Aux universités d'été de LFI, "l'insoumise" Rachida Dati tout sourire malgré des désaccords de fond

par Maëlane LOAËC
Publié le 27 août 2022 à 19h07, mis à jour le 28 août 2022 à 9h29

Source : TF1 Info

La maire LR du 7e arrondissement de Paris, ministre sous Nicolas Sarkozy, avait créé la surprise en acceptant de débattre ce samedi aux universités d'été de La France Insoumise.
Face au député Ugo Bernalicis, les discussions se sont avérées décontractées, entrecoupées de quelques rires malgré des échanges parfois musclés.

Tous deux en chemise blanche aux manches relevées, baskets aux pieds, Rachida Dati et Ugo Bernalicis se serrent la main en souriant sur la scène de l'amphithéâtre principal à Châteauneuf-sur-Isère, à l'occasion du troisième jour des "Amfis d'été" de la France Insoumise dans la Drôme. "J'aime le débat, la confrontation d’idées. Pour ceux qui ont peur des débats bruyants, sachez que j’aime le bruit", lance d'un air espiègle la maire LR du 7e arrondissement de Paris. L'heure et demie d'échanges avec le député insoumis du Nord n'aura finalement pas été émaillé de beaucoup d'éclats de voix. Si des désaccords ont été fermement marqués, l'ambiance était loin d'être crispée. 

À l'ouverture de ce débat portant sur la justice, l'ancienne garde des Sceaux de Nicolas Sarkozy a même été applaudie par les quelques centaines de personnes rassemblées dans l'auditoire. Avant d'essuyer tout de même des rires, lorsque l'ex-magistrate a décrit la justice comme "un combat de vie" et insisté sur ses origines populaires, se présentant même comme "le produit d’une gauche ouvrière". "Depuis trop longtemps, on a considéré que le régalien, la justice, la sécurité n'étaient pas des thématiques de notre camp politique, (...) mais ce sont des questions sociales", a pour sa part estimé Ugo Bernalicis. 

Des "constats partagés" mais plusieurs huées

Rachida Dati n'a pas manqué dès le début du débat de souligner des "constats partagés" avec son interlocuteur, président de la Commission d'enquête sur les obstacles à l'indépendance du pouvoir judiciaire, comme sur les conditions de détention des prisonniers. Sans revenir explicitement sur la récente polémique sur des activités organisées à la prison de Fresnes, elle a affirmé tout de même que "les conditions de détention ne sont pas dignes", des mots chaudement applaudis. 

De son côté, le député insoumis l'a remerciée pour l'instauration du Contrôleur général des lieux de privation de liberté lors de son mandat de ministre, regrettant toutefois qu'il ne soit insuffisamment écouté à ses yeux. Il n'a par ailleurs évoqué à aucun moment la mise en examen de Rachida Dati elle-même dans l'affaire Carlos Ghosn.

L'ancienne ministre sarkozyste de la Justice a cependant été huée à plusieurs reprises, notamment au sujet de l'augmentation du nombre de magistrats sur l'ensemble du territoire ou encore le vote d'une loi de politique pénale, autant de propositions insoumises à laquelle elle s'est opposée, s'en prenant même à quelques "conneries". "Vous allez me faire regretter le conseil de Paris", a-t-elle lancé à l'auditoire, avec une mine faussement irritée. 

"Je ne suis pas aux ordres, je suis aussi insoumise"

Avant de finalement retrouver un ton de complicité assez inattendu, décochant quelques railleries non pas tant contre la majorité, ennemi commun, mais plutôt à l'encontre de l'équipe socialiste d'Anne Hidalgo à la Mairie de Paris, accueillies par des rires. "Je ne suis pas aux ordres, je suis aussi insoumise", a-t-elle même tenté, à un moment où l'auditoire la pressait de répondre à une question. "Plaisir partagé", ont-ils conclu à la fin des discussions. "La binarité ne génère que de la frustration et du désintérêt pour les Français pour le vote. (...) Ce type de débat suscite de l’intérêt sur l’engagement politique et citoyen", s'est réjoui Rachida Dati, remerciant ses hôtes pour l'invitation. 

Une clôture tout sourire, alors même que la maire LR semble être la plus éloignée de LFI sur l'échiquier politique parmi tous les invités de ces universités d'été insoumises. Elle succédait à plusieurs membres du gouvernement : un peu plus tôt ce samedi, la ministre déléguée aux PME, Olivia Grégoire, particulièrement chahutée par la salle, qui était précédée du ministre délégué aux Transports Clément Beaune et de la secrétaire d'État chargée de l'Économie solidaire Marlène Schiappa.


Maëlane LOAËC

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