Élection présidentielle 2022

REVIVEZ - Présidentielle : le débat d'entre-deux-tours Macron-Le Pen avec nos Vérifications

La rédaction de TF1info avec les Vérificateurs
Publié le 21 avril 2022 à 13h00, mis à jour le 21 avril 2022 à 13h13
JT Perso

Source : TF1 Info

Le débat de l'entre-deux-tours entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen s'est tenu mercredi 20 avril, à quatre jours du verdict de l'élection présidentielle 2022.
Retrouvez les temps forts de ce face-à-face ainsi que nos Vérifications des arguments des deux candidats.

FIN DU DÉBAT


Après près de trois heures d'échanges, le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen touche à sa fin.

LA CARTE BLANCHE DE MARINE LE PEN 


La candidate RN a adressé ses derniers mots du débat "au peuple français", qui selon elle a essuyé "fatigue et lassitude", "privation de libertés individuelles et collectives" sous le précédent quinquennat, et désormais "aspire à la tranquillité et au retour du bon sens dans la gestion des affaires de l'État". Elle a cité notamment une "régulation" contre la mondialisation et la lutte contre "les prédateurs d'en haut, ceux qui piquent nos fleurons nationaux et font de l'optimisation fiscale, et d'en bas, les délinquants et les criminels qui harcèlent les braves gens", mais aussi la protection du système social. 


Elle a ainsi opposé son "localisme" au "globalisme", et la "priorité nationale", et cité "nos traditions locales, nos valeurs", qu'elle entend défendre "sans complexe". "C'est un projet viable, vital, je le porte pour tous les Français", a-t-elle conclu.

LES DERNIERS MOTS D'EMMANUEL MACRON POUR CONVAINCRE


Pour terminer ce débat, Emmanuel Macron est le premier à conclure ces échanges. Après avoir remercié son adversaire, il assure "combattre" son parti et ses idées mais dit "la respecter". Il a regretté de ne pas avoir pu aborder certains sujets suffisamment, comme le handicap, l'égalité femmes-hommes, les territoires ultra-marins. "Cette élection est un référendum pour ou contre l'UE, (...) pour ou contre une ambition écologique, pour ou contre la laïcité, la fraternité en République, et donc un référendum pour ou contre ce que nous sommes profondément , d'où nous venons, ce que nous avons à faire", a-t-il lancé.


Il a réservé un dernier mot aux "enfants", promettant de "bâtir un monde meilleur et mieux les protéger". "Ce sera au cœur de mon combat politique et mon engagement", a-t-il conclu. 

⚠️ LES VÉRIFICATEURS – CHANGER LA CONSTITUTION SANS LE PARLEMENT, EST-CE POSSIBLE ?


Alors que Marine Le Pen souhaite faire évoluer la Constitution par le biais d'un référendum, Emmanuel Macron lui a répondu que c’était impossible sans l’accord des parlementaires. Nous avions le point avec notre partenaire, Les Surligneurs. 

PROPORTIONNELLE


"J'ai échoué à faire une réforme constitutionnelle sous mon mandat", a reconnu Emmanuel Macron, mais il se dit "favorable à titre personnel" à la proportionnelle à l'Assemblée Nationale, mais avec instauration d'une "commission transpartisane". "Vous êtes à deux doigts d'inventer de l'assemblée nationale, (...) vous devriez l'utiliser plus souvent", a attaqué Marine Le Pen. "Elle a été consultée à chaque fois", s'est défendu le président-candidat. "C'est l'Assemblée Nationale qui a le dernier mot sur la proportionnelle. Vous aurez pu parfaitement faire passer cette proportionnelle, vous avez fait le choix de ne pas le faire", a cinglé la députée RN.

REFERENDUM


Les deux finalistes abordent pour finir leurs propositions sur les institutions et la démocratie. "Nous venons de vivre un quinquennat un peu particulier, un peu près la moitié a été vécue sous pandémie. J'entends la critique de ne pas avoir fait de référendums (...) c'était difficile" dans ce contexte, a estimé Emmanuel Macron, mais il se dit "attaché" à cette solution. "Sur des réformes importantes, le référendum doit pouvoir être une option. Mais être élu par le peuple souverain ne donne pas le droit de changer sa Constitution", a-t-il lancé, estimant que le programme de son adversaire n'était "pas constitutionnel" sur ce point. "Je veux faire une autre méthode de la pratique du pouvoir", a-t-il ajouté, promettant "d'assumer d'avoir des conférences de parti".


De son côté, la candidate s'est dite "pour la renaissance démocratique française", notamment par un référendum d'initiative citoyenne. Elle a critiqué un "sentiment de mépris" qu'aurait subi selon elle le peuple français sous Emmanuel Macron, avec l'impression de ne "pas être écouté". "Vous les avez maltraités avec des mots violents à leur égard, qui a créé des divisions très fortes", a-t-elle ajouté, estimant qu'il faut "recoudre la démocratie française". 


"Le seul souverain c'est le peuple, pas le conseil constitutionnel. Seul le peuple peut changer la Constitution", a-t-elle poursuivi, estimant que "le général De Gaulle l'a fait". "Vous voulez ne pas respecter la Constitution française", a répondu son adversaire. 

DÉMOCRATIE ET INSTITUTIONS : QUI PROPOSE QUOI ?

IMMIGRATION


Dans son référendum pour l'immigration qu'elle compte présenter aux Français "à l'automne", Marine Le Pen veut réviser la Constitution. "Il y aura l'expulsion des criminels et délinquants étrangers, la suppression du droit du sol, la mise en œuvre de la priorité nationale au logement et à l'emploi, l'interdiction de la régularisation des clandestins, et la modification du droit d'asile", précise la candidate RN.


"Nous aurons à accueillir beaucoup d'Ukrainiennes et d'Ukrainiens", rappelle Emmanuel Macron en réponse. "L'immigration économique est régulée. Je propose une réforme de Schengen, car nous ne sommes pas le point d'arrivée dans cet espace. Nous devons aussi réduire drastiquement les délais de demande d'asile, en six mois maximum, avec une politique plus efficace de retour vers les pays d'origine, en conditionnant nos politiques de visas à ces retours. Vos référendums n'y changeront rien."

