vendredi 16 février. Comme son patron Vincent Bolloré ou ses collègues Pascal Praud et Laurence Ferrari, Cyril Hanouna a été convoqué pour une audition à l'Assemblée nationale. Il sera interrogé par la commission d'enquête sur l'attribution des fréquences télé dirigée par le député Renaissance Quentin Bataillon. "Malheureusement, je peux leur dire tout de suite, je vais leur écrire, 14 mars c'est un jeudi à 14 heures, les chéris, Hanouna il bosse", a expliqué l'animateur. "Il faudra qu'ils changent la date sinon malheureusement, je ne pourrai pas venir et ça me fait beaucoup de peine", a-t-il encore ajouté avec ironie.

Une attitude qui n'a pas plu à Quentin Bataillon. "Monsieur Cyril Hanouna, je vous remercie pour cet 'accusé de réception'. Veuillez accueillir cette convocation avec le respect et le sérieux dus à la représentation nationale", a-t-il posté sur X en réponse à la séquence de C8 dans laquelle le présentateur évoque sa convocation. Le député de la Loire en a profité également pour poster une capture d'écran d'un rappel au règlement pour prouver que Cyril Hanouna ne pourra pas échapper si facilement à cette audition prévue mi-mars.

Jusqu'à deux ans d'emprisonnement

Sur cette photo issue du site internet de l'Assemblée nationale, on peut lire que "les personnes dont une commission d’enquête a jugé l’audition utile sont tenues de déférer à la convocation qui leur est délivrée, si besoin est, par un huissier ou un agent de la force publique, à la requête du président de la commission d’enquête". "Ces obligations sont assorties de sanctions pénales", lit-on encore. Celles-ci sont précisées dans l'ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires : "La personne qui ne comparaît pas ou refuse de déposer ou de prêter serment devant une commission d'enquête est passible de deux ans d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende."

L'audition de Cyril Hanouna, "la personne la plus rappelée à l'ordre du PAF", avait été souhaitée par le député LFI Aurélien Saintoul, rapporteur de la commission d'enquête. En convoquant ces personnalités de C8, les députés veulent se pencher sur "le respect des engagements pris par [les] services de télévision" de Canal+ alors que l'Arcom doit lancer fin février les appels à candidatures pour le renouvellement des autorisations de 15 fréquences de la télévision numérique terrestre (TNT) en 2025, dont celles du groupe Canal+.

Mardi dernier, le Conseil d'Etat a réclamé d'une surveillance plus poussée des télés et radios par l'Arcom, notamment suite à un recours de l'ONG Reporters sans frontières (RSF), qui considère que CNews "est devenue un média d'opinion", ce qu'elle conteste. Ces derniers jours sur son antenne, elle dénonce une possible menace sur "la liberté d'expression" et une "tentation autoritaire".


Justine FAURE

Tout
TF1 Info