Damien Abad accusé de violences sexuelles, un ministre dans la tourmente

Damien Abad accusé de violences sexuelles : les réponses du gouvernement

Aurélie Loek
Publié le 23 mai 2022 à 13h59, mis à jour le 23 mai 2022 à 14h19
JT Perso

Source : TF1 Info

Ce lundi, Olivia Grégoire, la nouvelle porte-parole du gouvernement, est revenu sur la situation de Damien Abad.
Le nouveau ministre des Solidarités est accusé par deux femmes de faits de viol.
Suite à la polémique déclenchée, le ministre, toujours en poste, a eu un échange direct avec la Première ministre.

À peine nommée, la nouvelle porte-parole, Olivia Grégoire, a tenté d'éteindre la première controverse qui entache les débuts du gouvernement Borne : la nomination de Damien Abad, au poste de ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, alors que des accusations de viol relayées par la presse ont été portées par deux femmes à son encontre. A la sortie du tout premier conseil des ministres du gouvernement Borne, il a fallu s'expliquer.

Quelle est la ligne du gouvernement ?

Interrogée dès la fin de sa prise de parole sur l'affaire Damien Abad, Olivia Grégoire a tenu à rappeler ce qu'était la "ligne" du gouvernement. "La ligne du Président de la République et les propos de la Première ministre ont été très clairs. Tolérance zéro pour les délinquants sexuels, respect, écoute totale pour toutes les victimes présumées. La question des violences sexuelles continuera à être hissée au sommet des priorités du gouvernement", a-t-elle commencé. 

Pour autant, elle a rappelé que c'était à la justice d'établir la vérité. "La justice est la seule à devoir ou à pouvoir trancher. Ça n'est pas à moi et ce n'est pas à vous, de juger de cette affaire", a-t-elle souligné, expliquant qu"à [s]a connaissance, aucune autre procédure est en cours", jugeant qu'un signalement qui est actuellement en cours de traitement par la justice relevait pour le moment du parquet.

Quelle réaction de la part de la Première ministre ?

La Première ministre, Elisabeth Borne, a été à plusieurs reprises interrogé sur Damien Abad et les accusations portés contre lui lors de son déplacement dans le Calvados ce weekend. Elle a affirmé n'avoir pas été courant avant la nomination de l'ancien député Les Républicains avant la lecture de l'article de Mediapart et a insisté sur le fait "que s'il y a de nouveaux éléments, si la justice est à nouveau saisie, on tirera toutes les conséquences de cette décision". Elle a égalemnt assuré qu'il ne pouvait y avoir "aucune impunité" concernant les violences sexuelles.

La porte-parole du gouvernement a précisé qu'après ce discours tenu par la Première ministre, celle-ci avait convoqué Damien Abad pour un entretien en personne, dimanche soir, en rentrant de son déplacement en Normandie. Selon Olivia Grégoire, elle lui aurait alors rappelé son engagement personnel sur cette question et qu'elle suivrait de près les éventuelles décisions de justice qui seront rendues.

Des membres du gouvernement étaient-ils au courant ?

Olivia Grégoire a certifié qu'aucun membre du gouvernement, "à sa connaissance", n'avait été mis au courant des plaintes portées à l'encontre de Damien Abad. Selon Mediapart, qui a dévoilé cette affaire, des membres des Républicains, ancien parti du désormais ministre des Solidarités, ont étayé les accusations portées par les deux femmes. La nomination du transfuge des LR a-t-elle fait l'objet d'une étude particulière au moment de constituer le nouveau gouvernement ? La porte-parole rappelle que lors de la nomination d'un ministre, "les deux seules structures qui sont consultées sont la Haute Autorité pour la Transparence de la Vie publique et la Direction Générale des Finances publiques. Ce n'est certainement pas les partis politiques comme les Républicains ou la majorité présidentielle qui sont consultés".

Ex-patron des députés LR à l'Assemblée et principale prise de guerre de la Macronie depuis la victoire du président sortant le 24 avril, Damien Abad est dans la tourmente depuis ce week-end. Il doit faire face à des accusations de viols sur deux femmes en 2010 et en 2011, qu'il nie "avec la plus grande force". Deux plaintes ont déjà été classées, mais la justice serait  en train d'étudier un nouveau signalement.


Aurélie Loek

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