Corps diplomatique : un rapport du Sénat appelle à suspendre la réforme

S.M avec l'AFP
Publié le 19 juillet 2022 à 21h08
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Cette réforme voulue par Macron crée un nouveau corps d'administrateurs de l'État.
Le rapport du Sénat formule huit recommandations comme garde-fous.
Mais le gouvernement prévient qu'il n'y aura pas de retour en arrière.

Un texte qui "fragilise l'appareil diplomatique français et affaiblira le rayonnement de la France". C'est la conclusion d'un rapport du Sénat paru ce mardi 19 juillet, qui appelle à suspendre la réforme du corps diplomatique - à l'origine d'une grève rarissime au Quai d'Orsay début juin - le temps de lui adjoindre, a minima, des garde-fous. 

"Cette réforme n'apporte aucune amélioration, bien au contraire, au statut et à l'efficacité de nos diplomates", a déclaré Christian Cambon, président (LR) de la commission des Affaires étrangères du Sénat, lors d'une conférence de presse à Paris. "C'est une affaire assez grave à un moment où plus que jamais, nous avons besoin de renforcer notre diplomatie et (...) de diplomates aguerris et compétents", a-t-il ajouté, citant notamment le dossier du nucléaire iranien ou l'activisme de Pékin et de Moscou.

Le gouvernement évacue toute suspension

Auditionnée par la commission en fin d'après-midi, la cheffe de la diplomatie, Catherine Colonna, a prévenu qu'il ne "saurait y avoir de suspension" d'une "réforme achevée" reposant "sur une ordonnance et des décrets" et a assuré que des "garanties" avaient été obtenues. Voulu par Emmanuel Macron, ce texte crée un nouveau corps d'administrateurs de l'État et prévoit que les hauts fonctionnaires ne soient plus rattachés à une administration spécifique mais soient, au contraire, invités à en changer régulièrement tout au long de leur carrière.

Pour les quelque 700 diplomates directement concernés par la réforme, cela se traduit par une fusion puis une "mise en extinction" progressive, d'ici à 2023, des deux corps historiques de la diplomatie française, ministres plénipotentiaires (ambassadeurs) et conseillers des Affaires étrangères. En clair, ces deux corps pourront désormais être pourvus par des administrateurs de l'État - et non plus, pour une grosse partie d'entre eux, par des diplomates de formation - une évolution qui fait notamment craindre à ses détracteurs une perte d'expertise sur le terrain et à terme, une crise des vocations.

Lire aussi

Le rapport, qui formule huit préconisations conçues comme des garde-fous, recommande notamment de poser comme condition pour devenir chef de mission diplomatique "d’avoir exercé pendant au moins trois ans des fonctions de numéro deux de mission diplomatique" - une exception pour 20% des postes d'ambassadeurs pourrait toutefois être prévue. Il préconise également la mise en place d'un droit de regard - sous la forme d'un avis public - des commissions "permanentes compétentes" du Parlement sur la nomination d'ambassadeurs au sein de grandes enceintes internationales, comme le G20. 


S.M avec l'AFP

Tout
TF1 Info