✅ LES VÉRIFICATEURS – "SEULES 10% DES OBLIGATIONS DE QUITTER LE TERRITOIRE SONT EXÉCUTÉES" ?


Comme l’a souligné Marine Le Pen, il est vrai que seule une obligation de quitter le territoire (OQTF) sur dix est exécutée. Selon les chiffres de l'Intérieur repris dans le dernier avis de la Commission des Affaires étrangères sur le projet de loi finances pour 2021, 15.013 obligations de quitter le territoire français (OQTF) ont été prononcées en France en 2019. Sur celles-ci, seules 15.013 ont été exécutées. Soit 12,2%.


Ceci dit, attention. Le nombre d'éloignements forcés a augmenté de 30% sous Emmanuel Macron… Sans toutefois jouer sur le taux d’exécution. Comment expliquer ce paradoxe ? Car parallèlement, le nombre d’OQTF prononcées a explosé. Alors qu'il y en a eu près de 82.500 en 2012, on en comptabilisait 122.839 en 2019, d'après la même source (+44,06 %). Pour en savoir plus, retrouvez notre article sur la question ici.

✅ LES VÉRIFICATEURS – OUI, 23 LIEUX DE CULTE ONT ÉTÉ FERMÉS


Le président-sortant a réfuté l’idée selon laquelle il n’avait "rien fait" sur l’islamisme radical. Selon Emmanuel Macron, 99 mosquées étaient soupçonnées de séparatisme. Parmi elles, "23 ont été fermées" et "36 ont changées et sont sous contrôle". Ces chiffres sont effectivement ceux fournis à TF1info par le ministère de l'Intérieur. 

LUTTE CONTRE L'ISLAMISME


Marine Le Pen accuse le gouvernement d'avoir écrit des lois qui ne servent "à rien" dans la lutte contre l'islamisme. "Ne racontez pas de bêtises", assène Emmanuel Macron. "Nous avons avancé en nous battant contre l'islamisme radical, en ne confondant pas l'islam et l'islamisme radical. Vous ne pouvez pas expliquer qu'une loi interdisant le port du voile dans l'espace public est une loi contre l'islamisme radical." "Si", lui répond Marine Le Pen. "Les bras m'en tombent", rétorque le président sortant.

✅ LES VÉRIFICATEURS - UNE AGRESSION "TOUTES LES 44 SECONDES"


Marine Le Pen a brandi un chiffre marquant au sujet de l'insécurité, évoquant "les violences qui sont commises dans la rue de manière gratuite". On compte en France "une agression toutes les 44 secondes", regrette la représentante du Rassemblement national. 

L’enquête de l'Insee "Cadre de Vie et Sécurité", réalisée auprès d'un échantillon de 20.000 à 25.000 ménages, propose des données relatives à l'année 2018. Sont mentionnées 710.000 "victimes de violences physiques hors ménage - et hors situation de vol". Ce qui correspond bel et bien à une agression toutes les 44 secondes, de jour comme de nuit, une fois ces chiffres lissés.

Les données portant sur 2020 mettent en lumière une baisse de ces agressions : 441.000, mais l'Insee nous met en garde sur le fait qu'il s'agissait d'une année marquée par la crise sanitaire. Par ailleurs, l'étude "a été conduite avec un protocole différent des années antérieures", ce qui rend délicat une comparaison des résultats. 

PORT DU VOILE


"Je souhaite lutter contre l'islamisme", insiste Marine Le Pen. "Il y a un islamisme dans notre pays. La politique que vous avez menée contre lui n'est pas efficace. Je ne lutte pas contre une religion, je lutte contre l'idéologie islamiste. Il doit être combattu par une République fière d'elle-même, pas honteuse." Pour cela, la candidate RN propose d'expulser les fichés S étrangers, "fermer les 570 mosquées radicales" et interdire le voile dans l'espace public pour "libérer les femmes".


"Ce qui est inquiétant dans votre démonstration, c'est le chemin qu'elle emprunte", rétorque Emmanuel Macron à Marine Le Pen. "D'une question sur le voile, vous êtes passée au terrorisme pour revenir à l'islamisme et pour aller aux étrangers. Vous créez un système d'équivalence qui confond tous les problèmes. La laïcité, ce n'est pas combattre une religion. Avec moi, il n'y aura pas d'interdiction des signes religieux dans l'espace public. Si vous interdisez le port du voile, vous allez créer une guerre civile. Ce que vous proposez est très grave. La France serait le premier pays au monde à interdire les signes religieux dans l'espace public, ce n'est pas le respect de nos valeurs, ce sera infaisable. C'est une trahison de l'esprit français."

PORT DU VOILE : LE PEN ET MACRON, DEUX VISIONS S'AFFRONTENT

TRÈS COURTES PEINES


Marine Le Pen propose de multiplier les très courtes peines pour mettre fin à "l'impunité". "Je ne partage pas ce point", lui répond Emmanuel Macron. "Mettre un délinquant léger dans une prison où il va fréquenter des délinquants plus lourds est une absurdité. Il faut leur permettre d'avoir soit de la rétention dans un environnement militaire, soit des travaux d'intérêts généraux sous contrôle."

✅ LES VÉRIFICATEURS - A-T-ON AUGMENTÉ "DE 30% LES INVESTISSEMENTS" DANS LA JUSTICE ?


Le président sortant s'est félicité d’avoir "augmenté les moyens de la justice" de "30%". Son chiffrage est vrai… Mais à confirmer ! 

De fait, par rapport à 2016, le budget de la Justice voté pour 2022 représente une hausse de 33%. À noter toutefois qu’il s’agit du budget prévisionnel pour 2022 et non pas des investissements réels dans la Justice. L’année suivante, en fonction des aléas budgétaires, les finances peuvent être modifiées et le montant peut différer des crédits de paiements, votés l’année précédente. Selon les derniers montants investis en 2021, "ce sont 2,02 Mds€ en plus qui ont été votés par rapport à 2016", soit une hausse de 25%, comme le souligne l’Institut Montaigne. Précisons que ces sommes comprennent les crédits de l’administration pénitentiaire, mais excluent ceux relatifs à la justice administrative.

