Emmanuel Macron a proposé ce vendredi d'inscrire sur des fichiers administratifs les personnes soupçonnées de délinquance sexuelle.
Ce qu'a fustigé Marine Le Pen, qui dénonce "une très grave remise en cause de notre État de droit".

Pouvoir d'achat, action diplomatique, immigration, fiscalité, production d'énergie... Si de nombreux thèmes ont émergé durant cette campagne présidentielle, la lutte contre les violences sexuelles est, jusqu'ici, restée à la marge. Ce vendredi matin, le candidat Macron a été interrogé par une femme lui demandant s'il était possible de "ficher les délinquants sexuels", à l'image des fichés S pour le terrorisme.

Le président sortant a répondu par l'affirmative. "Ce sera le cas", a-t-il annoncé au micro de France info. "Quelqu'un qui a déjà fait l'objet de dépôts de plaintes, ou encore plus s'il a un casier lié à des violences intraconjugales", pourra faire l'objet d'une inscription, a précisé Emmanuel Macron. Selon lui, ces personnes "sont susceptibles d'être violentes parce qu'il y a déjà eu des alertes". En cas de nouveau de dépôt de plainte, "il faut que l'on puisse savoir qu'il s'agit de quelqu'un qui a déjà des antécédents".

Marine Le Pen opposée à cette proposition

Une mesure née du Grenelle des violences conjugales, organisé par le gouvernement en 2019, que fustige son adversaire au second tour, Marine Le Pen. "Cette proposition est très dangereuse", a estimé la candidate du Rassemblement national, en déplacement à Pertuis, dans le Vaucluse (voir vidéo en tête de cet article).

Selon elle, l'inscription de citoyens sur un fichier administratif sans condamnation préalable doit être réservé à la lutte contre le terrorisme. "Si une simple main courante peut permettre d'inscrire quelqu'un sur un fichier administratif pour des faits qui ne sont pas liés à un risque terroriste, c'est une très grave remise en cause de notre État de droit", a-t-elle déclaré. "C'est un sujet d'inquiétude."


Idèr NABILI

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