Élection présidentielle 2022

Port du voile : quelles sont les positions de Marine Le Pen et Emmanuel Macron ?

Justine Faure
Publié le 20 avril 2022 à 23h15, mis à jour le 20 avril 2022 à 23h20
JT Perso

Source : TF1 Info

L'interdiction du port du voile devrait être l'un des sujets du débat d'entre-deux-tours qui opposera Marine Le Pen et Emmanuel Macron mercredi soir, à quatre jours du second tour de l'élection présidentielle.
La candidate du Rassemblement national souhaite interdire le port du voile dans la rue, quand le chef de l'État propose de s'en tenir à la loi actuelle et appelle au respect de la laïcité dans l'esprit de la loi de 1905.

Interdire le port du voile pour lutter contre l’islamisme ou laisser aux femmes la liberté de porter le hijab dans le respect de la laïcité et l’esprit de la loi de 1905. Emmanuel Macron et Marine Le Pen, les deux candidats à l’élection présidentielle, ont sur le sujet du voile et de la laïcité deux visions complètement différentes.

Dans son projet initial, Marine Le Pen présentait l’interdiction du port du voile dans l’espace public comme sa priorité dans la lutte contre l’islamisme. Mais samedi dernier, lors d’un déplacement sur le terrain, alors qu’elle cherche à séduire l’électorat de Jean-Luc Mélenchon plutôt défavorable à une telle mesure, la candidate du Rassemblement national a avoué qu’il s’agissait d’un "problème complexe", qu’elle n’était "pas obtuse", et que si elle était élue sa proposition serait débattue à l’Assemblée nationale. 

Ce sera à la représentation nationale de définir les contours de la loi, les personnes et types de voiles concernés, indiquent les lieutenants de la candidate depuis. "Le Parlement se saisira de cette question et apportera les réponses pratiques pour qu’effectivement la grand-mère de 70 ans qui porte son petit voile depuis des années ne soit pas concernée, car elle n’est pas la cible. La cible, ce sont les islamistes", a indiqué Sébastien Chenu. Selon Jordan Bardella, le voile "sera interdit dans l’ensemble des bâtiments publics, l’administration, et évidemment on donnera aux chefs d’entreprise la possibilité d’interdire les revendications politico-religieuses". Dimanche sur LCI, le maire de Perpignan Louis Aliot a ajouté que l’esprit de la loi serait de protéger "celles qui subissent une pression" familiale, sociale ou communautaire.

À titre personnel, la question du voile n’est pas une obsession."

Emmanuel Macron

De son côté, Emmanuel Macron, critiqué pour sa loi dite de "lutte contre le séparatisme" accusée d'avoir alimenté la défiance à l'égard de l'islam, défend la laïcité telle qu’elle est appliquée aujourd’hui. "À titre personnel, la question du voile n’est pas une obsession", a-t-il expliqué vendredi 15 avril sur franceinfo. S’il reconnaît un problème avec l’islamisme et a dit s’être attaché à "identifier le problème qui est qu’il y a des gens qui, déformant cette religion ou l’utilisant, essayent de sortir de la République", il estime que ce n’est "pas du tout ce que fait une femme qui porte le voile"

Le président-candidat a assuré qu’il ne changerait pas la loi en vigueur, qui dit "pas de voile dans les services publics, pas de voile à l’école, au collège et au lycée avec des mineurs. Pour le reste, la société est une société libre". Mardi 12 avril à Strasbourg, interpellé sur son "féminisme" par une jeune femme voilée, Emmanuel Macron avait jugé "beau" que son interlocutrice qui déclare porter ce signe religieux "par choix" puisse lui poser une telle question. "C’est la meilleure réponse à toutes les bêtises que je peux entendre", avait-il ajouté, taclant Marine Le Pen.

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La majorité estime que la candidate du Rassemblement national ne pourrait pas appliquer sa mesure, et qu'elle serait anticonstitutionnelle puisque engendrant une différence entre les cultes. Le chef de l'État a estimé que son adversaire devrait également interdire dans la rue "la kippa, la croix, les autres signes religieux" pour ne pas créer de discrimination entre les croyants. Ce à quoi elle répond que "le voile est en réalité un uniforme islamiste, ça n’est pas un uniforme musulman. Et ça fait toute la différence. C’est l’uniforme d’une idéologie, pas d’une religion", avait-elle déclaré sur France Inter. "Ce qu’Emmanuel Macron ne comprend pas, c’est que cette interdiction n’est pas fondée sur le concept de laïcité. Elle est fondée sur la lutte contre les idéologies islamistes."


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