Pour en savoir plus, retrouvez notre article sur le bilan d'Emmanuel Macron ici.

QUELS SONT LES SUJETS LES PLUS COMMENTÉS ?


Selon notre partenaire @Visibrain, outil de veille des réseaux sociaux, à ce stade du débat, les mots qui ressortent le plus sur les réseaux sociaux sont "salaires", dont il fut question au début du débat sur le pouvoir d'achat, le "tweet imprimé" brandi par Marine Le Pen pour démontrer sa position sur l'Ukraine en 2014 ou encore la réplique d'Emmanuel Macron à sa rivale au sujet de la Russie : "Quand vous parlez à la Russie, vous parlez à votre banquier". 


En outre, selon Visibrain, 643.100 posts ont été publiés entre 19 heures et 22h30, soit trois fois plus qu'en 2017.

❌ LES VÉRIFICATEURS - EMMANUEL MACRON A-T-IL MIS FIN A LA FERMETURE DES CLASSES SANS ACCORD DU MAIRE ?


"J’ai mis fin à la fermeture des classes sans l’accord du maire", s’est targué Emmanuel Macron. Une promesse formulée par le président en avril 2019, et visant tout particulièrement les zones rurales... qui avait été rapidement nuancée par Jean-Michel Blanquer, comme nous le rapportions ici. "Il n’y aura plus d’école qui ferme sans l’avis favorable du maire", avait confirmé le ministre de l’Education, tout en précisant que des classes pourraient continuer à fermer en fonction des besoins. "Pour les classes c'est forcément différent. Personne, aucun ministre de l'Éducation ne pourrait vous dire qu'il n'y a jamais de fermetures de classes", et ce pour des raisons "d'équité territoriale", a-t-il nuancé. 

SÉCURITÉ ET IMMIGRATION


Marine Le Pen promet que si elle est élue, il y aura "bien sûr" moins de violences dans le pays. "La situation du pays est vraiment très mauvaise", estime la candidate RN. "Nous sommes confrontés à une vraie barbarie, à un vrai ensauvagement. Partout où je vais, des gens me disent qu'ils sont cernés par l'insécurité. Il faut régler le problème de l'immigration anarchique et massive, car elle contribue à l'aggravation de l'insécurité. C'est la raison pour laquelle je vais proposer un référendum aux Français pour changer radicalement la politique d'immigration." Marine Le Pen souhaite aussi "réarmer moralement les policiers" et se positionne pour "la présomption de légitime défense".


"Durant ce quinquennat, j'ai tenu mes engagements. 10.000 postes de policiers et de gendarmes ont été créés, qui sont maintenant sur le terrain", assure en retour Emmanuel Macron, qui se félicite d'avoir "augmenté les moyens de la justice de 30%".

✅ LES VÉRIFICATEURS – LE NOMBRE D'APPRENTIS MULTIPLIÉ PAR PLUS DE DEUX ? 


Lorsqu'il évoque l'éducation, Emmanuel Macron met en avant ce qu'il qualifie de "vrai succès de ce quinquennat", à savoir l'apprentissage. "Quand j'ai été élu, il y avait moins de 300.000 apprentis chaque année, il y en a aujourd'hui plus de 710.000", a souligné le président-candidat. Le site gouvernemental, qui s'appuie sur des statistiques publiques fournies par la direction de l'Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (Dares), confirme ce constat. Le graphique qui suit montre l'évolution très nette du nombre d'apprentis.

"Les TPE-PME (les entreprises de moins de 250 salariés, qui représentent 47% de l'emploi en France) regroupent 77% de ces contrats", précise Vie Publique. Par ailleurs, "à l'issue de leur apprentissage, six jeunes sur dix sont en emploi". Si ces chiffres sont très positifs aux yeux du gouvernement, des bémols sont apportés par les professionnels. "On a de très bons résultats pour les filières du commerce, des banques ou de la négociation, alors que pour nos filières tourisme et hôtellerie, c'est l'hécatombe", notait l'an passé Sébastien Malige, président de l’Association des CFA des métiers du tourisme. 

✅ LES VÉRIFICATEURS - 20% DES ÉLÈVES NE MAITRISENT-ILS PAS LES SAVOIRS FONDAMENTAUX ? 


Marine Le Pen a regretté le niveau scolaire en France, se désolant que "20% des élèves ne maitrisent pas les savoirs fondamentaux". C’est vrai. Selon les données de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (Depp), issues d'évaluations nationales, "20% des élèves" ne "maîtrisent pas les savoirs fondamentaux à la fin de l'école primaire". 

JEUNESSE ET ÉDUCATION


Le sixième thème du débat est la jeunesse. Emmanuel Macron vante le dédoublement des classes en CP-CE1. "Je veux continuer à investir sur les fondamentaux, le sport à l'école, mettre les moyens sur les 6e et 5e pour lutter contre le décrochage scolaire", énumère le candidat. Ce dernier prône aussi "une grande réforme du lycée professionnel", avec une rémunération des lycéens de ces filières. "Les grands objectifs seront fixés collectivement, mais on déclinera" la méthode à l'échelle des établissements, explique Emmanuel Macron. 


"La jeunesse française a tellement souffert dans les deux dernières années", répond Marine Le Pen, qui explique avoir concentré de nombreuses mesures en leur faveur. Elle cite la hausse de 200 à 300 euros des revenus pour les étudiants en apprentissage et la gratuité aux heures creuses des trains pour les 18-25 ans. La candidate RN veut aussi "faire du bac un examen où on ne détermine pas à l'avance que 90 ou 95%" des lycéens auront leur diplôme. 


Marine Le Pen veut aussi "restaurer la discipline" dans les écoles. "Des élèves sont persécutés par quelques individus", affirme-t-elle, prônant l'ouverture d'internats pour les élèves difficiles. 

