Chaos au Stade de France : après le fiasco, le temps des explications... et des enquêtes

Didier Lallement remplacé après trois ans de polémiques à la tête de la préfecture de police de Paris

Justine Faure
Publié le 20 juillet 2022 à 11h57, mis à jour le 20 juillet 2022 à 12h02
JT Perso

Source : La Matinale LCI Week-end

Didier Lallement a été démis de ses fonctions de préfet de police de Paris, et sera remplacé par Laurent Nuñez, a annoncé le ministre de l'Intérieur ce mercredi.
Il s'en va après trois ans de polémiques à répétition et l'image d'un homme autoritaire aux méthodes musclées.

Les rumeurs qui depuis plusieurs semaines annonçaient le limogeage de Didier Lallement de la préfecture de police de Paris ont été confirmées ce mercredi par le ministre de l'Intérieur. Un peu plus de trois ans après son arrivée, le préfet de police est remplacé par Laurent Nuñez. Son départ fera plaisir à une grande partie de la classe politique, qui réclame son éviction depuis longtemps, pour sa gestion de l’ordre public et ses méthodes régulièrement décriées.

Didier Lallement était arrivé à la préfecture de police en mars 2019, en pleine crise des Gilets jaunes. Il avait été appelé en remplacement de Michel Delpuech, jugé trop laxiste. Préfet de la Nouvelle Aquitaine, il a déjà la réputation d’"homme à poigne", et à Bordeaux on se réjouit de son départ. En le plaçant à ce poste, l'objectif d'Emmanuel Macron était d’appliquer une nouvelle stratégie du maintien de l’ordre après les exactions du 1er décembre 2018 à Paris lors de l’acte 3 des Gilets jaunes. Il souhaitait aller au contact des manifestants pour éviter les dégradations, quitte à assumer des affrontements violents. 

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Didier Lallement n'hésitera pas, et gagnera ainsi son image de préfet incarnant l'autorité. Haut fonctionnaire intransigeant, il assume son impopularité. "Qu’on le dépeigne en affreux, il n’en a rien à taper. Il y voit même une forme de reconnaissance de son autorité", indiquait l’un de ses proches en novembre 2020 auprès de l’AFP. En novembre 2019, place d’Italie au lendemain d’une manifestation mouvementée, il croise une femme Gilets jaunes et entame avec elle un échange symptomatique de ses méthodes et de son comportement lorsqu'il lui assène "nous ne sommes pas du même camp, madame !"

Quand Lallement faisait le lien entre non-respect du confinement et réanimation

En avril 2020 il fait parler de lui alors que le pays est confiné. Filmé sur le terrain en train de réaliser des contrôles alors que les Français sont sommés de rester chez eux, il déclare : "Pas besoin d’être sanctionné pour comprendre que ceux qui sont aujourd’hui hospitalisés, qu’on trouve dans les réanimations, ce sont ceux qui au début du confinement ne l’ont pas respecté. Il y a une corrélation très simple : vous ne respectez pas le confinement, vous être verbalisé, et vous vous mettez en danger car on risque de vous retrouver en réanimation, de retrouver vos proches en réanimation", déclare-t-il. Des propos qui suscitent un tollé, et permet à l'opposition de réclamer une fois de plus sa démission. 

Sa responsabilité avait également été mise en cause en novembre 2020 lors de la violente évacuation d'un camp de migrants installé place de la République à Paris, et lors d'une marche féministe en mars 2020 où des femmes avaient été poussées et matraquées.  

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Plus récemment, même si ces incidents ne sont pas à l'origine de son remplacement, il a été pointé du doigt dans le fiasco de la finale de Ligue des champions au Stade de France. Reconnaissant un "échec" mais assumant d'avoir avancé les chiffres de 30 à 40.000 billets non valides, sa responsabilité a été avérée par le Sénat. En conclusion d'une commission d'enquête, les sénateurs ont estimé que "cet échec tient aux décisions prises par la préfecture de police de Paris", évoquant "un enchaînement de dysfonctionnements" et des "défaillances" aussi bien "dans l'exécution" que dans la "préparation" de l'évènement. 


Justine Faure

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