Le 10 mai dernier, le maire de Saint-Brevin-les-Pins, Yannick Morez, avait annoncé son intention de démissionner de son mandat de maire.
Mardi 16 mai, à l'Assemblée nationale, le gouvernement a été mis sous pression pour justifier son action dans ce dossier.
Elisabeth Borne recevra l'élu à Matignon, mercredi.

L'Assemblée nationale s'indigne. Mardi 16 mai, la démission du maire de Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique) s'est invitée dans les questions posées aux gouvernements par les députés. Un peu moins d'une semaine plus tôt, Yannick Morez a décidé de démissionner de son mandat de maire de cette cité balnéaire. En cause ? Des menaces et des intimidations par des groupuscules d'extrême droite en marge du transfert d'un centre d'accueil de demandeurs d'asiles. 

En mars dernier, son domicile avait été la cible d'un incendie criminel. Le 10 mai dernier, il a décidé de jeter l'éponge. Une situation qui révolte la Première ministre. "S'en prendre à un élu, quelle que soit son étiquette ou son mandat, c'est s'en prendre à la République", a jugé la cheffe du gouvernement. Elle rencontrera ce mercredi 17 mai, le maire démissionnaire. Un rendez-vous annoncé depuis plusieurs jours déjà.

"Ce qui est arrivé à Yannick Morez (...) est inacceptable, inqualifiable. Il a été victime de la vindicte, du harcèlement, des intimidations de groupuscules d'extrême droite. Le gouvernement est de son côté (...). Condamner ne suffit pas. Mon gouvernement prend à bras-le-corps la question des violences envers les élus", assure Élisabeth Borne devant l'Assemblée nationale. 

C'est un échec pour la République
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur

Quelques minutes plus tôt, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait été sommé de répondre aux critiques du député Liot, Paul Molac, qui jugeait que "la réponse de l'État n'a pas été à la hauteur du danger". "Lorsqu'un maire - ainsi que sa famille - est menacé (...), c'est un échec pour la République. On peut toujours faire mieux", a jugé le ministre de l'Intérieur. Sans doute que la protection n'était pas à la hauteur de ce qu'il attendait", a-t-il estimé. Le locataire de la place Beauvau niant, par contre, une inaction de l'État. Le ministre assurant que la "main" du gouvernement "n'a pas tremblé" contre "ceux qui menacent la République".

Le 13 mai dernier, Yannick Morez confirmait son sentiment sur l'insuffisance de soutien qu'il a recu de la part du gouvernement : "Non, Madame la Ministre, l'État ne s'est pas tenu à mes côtés", avait-il expliqué sur Facebook.

Un centre d'analyse des violences lancé mercredi

Mis sous pression par les oppositions pour ne pas avoir "suffisamment" protégé le maire Yannick Morez, l'exécutif s'est défendu. Le ministre chargé de la Cohésion des territoires, Christophe Béchu, a dénoncé une "indignation sélective" de la part de La France insoumise et critiqué les propos d'un élu régional apparenté LFI, qui avait scandé : "Louis XVI, on l'a décapité, Macron, on peut recommencer." Le ministre, lui, a appelé à "combattre toutes les violences, d'où qu'elles viennent"

Un peu moins d'une semaine après l'annonce, par Yannick Morez de son intention de démissionner de son mandat de maire, l'Assemblée nationale s'était levée dans sa quasi-intégralité, en dehors des bancs de l'extrême droite. Une attitude pointée du doigt par des députés de la majorité présidentielle, comme Yannick Haury, élu de la 9ᵉ circonscription de Loire-Atlantique. Contrairement au groupe LFI, Liot, Modem/Renaissance, le Rassemblement national ne s'est pas exprimé sur cette démission et n'a pas questionné le gouvernement.

Ce mercredi, le gouvernement lancera, également, un centre "d'analyse et de lutte contre les violences faites aux élus". Un projet qui était dans les cartons depuis plusieurs mois.


Benoît LEROY

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