❌ LES VÉRIFICATEURS – NON, IL N'Y AURA PAS D'ÉOLIENNES SUR "TOUTES LES CÔTES"


Fermement opposée aux éoliennes, Marine Le Pen a accusé son adversaire de vouloir en "mettre partout, sur toutes les côtes". Ajoutant avec ironie : "Sauf en face du Touquet". De fait, il n'y en pas sur le lieu de la résidence secondaire du président sortant... tout comme dans de nombreuses autres zones. 

Les projets d’éoliens, précisés sur le site du ministère de la Transition écologique et visibles ci-dessous, montrent qu’il y a six projets d’éoliens. Dont un seul dans le Nord, en Normandie. Les autres se situent sur la côte Ouest et au large de l’Occitanie. 

✅ LES VÉRIFICATEURS - UNE RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DEUX FOIS PLUS RAPIDE ? 


Emmanuel Macron s'est félicité durant le débat des résultats affichés par le gouvernement en matière d'écologie. "On a doublé le rythme de réduction de gaz à effet de serre durant ce quinquennat", a-t-il lancé. 


Des données communiquées par le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA), permettent de le confirmer. Par rapport à 2020, la France a vu ses émissions nettement rebondir : de 6% pour être précis, mais cela n'empêche pas la France d'afficher une baisse de 10% sur la période 2017-2021. Le CITEPA mettait en avant une diminution des émissions de 4,5% durant la mandature Hollande, ce qui fait écho au rythme "doublé" évoqué par le chef de l'Etat. 


L'épidémie de Covid a joué un rôle dans cette dynamique, réduisant de manière significative le trafic routier. Un point non négligeable puisqu'il s'agit de la première source d'émissions en France. Si Emmanuel Macron vante aujourd'hui son bilan, soulignons qu'un rapport du Haut Conseil pour le climat, remis le 30 juin 2021, ainsi qu'une décision du Conseil d'État, ont successivement pointé du doigt l'insuffisance des efforts réalisés par la France, au regard notamment de ses engagements dans le cadre des Accords de Paris.

NOUVELLES TECHNOLOGIES ET ÉCONOMIE NUMÉRIQUE


Les deux candidats enchaînent avec le cinquième thème de la soirée : l’attractivité de la France. Il leur est d'abord demandé pourquoi la France ne voit pas naître des entreprises comme TikTok ou Google.


"Il faut créer au niveau européen, de la même manière qu'on a créé une politique spatiale, qu'on fasse un Google européen et qu'on se donne les moyens de préserver nos données", explique Marine Le Pen.


Emmanuel Macron plaide pour la création d'un marché européen, le marché domestique français n'étant pas assez important pour développer de telles entreprises à succès. "Je crois à la possibilité de construire une France 2030 de la transformation, de l'innovation par le numérique", a-t-il expliqué, proposant le financement d'une "excellence académique française", dans laquelle il veut investir sur 10 ans, et de programmes de recherches européens.  


Pour la candidate du RN, donner vie à des entreprises innovantes est impossible actuellement en France, à cause du modèle de son économie. "Le problème de notre économie c’est l’absence de hausse de productivité", a estimé Marine Le Pen. "Pourquoi ? Car notre économie s’ubérise. On créé des emplois à très bas coût, très précaires. Je pense que c'est une erreur et qu'avec cela on ne créé pas de richesses et qu'on ne peut pas financer quoi que ce soit. Il faut faire des efforts sur l'industrie", a-t-elle estimé.

ÉOLIEN 


Quant au démantèlement des parcs éoliens que propose Marine Le Pen, "cela coûte un argent fou", a fustigé Emmanuel Macron, assurant que la filière crée de l'emploi par ailleurs. "Lorsque les éoliennes sont en bout de course, ce n'est pas l'État qui paie, mais l'exploitant. Cela coûte cher aux Français, ça pollue nos paysages, c'est intermittent", répond la candidate RN, qui assure vouloir faire des référendums sur ce chantier. "Le seul moyen de répondre au défi climatique, c'est de faire de l'énergie renouvelable et du nucléaire, mais faut faire les deux", a argué de son côté le candidat marcheur.

NUCLÉAIRE


Sur le volet énergétique, Marine Le Pen a reproché à Emmanuel Macron d'avoir fermé la centrale nucléaire de Fessenheim. "On a perdu 10 ans à déstabiliser une filière nucléaire qui avait besoin d'être soutenue, (...) pour faire de cet outil décarboné à nouveau un socle pour notre mix énergétique", a-t-elle attaqué, fustigeant aussi un choix pour les énergies renouvelables, en particulier sur l'éolien, "la pire" solution à ses yeux car "alternative". "Vous n'aviez pas de vision et avez mis la France en difficulté", a-t-elle lancé. 


"Je me suis occupé de la restructuration du secteur nucléaire qui était en train de s'effondrer" lorsqu'il était ministre des Finances sous François Hollande, a assuré son adversaire. Quant à la centrale de Fessenheim, "j'assume totalement", a lancé Emmanuel Macron, estimant que la centrale ne permettait plus aucune "rentabilité", n'ayant "plus un investissement depuis 2012". "J'ai reposé dès 2018 le sujet de la baisse du nucléaire, en demandant à RTE de faire une analyse. Ils disent que votre programme est intenable. (...) Votre stratégie du tout-nucléaire n'est pas possible" car cela ne suffit pas selon les experts à sortir des énergies fossiles, a détaillé le candidat marcheur. 

❌ LES VÉRIFICATEURS – LE PEN EST-ELLE "CLIMATO-SCEPTIQUE" ? 


Pour Emmanuel Macron, c'est "net". Son adversaire est "climato-sceptique". Une critique rejetée par Marine Le Pen. Pourtant, les positions passées de la candidate le laissent bien penser.

