Élection présidentielle 2022

Grand débat LR : éolien, "grand remplacement", voile... ces sujets qui ont divisé les candidats

par Justine FAURE
Publié le 9 novembre 2021 à 0h43
JT Perso

Source : TF1 Info

OPPOSITION - Ce lundi soir sur LCI, lors de leur premier débat en vue du congrès LR, les cinq candidats se sont souvent montrés d'accord, sauf sur l'éolien, la théorie du "grand remplacement" et le port du voile pour les mineures.

"On a le droit d’avoir des divergences", s'est défendue Valérie Pécresse alors qu'elle venait de donner des arguments différents de ceux exposés quelques minutes plus tôt par Xavier Bertrand. Sécurité, immigration, nucléaire... Ce lundi soir, les cinq candidats au congrès LR pour l'investiture à la présidentielle se sont souvent montrés d'accord. Mais les discussions ont été un peu plus vives et les avis divergents sur trois sujets : l'éolien, la théorie du "grand remplacement" et l'interdiction du port du voile pour les mineures.

Alors qu'ils sont tous d'accord pour construire de nouveaux EPR et faire la part belle au nucléaire dans la production d'énergie, l'éolien a créé des dissensions. Xavier Bertrand, notamment, s'est montré virulent envers ces "satanées éoliennes". Construirait-il de nouvelles éoliennes s'il était élu ? "Sans l’avis des gens ? Vous connaissez beaucoup de promoteurs qui ont leur maison au pied des éoliennes ? La France ce sont des paysages, on est en train de massacrer des paysages", a-t-il répondu, ajoutant qu'il mettrait "un terme à ce développement anarchique de l'éolien".

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Ses adversaires se sont toutefois montrés moins catégoriques. La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, favorable au "zéro carbone d'ici à 2050", estime qu'il n'est pas possible de "se passer du nucléaire pour atteindre cet objectif, mais des éoliennes non plus". "Il faudra faire de l’éolien, mais avec l’assentiment des populations. Je suis sensible à deux choses : la préservation des zones de pêche et des paysages. Mais il y a des territoires de France dans lesquels on peut mettre de l’éolienne, notamment en mer, mais avec l’assentiment des populations." 

"Je veux 50% d'énergie renouvelable en 2050. Comment on y arrive ?", a poursuivi Philippe Juvin. "Par l’éolien en mer, un grand plan sur les 20 prochaines années sur l’éolien en mer", a-t-il expliqué. Il s'est également prononcé pour un moratoire sur les éoliennes terrestres : "Dans 20 ans, les éoliennes terrestres seront arrivées en fin de vie, on les démonte et on n’en monte plus", a-t-il estimé. Michel Barnier s'est déclaré contre l'"éolien s’il n’y a pas d’accord local" pour construire des éoliennes. 

Grand remplacement : Ciotti seul contre tous

Autre sujet de discorde : le "grand remplacement", théorie reprise par l'extrême droite et estimant inéluctable la substitution d’une population par une autre. Là, c'est le député des Alpes-Maritimes qui s'est retrouvé seul contre tous. Eric Ciotti est le seul à assumer l'utilisation de ces termes. "Je n’ai pas peur des mots, s’il faut parler de grand remplacement, je parle de remplacement. Ce sont les commentateurs qui nous ont empêchés de regarder la réalité. Certains n’osent plus dire ce qu’ils voient par peur du politiquement correct. Dans cette campagne je veux abattre le politiquement correct."

En revanche, Michel Barnier ne souhaite pas utiliser ce mot. "Je n’aime pas cette expression, car elle est utilisée par une personne qui n’a pas la même histoire que nous, qui confond Pétain avec de Gaulle et qui a une vision de stigmatisation permanente dans la société", a-t-il expliqué, en visant Eric Zemmour. Valérie Pécresse a, elle aussi, assuré qu'elle détestait "cette expression parce qu’elle donne le sentiment que tout est foutu. Elle donne le sentiment qu’aujourd'hui on peut s’assoir et il ne se passera rien. Ce n’est pas ma vision de la politique." "Je partage l’avis de Valérie Pécresse, utiliser cette expression, c'est laisser entendre que c’est fichu", a ajouté Philippe Juvin. Quant à Xavier Bertrand, il n'a pas répondu à cette question.

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Pécresse et Barnier contre l'interdiction du "port du voile forcé"

Enfin, les cinq candidats se sont montrés en désaccord sur l'interdiction du port du voile pour les mineures, une proposition formulée par Eric Ciotti. "Comment concevoir que le voile, qui est un signe de soumission de la femme, soit imposée aux fillettes ?", a questionné celui qui est également contre le port du voile à l'université et pour son interdiction pour les accompagnatrices scolaires. 

Valérie Pécresse, même si elle considère le voile comme un "instrument de soumission", n'est pas pour une interdiction à toutes les mineures, mais seulement en cas de "port du voile forcé", soit "quand une adolescente, une femme, est obligée de le porter". "Il pourrait y avoir des recours pour des adolescentes obligées dans leurs familles à porter le voile", a-t-elle expliqué. Michel Barnier a formulé la "même réponse que Valérie Pécresse". Pour Philippe Juvin, "c’est difficile en démocratie d’organiser un code vestimentaire qui soit réglé par la loi, en revanche il ne faut pas laisser les choses ainsi, le voile n’est pas une manifestation de liberté". Là encore, Xavier Bertrand a reconnu que "sur la question des fillettes, oui il y a un sujet", mais ne s'est pas prononcé pour ou contre une interdiction du port du voile pour les mineures.


Justine FAURE

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