Alors que la campagne se termine, les deux camps appellent à la mobilisation.
Car si l'intérêt pour la présidentielle semble s'être accentué durant l'entre-deux-tours, l'abstention est donnée haute par les instituts de sondage.
Une faible mobilisation qui s'explique par une offre électorale qui ne satisfait pas les Français.

C'est le quatrième bloc du premier tour, et il est majoritaire. Sur les plus de 48,7 millions d'électeurs inscrits, près de 27,9% ont voté blanc, nul ou se sont abstenus. Or, à l'approche du second tour, les instituts de sondages prévoient une abstention qui pourrait être plus forte encore que lors du premier tour, provoquée par la déception partagée de l'offre électorale.

Pourtant, le second tour entraine traditionnellement une remobilisation des électeurs, avec un taux de participation plus fort qu'au premier tour. Or, dans les dernières enquêtes, les instituts Ifop et Ipsos Sopra Steria évaluent l'abstention entre 26% et 28%. Pour Frédéric Dabi, directeur général de l'Ifop, cette faible envie de s'exprimer dans les urnes au tour décisif s'explique par une offre électorale qui ne mobilise pas. "Les Français ne sont pas contents d'avoir cette revanche Macron-Le Pen. Ils sont anti-Macron, ils sont anti-Le Pen, ils sont les deux. On est dans cette logique de ne pas vouloir choisir entre l'un et l'autre des candidats", tente-t-il d'expliquer auprès de TF1info.

L'électorat de Jean-Luc Mélenchon reste le plus partagé quant à la participation ou non au scrutin de dimanche. Selon le sondage quotidien de l'Ifop, ce vendredi, 41% des électeurs mélenchonistes opteraient pour le "ni-ni", 40% pourraient voter Emmanuel Macron et 19% se reporteraient sur un vote pour Marine Le Pen. De même, la consultation des militants insoumis la semaine dernière révèle qu'un peu plus d'un tiers souhaitaient voter blanc, un tiers voulait voter Macron et un tiers comptait s'abstenir. 

Or, les observateurs craignent aussi une forte abstention, car la configuration de cette élection ressemble fortement à un précédent. En 1969, le communiste Jacques Duclos obtient 21,27% des suffrages au premier tour sans parvenir à se qualifier. Il appelle alors ses électeurs à s'abstenir, considérant que les candidats finalistes, Georges Pompidou et Alain Poher, étaient "bonnet blanc et blanc bonnet". C'est justement lors de cette présidentielle que le taux d'abstention est le plus fort pour un second tour, atteignant 31,1%.

L'abstention, plus défavorable à Le Pen qu'à Macron

Le risque de l'abstention est en tout cas bien à l'esprit des différentes équipes de campagne. À l'image du président par intérim du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui assurait, ce vendredi matin sur RTL, que tout était prêt pour la victoire, "ne manque plus que le vote des Français". "Si le peuple vote, le peuple gagne", martelait également Marine Le Pen lors de son dernier déplacement de la campagne, dans le Pas-de-Calais. 

Cet enjeu est d'autant plus important pour la candidate qu'elle pourrait être la plus susceptible de pâtir de l'abstention. Le phénomène est plus fort chez les jeunes, mais aussi chez les personnes peu politisées et faisant partie des catégories sociales les plus défavorisées, dont l'électorat de la candidate du Rassemblement national est plus composé que celui de son concurrent.

Du côté d'Emmanuel Macron, les rappels n'ont pas manqué non plus. "Il faut vraiment beaucoup d'humilité, rien n'est fait, rien n'est joué. Il faut se mobiliser", a par exemple déclaré Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture, sur France 2 ce vendredi matin. La crainte est d'autant plus grande que les trois zones scolaires seront en vacances ce weekend. En 2002, cela avait eu un impact, avec une moins forte mobilisation en région parisienne. Vingt ans plus tard, le scénario va-t-il se répéter ? Réponse, dimanche à 20h.


Aurélie LOEK

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