En 2017, elle jugeait "utiles" les "débats" sur le changement climatique, qui "n’est pas une religion". En 2012, elle allait plus loin en minimisant le rôle de l’Homme dans le dérèglement des températures. Dans un entretien à l’ancien magazine Terra Eco, elle ne niait pas la réalité du changement climatique mais ne se disait "pas sûre que l’activité humaine soit l’origine principale de ce phénomène". Et considérait les membres du Giec comme des "prêtres" et des "évêques du changement climatique". Pour en savoir plus sur les positions de la candidate du RN sur le sujet, retrouvez notre article ici.

❌ LES VÉRIFICATEURS - 14.500 EMPLOIS PERDUS DANS L’INDUSTRIE AU COURS DU QUINQUENNAT ?


Marine Le Pen s'est attaquée au bilan d'Emmanuel Macron et à sa politique industrielle. Raillant un bilan économique "très mauvais", elle a cité "14.500 emplois industriels perdus" au cours du quinquennat.

Les chiffres fournis par l'Insee nous permettent de vérifier les propos de la candidate du RN. La France, lors de l'arrivée au pouvoir du chef de l'Etat, comptait 3.135.200 dans le secteur de l'industrie. Au 4e trimestre 2021, période la plus récente pour laquelle nous disposons de données, ce total a légèrement baissé pour atteindre 3.131.300 emplois salariés. La diminution n'est donc pas de 14.500 emplois, mais de 3.900.

"CLIMATOSCEPTIQUE" VS. "CLIMATO-HYPOCRITE"


Les deux finalistes s'attellent désormais au volet de l'écologie. Marine Le Pen a assuré de son côté que "50% des émissions de gaz à effet de serre" en France étaient dues "aux importations". "Le modèle économique fondé sur le libre-échange (...) tue la planète", a poursuivi la candidate du RN, qui mise au contraire sur "le localisme", "la relocalisation", "le patriotisme économique". Elle souhaite "faire en sorte que les collectivités s'engagent à acheter pas forcément bio mais français", notamment dans les cantines. Elle estime aussi que "le libre échange fait beaucoup de mal aux animaux" : "c'est un modèle insensé", a-t-elle jugé.


"Nos importations qui nous posent le plus de problème, (...) c'est notre dépendance aux hydrocarbures, mais vous proposez la plus grosse subvention pour elles, en baissant la TVA. Votre programme n'a ni queue ni tête à ce propos", a répondu  Emmanuel Macron. "Vous êtes climatosceptique", a-t-il poursuivi, ce dont il l'avait déjà accusée. Pour sa part, il souhaite "aller deux fois plus vite dans le quinquennat qui vient", notamment en chargeant son futur premier ministre de mettre en place "une planification énergétique et territoriale".


"Vous êtes un peu climato-hypocrite", répond Marine Le Pen. "Vous êtes le pire de l'écologie punitive, vous avez accompagné des choses d'une grande violence pour les classes moyennes et modestes", a-t-elle poursuivi, citant par exemple des "zones à faible émission, ce qui interdit des gens à voiture ancienne de se rendre dans les grandes villes". "Ca tombe toujours sur les mêmes, ceux qui n'ont pas les moyens. Oui à la transition, mais il faut qu'elle soit beaucoup moins rapide", a-t-elle préconisé.

❌ LES VÉRIFICATEURS – NON, 15.000 SOIGNANTS N’ONT PAS ÉTÉ "LICENCIÉS"


À propos de la gestion de la crise sanitaire, Marine Le Pen a accusé le président sortant d’avoir "licencié 15.000 soignants, sans salaire, sans chômage, du jour au lendemain". "Ce n’était pas bien de faire ça", a t-elle lancé. 

Des propos trompeurs. Si le chiffre est juste, les soignants n’ont pas été licenciés. Leur contrat a simplement été suspendu. Or, la suspension ne rompt pas la relation de travail. Celle-ci peut reprendre dès que le salarié suspendu se met en règle, à savoir, se vacciner contre le Covid-19.

HÔPITAL PUBLIC


"J'ai une gratitude infinie à l'égard de nos médecins et de l'ensemble de nos soignants", assure Emmanuel Macron, qui se félicite des mesures prises après la crise sanitaire pour l'hôpital, mais admet que "ce n'est pas suffisant". "Il faut améliorer les conditions de travail et mettre fin aux déserts médicaux", poursuit le président sortant, qui promet un "investissement massif."


"L'hôpital ira beaucoup mieux" en 2027 si Marine Le Pen est élue, répond la candidate RN, avant de s'en prendre aux mesures d'Emmanuel Macron. "Vous avez licencié 15.000 soignants parce que vous refusiez qu'ils ne soient pas vaccinés. Je les réintégrerai et restituerai les salaires dont ils ont été privés." Elle promet un investissement de "20 milliards sur cinq ans" pour l'hôpital public et les Ehpad, dont "10 milliards sur la revalorisation salariale et 10 milliards pour le matériel".

⚠️ LES VÉRIFICATEURS – NOMBRE DE CHÔMEURS EN FRANCE, QUI DIT VRAI ? 


À Marine Le Pen qui explique que le nombre de chômeurs est sensiblement le même à la fin du quinquennat qu’au début, Emmanuel Macron lui rétorque qu’il ne faut pas inclure les catégories B et C dans ce calcul, qui renvoient à des personnes avec une activité partielle. En effet, la candidate évoque 5,4 millions de chômeurs aujourd’hui, ce qui inclut tous les inscrits à Pôle emploi en catégorie A, B et C. Au dernier trimestre 2021, 5,65 millions de personnes étaient inscrites à Pôle emploi dans les catégories A (aucune activité), B (activité réduite de moins de 78 heures) et C (activité réduite de plus de 78 heures). Au deuxième trimestre 2017, elles étaient 5,86 millions à être inscrites à Pôle emploi. 

En évoquant ces plus de 5 millions de chômeurs, Marine Le Pen intègre donc les demandeurs d’emploi qui ont une activité réduite. Ce qui n'est pas forcément le cas : l'Insee, au sens du Bureau International du Travail (BIT), retient seulement ceux n'ayant pas travaillé du tout la semaine de référence et recherchant activement un emploi. Au total, cela concerne en 2021  2,3 millions de personnes… contre 2,8 en 2017. 

