Élection présidentielle 2022

Recours au cabinet McKinsey : l'opposition fustige "l'exercice de communication" du gouvernement

Vincent Michelon
Publié le 31 mars 2022 à 13h52, mis à jour le 31 mars 2022 à 14h07
JT Perso

Source : L'Invité Politique

Attaqué, à une semaine du premier tour de la présidentielle, sur ses contrats passés avec McKinsey, le gouvernement a répliqué mercredi soir.
"Un exercice de communication", selon la commission d'enquête du Sénat à l'origine du rapport, tandis que l'opposition se dit "absolument pas convaincue" par les explications données.

L'exécutif aurait aimé clore la polémique McKinsey, à une semaine du premier tour de l'élection présidentielle. "Ce n'est pas un vrai sujet", clamait encore, ce jeudi matin, Emmanuel Macron en déplacement à Fouras (Charente-Maritime). Mais c'était sans compter sur l'opposition, qui dénonce encore un "scandale d'État" et fustige, jeudi matin, les explications données la veille par deux ministres, Amélie de Montchalin et Olivier Dussopt, pour justifier les recours de l'exécutif aux cabinets de conseil durant le quinquennat. 

Dès mercredi soir, après la conférence de presse des ministres, le Sénat à l'origine du rapport sur l'influence des cabinets de conseil a brocardé "l'exercice de communication du gouvernement", "à dix jours du premier tour", jugeant qu'il n'avait "pas levé toutes les zones d'ombre" soulevées par sa commission d'enquête. Parmi ces zones d'ombre présumées : des études jugées coûteuses ou inutiles facturées par lesdits cabinets de conseil, dont McKinsey n'est qu'un acteur parmi d'autres. 

"Si le gouvernement affirme qu’il n’a 'rien à cacher', il lui aura fallu cinq ans pour réagir, alors que les dépenses de conseil de l’État ont plus que doublé entre 2018 et 2021", a également pointé le Sénat à majorité de droite, dont la commission d'enquête sur les cabinets était présidée par Arnaud Bazin (LR), ancien soutien de François Fillon en 2017. 

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"Absolument pas convaincu"

"L'État assume parfaitement de recourir à des cabinets de conseil dans certaines circonstances", avait expliqué mercredi soir Amélie de Montchalin, la ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, assurant que la pratique était "répandue", "habituelle" et "utile dans la majorité des cas". Les ministres ont également pointé le fait que le recours aux cabinets de conseil s'était généralisée entre 2007 et 2012, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais cela n'a pas retenu les critiques des anciens ministres de ce dernier. 

"Je ne suis absolument pas convaincu", a ainsi assuré Xavier Bertrand, soutien de Valérie Pécresse, jeudi matin sur Europe 1. Pour le patron des Hauts-de-France, les ministres "n'ont pas été convaincants". "Sur le dossier McKinsey, ils ne sont pas à l'aise parce qu'ils ne répondent pas aux questions", a-t-il jugé. 

Sur LCI, Valérie Pécresse, qui avait eu recours à un cabinet de conseil lorsqu'elle était ministre de l'Enseignement supérieur, a jugé pour sa part que "le gouvernement semble dans cette affaire avoir quelque chose à cacher". "On a l'impression que ce n'est pas transparent et le Sénat a l'air de dire qu'effectivement, il y a des zones d'ombres", a ajouté la candidate LR, qui attend "la transparence"

"Grand flop"

Eric Zemmour est allé beaucoup plus loin, sur RTL. Pour l'ex-polémiste, l'affaire relève d'un "scandale d'État" et un "renvoi d'ascenseur" mettant en cause Emmanuel Macron. "Nous avons des hauts fonctionnaires qui ne sont pas utilisés pour ce qu'ils peuvent faire", a-t-il tancé. 

Amélie de Montchalin "évoque une circulaire de janvier pour limiter les cabinets, rendue publique... Le jour de son audition au Sénat", a attaqué de son côté le député LFI Alexis Corbière, lieutenant de Jean-Luc Mélenchon. Qualifiant "l'opération déminage" du gouvernement de "grand flop", l'élu de Seine-Saint-Denis a assuré que la vérification fiscale du cabinet McKinsey, dont Bruno Le Maire a fait écho ces derniers jours, "a débuté un mois après le début du rapport du Sénat".

"À quand un cabinet de conseil pour donner l'heure au gouvernement", a également grincé le candidat communiste Fabien Roussel, relevant les "289.000 euros" de dépense "pour suggérer de faire distribuer les professions de foi électorales par la poste"


Vincent Michelon

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