Damien Abad accusé de violences sexuelles, un ministre dans la tourmente

Qu'est-ce que l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, à l'origine de l'affaire Abad ?

Idèr Nabili
Publié le 24 mai 2022 à 18h36
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le nouveau ministre Damien Abad est dans le viseur de l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique.
C'est cette association qui a transmis à LaREM et LR les témoignages des accusatrices du député de l'Ain.
En quoi consiste-t-elle ?

À peine nommé au gouvernement et déjà dans la tourmente. Dans des témoignages rendus publics par Mediapart, deux femmes accusent Damien Abad, nouveau ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, de les avoir violées en 2010 et 2011. L'une d'elles a porté plainte, classée sans suite en 2017. Le député de l'Ain conteste fermement ces accusations.

L'affaire Abad, comme elle est désignée, trouve son origine dans une association habituée à dénoncer les suspicions d'agressions sexuelles : l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. C'est cet organisme qui a recueilli le témoignage de l'une des plaignantes, il y a une dizaine de jours. L'association assure avoir envoyé un signalement par mail à plusieurs responsables de LR, le parti auquel appartenait Damien Abad jusqu'à la mi-mai, et de LaREM, avant même sa nomination au gouvernement.

Si le nom de cette association ne vous dit rien, c'est parce qu'elle est récente dans le paysage politique. Cet Observatoire a été fondé en février dernier pour transformer #MeTooPolitique, une tribune publiée dans Le Monde en 2021, en véritable organisation. À son initiative, plusieurs militantes féministes. Parmi elles, Mathilde Viot, secrétaire générale du groupe La France insoumise (LFI) au conseil régional d'Île-de-France et collaboratrice parlementaire de députés du camp de Jean-Luc Mélenchon, ou Fiona Texeire, conseillère à la mairie de Paris.

Des témoignages venus de tous les bords politiques

"Dans cette tribune, nous alertions sur la récurrence systémique des violences sexuelles et sexistes dans le milieu politique, de l'échelon municipal jusqu'au plus haut niveau", explique Fiona Texeire auprès de TF1info. "Par la suite, nous avons souhaité nous constituer en association, afin d'alerter sur la présidentielle, puis sur les législatives. Le but ? Interpeller les partis pour qu'ils n'investissent pas les hommes politiques mis en cause."

L'Observatoire épie la presse, notamment locale, et met en lumière les accusations de violences sexuelles portées contre les candidats. Dans l'ombre, l'association assure également un soutien aux femmes prêtes à témoigner. "La confiance qu'a inspiré notre action a poussé des femmes à se confier spontanément à nous", poursuit Fiona Texeire. "Certaines nous ont demandé conseil pour les orienter." C'est ce qu'il s'est passé pour Chloé, l'une des accusatrices sous pseudonyme de Damien Abad, qui a contacté l'association quelques jours avant les révélations dans la presse.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes reprochent à l'Observatoire sa couleur politique. "Quelques twittos [...] voudraient voir dans notre démarche la main invisible de LFI ou d'une 'officine d'extrême gauche' sur nos prises de paroles et nos actions", admet l'association sur Twitter.

L'Observatoire se veut pourtant transpartisan. "Il n'y a pas de frontière d'âges ou de partis" dans les témoignages recueillis, assure Fiona Texeire, qui rappelle que la tribune #MeTooPolitique était ouverte à tous les partis, "même si peu de femmes à droite s'étaient manifestées". "Notre objectif est que les femmes puissent enfin s'investir en politique sans craindre le sexisme ou des violences sexuelles", insiste-t-elle, "qu'elles aient la même assurance et la même sécurité que nos collègues masculins."


Idèr Nabili

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