Pour plus de détails sur les chiffres du chômage en France, retrouvez ici notre article sur le sujet.

BILAN ÉCONOMIQUE DU QUINQUENNAT


Marine Le Pen reproche désormais à Emmanuel Macron les résultats économiques du dernier quinquennat. "Il y a 400.000 pauvres supplémentaires, c'est votre résultat", estime la candidate RN. "Il y a 85 milliards de déficit de la balance commerciale, un record absolu. L'augmentation de la productivité est de 0,1%. Le Mozart de la finance a un bilan économique très mauvais, et un bilan social encore pire", poursuit la députée, qui reproche aussi au président sortant de ne pas avoir baissé le chômage si les catégories B et C sont prises en compte.


"Dans votre programme, il n'y a pas le mot chômage", se vante en retour Emmanuel Macron. "Que les petits industriels viennent vous dire qui les a aidés durant la crise Covid. Alors que nous avons vécu une pandémie, nous avons baissé le chômage. La vie de nos commerçants et de nos artisans, c'est cela la dette Covid. La députée Le Pen a voté contre."

✅ LES VÉRIFICATEURS – OUI, IL Y A EU 600 MILLIARDS DE DETTE SUPPLÉMENTAIRE EN CINQ ANS


Marine Le Pen a invité son adversaire à la modestie, soulignant qu’il était le président qui a "créé 600 milliards d’euros de dette supplémentaire en cinq ans, dont deux tiers qui n'ont rien à voir avec le Covid-19". C’est vrai. 

Selon les chiffres de l'Insee, la dette publique s'élevait à 2.218,4 milliards d'euros fin 2017, contre 2.834,3 milliards d'euros au troisième trimestre 2021. Soit, une hausse de 616 milliards d'euros en quatre ans. Et quid de l'impact du Covid-19 dans ces chiffres ? Comme l'a souligné la candidate, la Cour des Comptes a effectivement évalué la "dette covid" de l'État à "seulement" 165 milliards d'euros sur les 600 milliards. Soit près d’un tiers de cette dette. 

MACRON REPROCHE À LE PEN DE PRÉPARER "DES IMPÔTS CACHÉS"


"Vous ne prenez pas en compte les critères de pénibilité. Dans votre système de retraites, quelqu'un qui commence un métier pénible à 25 ans prend sa retraite à 67 ans", dénonce Emmanuel Macron devant Marine Le Pen. "Vous, vous ne dites jamais comment vous financez vos progrès, ce n'est pas honnête. Soit vous avez des impôts cachés, soit vous allez mettre en péril les pensions des retraités."

✅ LES VÉRIFICATEURS – OUI, LA MOITIÉ DE CEUX QUI PARTENT À LA RETRAITE SONT INACTIFS


Comme la relevé Marine Le Pen, il est vrai qu’après "62 ans" les Français "sont déjà la moitié à être en inactivité". Ce sont en tout cas les chiffres de la Dares, la direction chargée de la statistique pour le ministère du Travail. Dans sa dernière publication, qui remonte au 3e trimestre 2021, la Dares évalue le taux d'emploi des personnes âgées de 55 à 64 ans à 53,8% en France.


Pour en savoir plus sur le sujet, retrouvez notre article ici.

QUE PROPOSENT-ILS SUR LES RETRAITES ?


Retrouvez les projets détaillés des deux candidats sur les retraites dans l'article ci-dessous.

RETRAITES


Place désormais aux projets des candidats pour les retraites. Si elle est élue, Marine Le Pen assure qu'en 2027, les Français "partiront à la retraite entre 60 et 62 ans avec 40 à 42 annuités". "Plus on travaille tôt et dur, plus il faut partir tôt", estime-t-elle. "Je propose un système progressif. Tous ceux qui auront eu un premier emploi significatif entre 17 et 20 ans pourront partir à 60 ans." Marine Le Pen s'oppose à la retraite à 65 ans proposée par Emmanuel Macron, "une injustice insupportable", selon elle.


"Nous avons beaucoup de progrès à financer", juge de son côté Emmanuel Macron. "Il faut aussi améliorer le niveau des retraites, je propose de passer le minimum contributif, aujourd'hui de 980 euros, à 1100 euros." Pour financer ces progrès, le président sortant "ne veut pas que les impôts augmentent, ni notre dette, donc il n'y qu'une manière : travailler progressivement plus en décalant l'âge légal de quatre mois par an, en prenant en compte les carrières longues et la pénibilité".

⚠️ LES VÉRIFICATEURS – POURQUOI MACRON ACCUSE MARINE LE PEN D'ÊTRE "PROCHE DU POUVOIR" RUSSE ? 


Emmanuel Macron a accusé Marine Le Pen de "dépendre du pouvoir russe". En argument, le prêt qu’elle a contracté en 2014 auprès d’une banque russe, la "First Czech-Russian Bank".

Il est compliqué cependant d’être aussi accusateur. Car l’établissement a initialement été créé en République tchèque en 1996, avant de déplacer son siège à Moscou. Décrit comme un établissement bancaire modeste par Bloomberg, il a fait faillite trois ans après. 

Ceci dit, selon l’opposant russe Alexey Navalny, "cette banque est une agence de blanchiment d'argent bien connue, créée à l'instigation de Poutine", comme il le disait le 20 avril dernier.

QUELS SONT LES LIENS DE MARINE LE PEN AVEC LE KREMLIN ?

UNION EUROPÉENNE


Les candidats sont interrogés sur la place de la France dans l'UE. Emmanuel Macron se dit convaincu que "notre souveraineté est nationale et européenne". "C'est par l'Europe que nous serons plus indépendants", ajoute le candidat, citant l'agriculture ou encore les vaccins contre le Covid-19. 


Marine Le Pen exprime une position très différente. "Il n'y a pas de souveraineté européenne, car il n'y a pas de peuple européen", assène la candidate. "L'Europe, c'est pas tout ou rien. Je souhaite rester dans l'UE et profondément la faire évoluer pour faire émerger une alliance européenne des nations." La candidate RN veut que la Commission européenne "respecte les nations souveraines". Mais, ajoute-t-elle, "je ne souhaite pas en sortir".


