"Déni de démocratie", "coup d'Etat", "Valls démission" : le 49-3 fait hurler

Le service METRONEWS
Publié le 17 février 2015 à 17h54
"Déni de démocratie", "coup d'Etat", "Valls démission" : le 49-3 fait hurler

REACTIONS – De l'UMP à l'UDI, qui ont déposé une motion de censure, en passant par le Front de gauche, les écologistes et le FN, tout ce que la classe politique compte de non socialistes est vent debout ce mardi contre l'utilisation par Manuel Valls du 49-3, disposition constitutionnelle lui permettant de s’affranchir du vote des députés pour valider la loi Macron.

"Déni de démocratie", "mort de la majorité"... C'est une tradition, l'utilisation du "49-3" provoque toujours un concert de protestations politiques. Que l'opposition de droite ainsi qu'une partie de la gauche ont repris ce mardi, après que Manuel Valls a brandi l'arme ultime du gouvernement pour contourner la menace que faisaient peser les députés socialistes frondeurs sur la loi Macron.

Par ce geste, "la vérité éclate au grand jour : il n'y a plus ni majorité, ni gouvernement", a ainsi tweeté Nicolas Sarkozy. Plus offensif, le député-maire de Nice Christian Estrosi n'a pas hésité à crier sur BFMTV au "coup d'Etat". Dès le début de soirée, le groupe de l'UMP à l'Assemblée a déposé une motion de censure dénonçant "le passage en force" du gouvernement, qui sera soumise jeudi soir au vote des députés. Un texte auquel l'UDI a d'ores et déjà annoncé son soutien.

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"C'est bien parce que c'est une loi de droite"


De l'autre côté de l'échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon partage le constat de Nicolas Sarkozy : "C'est un échec pour le Premier ministre". "C'est la preuve que son machin ne passe pas, a développé le leader du Parti de gauche. C'est bien parce que c'est une loi de droite". Dès lors, l'utilisation de cette "arme de destruction massive de majorité parlementaire, de mise au pas", signe selon lui "le constat de décès de la majorité de 2012". Et le Front de gauche annonce qu'il votera la motion de censure.

Chez les Verts, Emmanuelle Cosse, a fustigé un "déni de démocratie". Dans un tweet, la secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a estimé que le 49-3 était un "aveu de faiblesse", l'"arme anti-Parlement d'une Ve République à bout de souffle". Et de dénoncer "un passage en force inacceptable".

Enfin au FN, Marine Le Pen a estimé que Manuel Valls "devrait présenter la démission de son gouvernement". "Le gouvernement avoue lui-même qu'il n'a plus la majorité. Suivant la lettre des institutions, le gouvernement doit revenir devant le peuple avec une dissolution de l'Assemblée nationale", s'est expliquée la présidente du parti. Et de relever que la stratégie de l'exécutif "est en contradiction avec ce que Hollande avait dit du 49-3" quand Dominique de Villepin l'avait utilisé en 2006, et qu'"il appelait ça une 'brutalité' et un 'déni de démocratie'".

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