Élection présidentielle 2022

Présidentielle 2022, second tour : la différence entre vote blanc, vote nul et abstention

Vincent Michelon
Publié le 24 avril 2022 à 10h10, mis à jour le 24 avril 2022 à 10h34
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Pour le second tour de l'élection présidentielle, ce dimanche 24 avril, les électeurs sont de nouveau appelés aux urnes.
Au premier tour, le taux de participation avait été plus faible qu'en 2017.
TF1info vous rappelle les différences entre le vote blanc, le vote nul et l'abstention ?

Il y a les électeurs qui votent, ceux qui ne votent pas et ceux qui votent mais dont le suffrage ne sera pas pris en compte. Avant le second tour de l'élection présidentielle, ce 24 avril 2022, voici un petit rappel utile des notions qui peuvent utiles lorsqu'on s'apprête à mettre son bulletin dans l'urne. 

L'abstention

C'est un thème récurrent des campagnes électorales, et en particulier de cette élection présidentielle qui, selon certains instituts de sondage, pourrait être marquée par un absentéisme record chez les électeurs. 

L'abstention consiste, pour un citoyen inscrit sur les listes électorales, à ne pas participer à une élection, qu'il s'agisse d'un acte volontaire ou d'un oubli ou encore d'une incapacité à se rendre aux urnes sans avoir anticipé cette situation au moyen d'une procuration. Elle est mesurée à plusieurs reprises le jour du scrutin, souvent à la mi-journée et à la fermeture des bureaux de vote, en rapportant le nombre de personnes inscrites sur les listes, mais qui ne se sont pas présentées, au nombre total d'inscrits. 

L'abstention est considérée depuis longtemps comme un indicateur de vitalité démocratique : une très faible participation peut s'interpréter comme un désintérêt pour le scrutin concerné, le refus des alternatives proposées ou le sentiment que les dés sont joués avant même l'élection. 

Lors des élections présidentielles, le taux d'abstention au premier tour est passé de 15,2% en 1965 à 22,23% en 2017, avec un pic en 2002 (28,4%) qui avait contribué à l'élimination du socialiste Lionel Jospin. L'abstention est souvent plus faible au second tour, sauf en 1965, en 1969 et en 2017. Selon notre baromètre quotidien Ifop Fiducial, 29% des électeurs envisagent de ne pas voter le 10 avril 2022.

Le vote blanc

Serpent de mer des campagnes électorales, le vote blanc consiste à déposer dans l'urne soit un bulletin blanc de même dimension et grammage que les bulletins des candidats, soit une enveloppe vide de tout bulletin. Il s'agit d'un acte volontaire de l'électeur pour faire passer plusieurs types de messages, comme le refus des candidats en lice ou la remise en cause plus générale du processus électoral tel qu'il est proposé. 

Le débat porte, de longue date, sur la non-prise en compte du vote blanc lors des élections, certains électeurs considérant qu'il exprime un message politique dont il faut rendre compte au soir du scrutin. En France, la loi du 21 février 2014 a introduit un début de reconnaissance du vote blanc. Elle intègre dans le code électoral un alinéa stipulant que "les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés au procès-verbal"

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L'évolution reste toutefois limitée, puisque le même texte précise que ces bulletins "n'entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés", mais qu'il en est fait "explicitement mention dans les résultats des scrutins". Si le vote blanc était pris en compte dans les suffrages exprimés, un scrutin pourrait aboutir à l'élection d'un candidat avec moins de 50% des voix, posant des problèmes de légitimité pour ce dernier. 

Le débat sur le vote blanc avait ressurgi lors du Grand débat national consécutif au mouvement des Gilets jaunes, au printemps 2019. Emmanuel Macron avait estimé qu'une révision constitutionnelle permettant "une loi électorale plus juste" devrait mieux prendre en compte ce vote, mais une telle réforme n'a pas été conduite sous le quinquennat. 

Lors de l'élection présidentielle de 2017, près de 8,52% des électeurs avaient opté pour le vote blanc au second tour - contre 1,78% au premier tour -, un score particulièrement élevé marquant leur refus de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. 

Le vote nul

Le vote doit être considéré comme "nul" lorsqu'un bulletin de vote déposé dans l'urne est déchiré ou annoté. Il peut résulter d'une volonté de l'électeur - dessiner ou griffonner sur le bulletin pour marquer un désaccord ou simplement par dérision - ou d'un acte involontaire lors du passage dans l'isoloir. Le vote est également nul si le bulletin est placé sans enveloppe dans l'urne, ou si l'électeur insère dans l'enveloppe son propre bulletin, non réglementaire. 

En 2017, 0,78% des électeurs avaient déposé un bulletin nul au premier tour, et jusqu'à 3% au second tour.  


Vincent Michelon

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