"Changer tout seul un club, les règles, soit les autres vous suivent, soit vous faites bande à part", réplique Emmanuel Macron, accusant son adversaire de préparer sans le dire une sortie de l'UE. "Vous mentez sur la marchandise." "Vous voulez faire rayonner la France, mais le projet que vous portez est attentatoire à l'universalisme français."

MACRON A LE PEN : "VOUS DÉPENDEZ DU POUVOIR RUSSE"


Emmanuel Macron répond en soulignant que les prises de position exprimées par Marine Le Pen "ne correspondent pas aux votes" des alliés de la candidate au Parlement européen, ni à la position "historique" de son mouvement. 


"Vous dépendez du pouvoir russe. Quand vous parlez à la Russie, vous ne parlez pas à d'autres dirigeants, vous parlez à votre banquier", attaque le candidat dans la foulée, faisant référence à un prêt contracté par la candidate avec une banque pour financer sa campagne de 2017.


Marine Le Pen rappelle "qu'aucune banque" française n'avait à l'époque souhaité lui prêter de l'argent. "Je ne peux pas vous laisser dire qu'on ne rembourse pas. Nous remboursons rubis sur ongle, tous les mois."


"D'autres candidats proches de vos idées n'ont pas fait les mêmes choix", insiste Emmanuel Macron. 

⚠️ LES VÉRIFICATEURS – MARINE LE PEN A-T-ELLE VOTÉ CONTRE LE BOUCLIER TARIFAIRE ?


Emmanuel Macron a déploré à plusieurs reprises que Marine Le Pen ait voté contre le bouclier tarifaire en tant que députée. Annoncée par Jean Castex fin septembre, cette mesure a été conçue pour compenser les hausses des tarifs du gaz et de l'électricité. 


Pour le mettre en place, le gouvernement a inclus ce "bouclier" dans le projet de loi de finances 2022, étudiée par l'Assemblée nationale à l'automne. La candidate du Rassemblement national a-t-elle voté contre ? Oui, en s'opposant au premier volet du budget, dédié aux recettes


Si Emmanuel Macron dit vrai, il faut toutefois préciser que le texte mis au vote ne portait pas uniquement sur le bouclier tarifaire, loin de là. Marine Le Pen ne s'est donc pas opposée à cette seule mesure, mais à un pan entier du budget. Notons que le texte a finalement été adopté, LaREM bénéficiant d'une majorité suffisante à l'Assemblée.

UKRAINE


Sur le même sujet, Marine Le Pen exprime sa "solidarité" au peuple ukrainien. "Les efforts que vous avez développés méritent d'être soulignés", estime la candidate à l'adresse d'Emmanuel Macron. 


Marine Le Pen indique également qu'elle est "d'accord" avec l'ensemble des sanctions, sauf le possible blocus des importations de gaz et de pétrole russes, sujet de débat actuellement au niveau européen. 


"J'ai exprimé une crainte", ajoute-t-elle, "c'est que la Chine et la Russie deviennent des alliés étroits, une superpuissance économique, monétaire, peut-être militaire qui pourrait constituer un danger pour la France et l'Occident".

UKRAINE


Le débat porte maintenant sur la guerre en Ukraine et ses conséquences. "Le rôle de la France", estime Emmanuel Macron, "est d'abord de soutenir pour résister, de soutenir l'Ukraine financièrement et en accueillant". "Il faut intensifier et tenir cette ligne tout en veillant à ce que cette guerre de n'étende pas."


Le candidat estime que, dans ce cadre, l'Europe doit être avec la France "une puissance d'équilibre", pour amener la Russie au cessez-le-feu. 

POUVOIR D'ACHAT


Pour avoir une vision d'ensemble du programme des deux candidats sur cette thématique, lisez notre papier récapitulatif.

POUVOIR D'ACHAT


Emmanuel Macron reconnaît qu'il a des Français "les mêmes retours de colère, de fins de mois difficiles", mais a vanté son bilan à ce sujet. Il indique que face à la hausse des prix de l’énergie il a plutôt choisi de mettre en place un bouclier énergétique, et qu'il le maintiendra "aussi longtemps que la crise est là". Selon lui, cela est "deux fois plus efficace que la baisse de la TVA" que propose Marine Le Pen.


Il veut également s'appuyer sur le travail pour faire augmenter le pouvoir d'achat, rappelant qu'il a fait baisser le chômage de 2 points et crée 1,2 millions d'emploi en 5 ans. Il indique également que le smic va augmenter, tout comme les retraites "dès l’été". Il met également en avant son "système de solidarité à la source pour éviter la fraude et le non-recours" aux aides de l'Etat. 


Une fois leurs propositions faites, les deux candidats s'opposent sur certains sujets. Par exemple, alors que son adversaire souhaite permettre d'exonérer de cotisations patronales supplémentaires les entreprises qui augmentent tous leurs salariés de 10%, Emmanuel Macron assure : "Je ne voudrais pas que les Français croient qu'avec vous leurs salaires vont augmenter de 10%". 


Marine Le Pen souhaite annuler la TVA sur 100 produits de première nécessité, ce que le président-candidat juge inefficace et injuste. "Vous et moi on n'a pas besoin de payer 0% de TVA sur ces produits. Le chèque est plus adapté que la TVA qui n'est pas ciblée", a-t-il expliqué, promouvant son "chèque alimentation".

POUVOIR D'ACHAT


C’est la préoccupation principale des Français : que proposent les deux candidats sur le pouvoir d’achat ?


"Je n’ai vu que des Français me parler de leurs problèmes de pouvoir d’achat et 7 Français sur 10 considèrent qu’ils ont perdu du pouvoir d’achat depuis 5 ans", a débuté Marine Le Pen, remettant en cause le bilan de son adversaire à ce sujet, rappelant qu’il avait fait "une croix sur la taxe carbone" qui a engendré la crise des Gilets jaunes, et fait le choix de baisser certaines aides comme les APL, de 5 euros. 


