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Drapeaux en berne en Corse après la mort d'Yvan Colonna : la classe politique condamne

Justine Faure
Publié le 24 mars 2022 à 13h07, mis à jour le 24 mars 2022 à 14h32
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Après Emmanuel Macron mercredi soir, de nombreuses personnalités politiques ont condamné la mise en berne de drapeaux en Corse après la mort du militant indépendantiste Yvan Colonna.
Yannick Jadot "regrette" cette décision de la Collectivité de Corse, Valérie Pécresse et Anne Hidalgo la trouve "choquante".

"C'est une faute et c'est inapproprié". Mercredi soir sur M6, invité à commenter la mise en berne de drapeaux par la Collectivité de Corse après la mort d'Yvan Colonna, le président de la République a fermement condamné cette initiative. Ils ont été nombreux à le rejoindre, à la veille des funérailles du militant indépendantiste. 

Ce jeudi matin sur France 2, la candidate socialiste Anne Hidalgo s'est dite choquée par cette initiative. "Oui ça me choque parce qu’un grand préfet de la République a été assassiné. Il y a eu un procès, ce procès a décidé de qui était coupable." "Bien sûr que les conditions de la mort d'Yvan Colonna sont inadmissibles et inacceptables (…). Mais franchement, les drapeaux en berne c’est quelque chose d’extrêmement choquant", a déclaré la maire de Paris.

Sur franceinfo, le candidat écologiste a tenu le même discours. "Je regrette ces drapeaux en berne. Je peux comprendre l’émotion qu’il peut y avoir autour de la mort d’Yvan Colonna. Mais je regrette cette décision parce qu’on connait la qualification du crime de l’assassinat du préfet Erignac", a expliqué Yannick Jadot. "Ce qu’il faut surtout c’est retrouver une relation apaisée entre la Corse et l’Etat français", a-t-il ajouté, estimant qu'il fallait ouvrir le débat sur l'autonomie "pour retrouver un climat de confiance entre la Corse et l’Etat".

Dans un tweet, la candidate LR Valérie Pécresse a qualifié d'"outrages à la mémoire du préfet Erignac et à la République" les drapeaux en berne sur l'île, et jugé que "tout dans la situation corse est choquant".

En revanche, si le député LFI Alexis Corbière a assuré sur BFMTV que "personnellement [il] ne l’aurai[t] pas fait, les drapeaux en berne", il a refusé de reprendre à son compte le terme de "faute" utilisé par Emmanuel Macron. "Il faut être sur un fil sur ces sujets", a-t-il justifié.

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Mercredi, le député LR Julien Aubert avait tweeté : "Voilà maintenant qu’en France, une collectivité locale partie intégrante de la République met les drapeaux en berne pour saluer la mémoire de l’assassin de préfet ? Quelle que soit l’émotion, c’est inacceptable." Le sénateur apparenté PS Bernard Jomier avait lui écrit sur le réseau social qu'"aucun projet politique, dans notre République, ne légitime qu’une collectivité territoriale mette ses drapeaux en berne pour un homme qui a assassiné un préfet". L'ancien ministre socialiste Manuel Valls a déclaré au Point que "quand une collectivité publique met en berne ses drapeaux, c’est un acte officiel. C’est une administration française qui décrète un deuil. Pour moi, c’est de l’apologie du terrorisme"


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