Élection présidentielle 2022

Christiane Taubira, une campagne éclair qui a fait pschitt

J.F
Publié le 2 mars 2022 à 15h53
Christiane Taubira à la fondation Abbé Pierre, le 2 février 2022.

Christiane Taubira à la fondation Abbé Pierre, le 2 février 2022.

Source : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Christiane Taubira a annoncé ce mercredi son retrait de la course à l'Elysée, faute d'avoir recueilli les 500 parrainages nécessaires pour valider sa candidature.
Partie tard dans la course à la présidentielle, l'ancienne garde des Sceaux n'a jamais réussi à unir la gauche derrière elle, ni à apparaître comme la plus à même dans son camp de rivaliser avec la droite et Emmanuel Macron.

En actant qu'elle n'aurait pas ses 500 parrainages et en se retirant de la course à la présidentielle Christiane Taubira a mis fin, ce mercredi, à un mois et demi de campagne difficile. Arrivée tardivement dans la campagne avec l'espoir de rassembler la gauche et de la propulser au second tour du scrutin, l'ancienne garde des Sceaux n'a jamais réussi à unir son camp derrière elle ni à convertir en intentions de vote dans les sondages l'adhésion citoyenne reçue via la primaire populaire.

"Il est évident que nous ne réussirons pas à avoir les parrainages", a déclaré mercredi l'ex-ministre de 70 ans, qui n'a recueilli que 181 signatures d'élus à trois jours de la date limite des dépôts des parrainages. Dans sa déclaration d'abandon, elle a regretté que François Bayrou, via sa banque de parrainages, n'ait pas souhaité l'aider. Ce dernier avait en effet indiqué que seuls les candidats à plus de 10% d'intentions de vote dans les sondages pourraient en bénéficier. 

Aussi, son entourage a régulièrement accusé Anne Hidalgo et le Parti socialiste d'avoir "fait pression" pour l'empêcher d'obtenir ses signatures, ce qu'a démenti le PS ; et a dû acter avec amertume le retrait de la campagne du Parti radical de gauche (PRG) le 14 février, qui a emporté avec lui son réseau de 170 promesses de signatures et son soutien financier. 

Une union de la gauche rejetée dès le début

Entrée tardivement en campagne le 15 janvier dernier, Christiane Taubira n'a jamais pu rattraper son retard dans la récolte des parrainages. Elle n'a jamais, non plus, pu stopper dans leurs lancées ses concurrents à gauche. Si après sa victoire à la primaire populaire, fin janvier, son équipe assurait que l'ancienne ministre de François Hollande arriverait rapidement à réunir la gauche, elle n'a reçu que des fins de non recevoir. Tous ont raillé sa désignation à la primaire populaire, qu'ils repoussaient depuis le début, et ont regretté qu'elle ajoute un peu plus de dispersion et de confusion dans son camp. 

Guillaume Lacroix, président du PRG, avait d'ailleurs justifié son retrait de la campagne par le fait que Christiane Taubira "est sortie du schéma de candidate du rassemblement de la gauche, pour se tourner vers un schéma de candidate de la légitimité populaire". Or "le mandat du PRG reposait sur une démarche de rassemblement"

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Sans dynamique de ralliement ou d'union, Christiane Taubira a également échoué à décoller dans les sondages. Malgré un court et léger "effet primaire", le dernier sondage quotidien Ifop-Fiducial pour LCI la donne à 1,5% d'intentions de vote, derrière Jean Lassalle et Nicolas Dupont-Aignan. Au mieux, elle a atteint 4,5%. Le reflet d'une manque de préparation et d'un programme peu conséquent, illustrés début février par sa prestation ratée devant la fondation Abbé Pierre pour parler du logement ? 


J.F

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