La candidate du RN veut augmenter le pouvoir d’achat par l’intermédiaire de 3 leviers. Elle veut d'abord baisser les dépenses contraintes et la fiscalité (baisse de la TVA sur l’énergie de 20 à 5,5%, restitution de la demi-part fiscale aux veufs et veuves, exonération d’impôts sur le revenu des moins de 30 ans), puis récompenser le travail (revalorisation des salaires des enseignants, des soignants, compléments de revenus pour les alternants et étudiants qui travaillent). Elle souhaite aussi aider les personnes vulnérables (doubler les allocutions pour les familles monoparentales, déconjugalisation de l’allocation adulte handicapé, à laquelle la majorité présidentielle s’est opposée à l’Assemblée nationale).

LA VISION D'EMMANUEL MACRON POUR LA FRANCE


Au tour du président sortant de proposer sa vision pour la France, s'il est réélu à la tête de l'État. "Nous avons traversé une période si difficile, des crises sans précédent", a-t-il pointé. "J'ai traversé (...) cette période en prenant les bonnes décisions, et je veux continuer de le faire, car je pense que nous devons et pouvons rendre notre pays plus indépendant et plus fort", a poursuivi Emmanuel Macron, affirmant vouloir "rendre cette vie meilleure". Il a dit souhaiter notamment que la France puisse "devenir une grande puissance écologique du XXIe siècle" et "rendre l'Europe plus forte".

MARINE LE PEN PRÉSENTE SON PROJET


Marine Le Pen est la première à présenter dans un propos introductif son projet pour la France, si elle venait à être élue présidente. "Depuis cinq ans, j'ai vu le peuple français souffrir, (...) s'inquiéter de l'avenir, douter. Un autre choix est possible, fondé sur le respect, le bon sens", a lancé la candidate du Rassemblement National. Elle a promis d'être "la présidente de la renaissance démocratique, (...) de la liberté, de la souveraineté, de la sécurité" du peuple, de la "concorde restaurée entre les Français" et de la "fraternité nationale".

LE DÉBAT COMMENCE


Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont pris place face-à-face, le débat de l'entre-deux-tours peut commencer. Les deux candidats débuteront chacun par un propos introductif, avant de s'opposer sur la première thématique de la soirée : le pouvoir d'achat.

EMMANUEL MACRON SUR PLACE


Le candidat LaREM explique à notre micro que ce nouveau duel avec Marine Le Pen n'a "rien de spécifique" :  "Le débat va nous permettre à l'un et à l'autre d'expliquer nos idées, nos projets pour la France, de clarifier tout ce qui doit l'être."

Débat d'entre-deux-tours : Emmanuel Macron arrive sur placeSource : TF1 Info
JT Perso

MARINE LE PEN ARRIVE 


Avant de faire des repérages sur le plateau du débat,  la candidate du Rassemblement national s'est dite "tranquille, sereine" : "L'enjeu, c'est d'exprimer mon projet, le vrai." 

L'arrivée de Marine Le Pen avant le débat d'entre-deux-toursSource : TF1 Info
JT Perso

COMMENT VA SE DÉROULER LE DÉBAT ?


Ce rendez-vous crucial de l'entre-deux-tours est finement orchestré. Les deux finalistes Emmanuel Macron et Marine Le Pen n'occuperont pas la même place sur le plateau qu'en 2017 : le président-candidat sera installé à gauche et la candidate du Rassemblement National à droite. La députée sera la première à prendre la parole lors de la question d'introduction. Au total, huit thèmes seront abordés au fil de la soirée. Retrouvez plus d'informations sur l'organisation du débat dans cet article.

LES VÉRIFICATEURS


Dette du pays, contribution à l'Union européenne, référendum... Marine Le Pen n'a cessé d'attaquer Emmanuel Macron sur le bilan du quinquennat. Les Vérificateurs ont démêlé le vrai du faux des arguments de la candidate RN.

LES VÉRIFICATEURS


Peine de mort, climat, vaccin contre le Covid-19... Depuis le début de la campagne d'entre-deux-tours, Emmanuel Macron a porté plusieurs accusations contre Marine Le Pen. Les Vérificateurs ont passé au crible les arguments du président-candidat contre son adversaire.

BIENVENUE


Bonsoir et bienvenue sur TF1info pour le débat du second tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, à suivre à partir de 21h sur TF1 et LCI. Toute la soirée, retrouvez sur ce fil les moments forts du duel entre le président sortant et la candidate du Rassemblement national. Leurs déclarations seront passées au crible par notre équipe des Vérificateurs.

Le match retour, cinq ans après. Emmanuel Macron et Marine Le Pen se retrouvent mercredi soir pour le duel incontournable de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle 2022. Mais avec un écart plus serré qu'en 2017, à en croire les derniers sondages.

L'exercice ne bouleverse habituellement pas les dynamiques d'intentions de vote. Reste qu'il pourrait, cette fois, remobiliser certains électorats et "déplacer davantage de voix que ce qu'on a observé depuis le début de la Ve République", selon Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France, invité de LCI ce 20 avril.

Avantage au président sortant, selon les sondages

À quatre jours du second tour, les sondages donnent invariablement l'avantage au président sortant, avec 54 à 56,5% des intentions de vote contre 43,5 à 46% pour Marine Le Pen. Soit un écart de 8 à 12 points, quand Emmanuel Macron l'avait emporté en 2017 avec une avance de 32 points (66% des suffrages exprimés contre 34% à Mme Le Pen). Mais une éventuelle forte abstention pourrait brouiller le jeu dimanche. 

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Parmi les thèmes abordés : le pouvoir d'achat, qui ouvrira ce débat d'une durée de 2h30. Outre celui-ci, les candidats s'opposeront également sur la sécurité, la jeunesse, l'international, la compétitivité, l'environnement, le modèle social ou encore la gouvernance.


La rédaction de TF1info avec les Vérificateurs

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