Élection présidentielle 2022

Des députées s’agacent de la gouvernance trop masculine de la "Maison commune" de la majorité

Maëlane Loaëc
Publié le 30 novembre 2021 à 18h31
JT Perso

Source : Sujet JT LCI

PARITÉ - Une quarantaine de parlementaires vont lancer le mouvement "Les Simones" en réaction au coup d’envoi de l’association "Ensemble citoyens !", socle de soutien à la majorité qui ne compte que des hommes parmi ses dirigeants.

Un quatuor de tête, issu de différents partis de la gauche, de la droite et du centre… mais uniquement masculin. L’association "Ensemble citoyens !", rassemblement de composantes de la majorité, lancée officiellement à la maison de la Mutualité lundi 29 novembre à Paris, compte en effet pour l’heure quatre dirigeants. A savoir le Premier ministre Jean Castex, l'ancien Premier ministre et le fondateur du parti Horizons Edouard Philippe, le président du MoDem François Bayrou et le président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand.

Cette "Maison commune" ainsi rebaptisée réunit la nébuleuse des soutiens d’Emmanuel Macron - les partis LREM, Horizons et le MoDem donc, mais aussi Agir, Territoires de progrès et En commun ! - avec pour ligne de mire la présidentielle 2022 mais aussi les législatives du mois de juin. Elle sera le lieu de "coopérations renforcées" selon François Bayrou, rapporte Le Monde. Mais certaines femmes politiques, elles, se sentent exclues des instances de décision. 

Au cours du meeting à la salle de la Mutualité, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a arraché la plus longue ovation en appelant à "assurer la parité dans la gouvernance de ce mouvement", souligne le journal. 

"Le plafond de verre s'est épaissi"

L’évènement avait été préparé dès le 17 novembre dernier à Lassay, siège de la présidence de l’Assemblée nationale, par onze hommes, dont Richard Ferrand, François Bayrou, Édouard Philippe, Stanislas Guerini ou encore Christophe Castaner, et une seule femme, la députée de l’Essonne Marie Guévenoux, déléguée générale adjointe de LREM, liste Le Parisien

L'image de cette première pierre posée pour le mouvement, après deux ans de travail, est mal reçue par une partie de l'entourage du président. "Une assemblée de mecs, que des mâles blancs dominants et une seule femme ramenée au rang de faire-valoir, commente un proche auprès du quotidien. On aurait cru une réunion RPR des années 1980. C’est terrible pour l’image de la majorité."

Si le parti LREM compte 47% de femmes parmi ses députées à l’Assemblée, "dans les organigrammes, le compte n’y est pas du tout", estime la députée du Nord Valérie Petit, toujours auprès du Parisien. "Ce qui veut dire qu’au fond, c’est pire qu’avant : les femmes sont plus présentes, mais elles ne sont pas promues. Le plafond de verre s’est épaissi."

Le mouvement "Les Simones" lancé officiellement le 16 décembre

Le manque de parité dans les cercles les plus élevés de la majorité agace tant des députées de la majorité, qu’une quarantaine d’entre elles, de tout origine politique, vont lancer en signe de protestation le mouvement "Les Simones", révèle Le Parisien. Ce lancement, en hommage à Simone de Beauvoir, serait officialisé le 16 décembre selon le journal. 

"L’idée n’est pas de lancer un courant féministe, pas du tout. Mais de faire en sorte que les femmes soient plus entendues dans les postes à responsabilités de la vie politique", expliquait avant le meeting de la "Maison commune" Pascale Fontenel, élue MoDem de la Sarthe, à l’initiative parmi d’autres du mouvement. "Ce n’est pas la peine d’être allé chercher des femmes de la société civile il y a quatre ans juste pour la photo sans les promouvoir aujourd’hui", poursuit-elle auprès de Ouest-France, estimant qu'"il faut que cesse cette invisibilisation".

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Juste avant la réunion, le délégué général d’En Marche Stanislas Guerini avait tenté d’apaiser les crispations, en promettant auprès du Parisien que "la parité sera respectée sur la photo de famille" à la Mutualité. Mais les quatre co-présidents restent masculins. "Il suffit pas d’être sur la photo", a réagi Anne-Christine Lang sur Twitter, députée LREM de Paris. "Quelle chance, on a le droit à la photo, je file chez le coiffeur", a abondé ironiquement Caroline Janvier, députée de la majorité du Loiret.  

"C’est la première fois qu’un groupe majoritaire à l’Assemblée Nationale est paritaire (...) et c’est la première fois qu’il y a un gouvernement dans lequel il y a plus de femmes que d’hommes", s’est défendu sur France Inter mardi 30 novembre Thierry Solère, député LREM de Boulogne-Billancourt. "La place des femmes, ce n’est pas seulement pour faire joli", a-t-il assuré, concluant que l’"on a veillé en 2017 et on veillera en 2022 à ce que ce soit paritaire à tous les étages"


Maëlane Loaëc

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