Élection présidentielle 2022

Emmanuel Macron reconnaît qu'il n'a pas "réussi à endiguer" le vote d'extrême droite

Justine Faure
Publié le 4 avril 2022 à 18h00
JT Perso

Source : TF1 Info

Ce lundi, Emmanuel Macron a reconnu qu'il n'avait pas réussi à endiguer la montée et la banalisation de l'extrême droite au cours de son quinquennat.
Il s'y était pourtant engagé en 2017 lors de son discours de victoire prononcé au Louvre.
Toutefois, il réfute avoir "banalisé" le parti de Marine Le Pen.

Le 7 mai 2017 devant la pyramide du Louvre, le nouveau président de la République promettait de tout faire durant son quinquennat pour qu'il n'y ait "plus aucune raison de voter pour les extrêmes". Mais ces derniers jours, Emmanuel Macron a reconnu son échec, avouant par exemple ce lundi matin sur France Inter ne pas avoir réussi à "endiguer" l'ascension de l'extrême droite et empêché de monter "ceux qui jouent avec les peurs".

"Les peurs que les gens ont sont parfois légitimes" mais "je veux aller convaincre des gens tentés par les extrêmes pour expliquer en quoi les extrêmes n'apportent pas la bonne réponse", a déclaré le chef de l'État. "Il y a un grand dérèglement dans nos sociétés, écologique, géopolitique, des consciences... Cela crée des peurs", a-t-il dit, mais "la vraie réponse peut parfois prendre du temps". "Quand on a peur des inégalités, je ne crois pas que la réponse soit de revenir à un système complètement fermé mais d'avoir une économie sociale de marché", a-t-il lancé.

Samedi lors de son meeting à La Défense Arena, Emmanuel Macron avait appelé à la "mobilisation générale" contre les "extrémismes" et le "grand rabougrissement", faisant de Marine Le Pen, en progression dans les sondages, sa principale adversaire dans cette élection présidentielle. "C’est le combat du progrès contre le repli, le combat du patriotisme et de l’Europe contre les nationalistes. Les choix d’avril sont simples, au fond", a-t-il résumé à la fin de son meeting, appelant "ceux de la social-démocratie au gaullisme, en passant par les écologistes qui ne [l’]ont pas encore rejoint, à le faire".

Toutefois, jeudi dernier lors d'un déplacement sur le terrain en Charente-Maritime, Emmanuel Macron avait affirmé n'avoir "jamais banalisé le Front national", ancien nom du Rassemblement national utilisé intentionnellement pour montrer que malgré la dédiabolisation entreprise par Marine Le Pen le parti fondé par son père n'a pas changé. "Il y a vingt ans, les médias que vous étiez disaient 'c'est terrible, front républicain'. Les forces politiques républicaines disaient 'jamais'. Il n'y a plus cette réaction-là", a-t-il ajouté, rejetant la faute sur l'ensemble de la société. "Les gens l'ont banalisée, ont détourné le regard. On dit : c'est plus sympathique... alors il ne faut pas s'étonner", a-t-il ajouté.

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Séduire l'électorat de centre gauche

Dans le dernier baromètre Ifop-Fiducial pour TF1info, le chef de l'Etat est crédité de 27,5% d'intentions de vote au premier tour, contre 22% pour la députée du Nord. Un écart qui n'a jamais été aussi faible. Alors face à son érosion progressive dans les sondages, concomitante de la montée de Marine Le Pen, Emmanuel Macron cherche à se présenter comme le candidat du pouvoir d'achat et à mobiliser l'électorat de centre gauche susceptible de voter pour lui, notamment les sympathisants de Yannick Jadot et Anne Hidalgo parmi les plus indécis à quelques jours du scrutin. 

Cet objectif a sûrement guidé la tonalité sociale donnée au discours prononcé samedi à Nanterre. Et son ambition de diaboliser sa principale adversaire à moins d'une semaine du premier tour.


Justine Faure

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