Élection présidentielle 2022

Des cris "Macron assassin" lors du meeting de Zemmour au Trocadéro, ses opposants condamnent

Vincent Michelon
Publié le 27 mars 2022 à 19h26, mis à jour le 27 mars 2022 à 19h43
JT Perso

Source : TF1 Info

Des sympathisants ont scandé "Macron assassin" durant le meeting d'Eric Zemmour sur la place du Trocadéro, à Paris, ce dimanche 27 mars.
Des soutiens d'Emmanuel Macron et de Valérie Pécresse ont dénoncé l'absence de réaction du candidat.

La séquence dure quelques secondes, mais elle fait du bruit. Dimanche 27 mars, lors du grand meeting d'Eric Zemmour sur la place du Trocadéro, à Paris, la foule a brièvement scandé "Macron assassin", faisant réagir les adversaires du candidat d'extrême droite, et tout particulièrement les soutiens d'Emmanuel Macron et de Valérie Pécresse. 

Vers 16h40 (voir la vidéo ci-dessus), l'ancien polémiste venait de rendre hommage à plusieurs victimes d'actes terroristes ou de meurtres à caractère antisémite, dont Sarah Halimi et Mireille Knoll. "On ne rendra jamais justice à ceux que l'État n'a jamais protégé", a ensuite lancé le candidat. "Ce qui me révolte depuis trop longtemps, c'est la résignation", a-t-il poursuivi, alors que la foule commençait à huer. 

"Non, mes amis, il n'y a pas de fatalité. Vous pensez que vous devriez avoir honte, mais c'est l'État qui doit avoir honte", a conclu Eric Zemmour, avant d'être interrompu par certains sympathisants criant "Macron assassin" pendant plusieurs secondes. 

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"Honte à vous"

La séquence n'a pas échappé aux soutiens d'Emmanuel Macron, qui ont rapidement interpellé le candidat à ce sujet. "Honte à vous. Vous venez de faire scander 'Macron assassin' par vos militants. Votre chute dans les sondages n'excuse aucun de vos trop nombreux dérapages", ont dénoncé les élus macronistes de Paris via leur compte Twitter. "Honteux et grave. La première des choses quand on veut devenir Président de la République, c’est de la respecter et de la faire respecter par tous", a également pointé la députée LaREM Yaël Braun-Pivet. 

"Quand on veut être président de la République, on doit d’abord la faire respecter par ses propres militants", a fustigé pour sa part Renaud Muselier, président de la région Paca et soutien d'Emmanuel Macron. "Quand on est candidat, on n’a pas le droit de laisser scander cela !"

La riposte est en grande partie venue de la droite, au moment où Valérie Pécresse est au coude-à-coude avec l'ancien polémiste dans les sondages, et où l'avenir de la droite se joue. À commencer par la candidate LR : "Je combats avec force le président sortant, mais laisser traiter un adversaire de meurtrier, c'est dangereux pour la République. Ce n'est certainement pas ça la droite ! Ce n'est pas ça, ma France !", a-t-elle réagi sur son compte Twitter. 

L'équipe Zemmour affirme qu'il n'a pas entendu

Peu après le meeting, les équipes d'Eric Zemmour ont assuré à LCI que le candidat "n'a pas entendu" le slogan "Macron assassin" et qu'il "ne reprendrait pas l'expression à son compte". 

Sur les réseaux sociaux, une riposte des soutiens du candidat s'est rapidement organisée, dénonçant des médias qui n'ont retenu "que ce moment" sur l'ensemble du discours du candidat au Trocadéro. Plusieurs chaînes ont toutefois retransmis l'intégralité du meeting d'Eric Zemmour. 

Florian Philippot, soutien du candidat Nicolas Dupont-Aignan, a estimé pour sa part que "s’ils le crient, ils ont leurs raisons". A contrario, Marine Le Pen, en déplacement en Guadeloupe, a dénoncé "un propos tout à fait outrancier, regrettable. On a largement assez de choses à reprocher à Emmanuel Macron pour ne pas tomber dans l'outrance"


Vincent Michelon

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