Mercredi, Emmanuel Macron a prévenu que les temps étaient à la "fin des évidences" et de "l'abondance".
Un changement de cap et un discours pessimiste qui diffère de la "ligne optimiste" adoptée des dernières années par le chef de l'État.

Changement de cap pour Emmanuel Macron ? Mercredi en préambule du Conseil des ministres, le président de la République a estimé que nous étions en train de vivre "une grande bascule", "un grand bouleversement", matérialisés par "la fin de l’insouciance", "la fin des évidences" et "la fin de l’abondance", que ce soit "des liquidités", "des produits de technologie", des matières premières ou de l’eau. Un discours jugé pessimiste, quand le chef de l’État avait toujours fait preuve de l’inverse dans ses précédentes interventions.

Cette communication marque une rupture avec la "ligne optimiste" qu’il a "toujours tenue", selon le président de l’institut Elabe Bernard Sananès. "Il y a une forme d’anticipation politique : si vraiment les temps deviennent difficiles (…) le président doit l’avoir dit avant, pour ne pas donner l’impression qu’il aurait été surpris par les événements", a-t-il déclaré à l’AFP. Pour Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d’Harris interactive France, c’est "un changement de braquet. Parce qu’on ne peut plus du tout être sur un discours optimiste. L’état d’esprit français est très différent"

En septembre 2020, au lendemain de la demande d’un moratoire sur la 5G de 70 élus de gauche et écologistes, le chef de l’État déclarait : "J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine." Une condamnation en bonne et due forme de l’écologie de décroissance. Emmanuel Macron estimait aussi qu’il ne fallait pas "opposer les mondes" entre chasseurs et écologistes ou entre les différents modèles d’agriculture qui selon lui devaient cohabiter.

Un président fataliste ?

Son discours, capté mercredi par les caméras et diffusé en direct par les chaînes de télévision, vient également à l’encontre de ce qu’Emmanuel Macron avait déclaré en avril 2021, lorsqu’il avait assuré être "un optimiste de la volonté". "Si nous le voulons, si nous ne cédons rien de l’ambition de transformation que les Français ont porté au pouvoir en 2017, notre nation peut prendre toute sa part à l’invention du monde qui vient", avait expliqué le chef de l’État qui souhaitait notamment inventer "un nouveau modèle productif plus écologique et numérique". Il semble dorénavant voir du fatalisme dans la crise écologique, un phénomène insurmontable aux conséquences irrémédiables. 

Malgré tout, le gouvernement a fait de l’écologie sa priorité pour cette rentrée. Elisabeth Borne prononcera la semaine prochaine "un discours offensif" sur le sujet et elle a été chargée par le président de lui "remettre à l’automne un agenda de planification écologique décliné par mois et année". L’écologie sera également le thème du séminaire gouvernemental qui se tiendra le 31 août prochain. Aussi, le gouvernement prévoit deux textes de loi, un projet de loi sur l’accélération des énergies renouvelables et une loi d'orientation énergie-climat.


Justine FAURE

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