Élection présidentielle 2022

Présidentielle : que veulent faire les candidats de la plateforme Parcoursup ?

Vincent Michelon
Publié le 29 mars 2022 à 15h44
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Les inscriptions universitaires sur Parcoursup s'achèvent mardi 29 mars à minuit.
Alors que les étudiants finalisent leurs vœux, que pensent les candidats à la présidentielle de cette plateforme décriée ?
On fait le point.

Les lycéens ont jusqu'à ce mardi soir, minuit, pour finaliser leurs vœux sur la plateforme Parcoursup, étape nécessaire en vue d'une admission dans l'enseignement supérieur. Une étape décriée depuis son instauration, en 2018, en remplacement de la procédure Admission Post-Bac (APB), qui était elle-même critiquée. 

Une plateforme régulièrement attaquée pour ses lenteurs et son caractère anxiogène, notamment pour les futurs étudiants qui ne sont pas en tête du peloton, ou encore son manque de transparence sur les critères d'admission, mais dont le gouvernement n'a cessé au contraire de tirer un bilan positif depuis son instauration

Le système décrié n'a pas échappé à la campagne présidentielle, plusieurs candidats s'étant positionnés en faveur d'un retrait ou d'une évolution du dispositif, dont Emmanuel Macron lui-même. 

La position d'Emmanuel Macron

Le 23 mars sur M6, le président-candidat a concédé que le dispositif actuel pouvait être une "usine à stress" pour les lycéens en attente d'orientation, estimant cependant que le stress est parfois "nécessaire" pour s'orienter. Loin de remettre en cause le dispositif, il a défendu la réforme, assurant que "c'est beaucoup mieux qu'il y a cinq ans", puisque selon lui, l'ancien système APB laissait "des centaines de milliers de jeunes sans solution plusieurs semaines après l'obtention du bac".  "Grâce à Parcoursup, on leur a apporté plus d'informations, et c'est plus juste", a-t-il expliqué.

Emmanuel Macron s'est toutefois prononcé en faveur d'une évolution du système. "Je souhaite qu'on puisse donner beaucoup plus d'informations, qu'on puisse donner l'historique, sur chaque formation, aux parents : combien de gens ont eu le diplôme, que sont-ils devenus professionnellement dans cette filière ? On a besoin de mieux orienter nos jeunes vers des filières où il y a plus de résultats et qui correspondent aux besoins de notre économie." Le candidat propose en outre que l'orientation commence plus tôt, dès le collège, avec "plusieurs heures par semaine dédiées à l'orientation". 

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Les partisans de la suppression

Plusieurs candidats veulent mettre fin purement et simplement à Parcoursup, estimant le processus de sélection injuste ou inefficace. Le 26 mars à Toulouse, Anne Hidalgo a promis de supprimer le dispositif. "Nous annulerons cette sélection par algorithmes qui inflige à nos jeunes l'anxiété d'une sélection impersonnelle", a-t-elle expliqué, ajoutant qu'elle "augmenterait les places dans l'enseignement supérieur". La candidate PS souhaite également renforcer la transparence dans l'accès aux établissements de l'enseignement supérieur, comme l'explique son programme

Interrogé par L'Étudiant, Jean-Luc Mélenchon s'est engagé à "démanteler Parcoursup". "Nous rendrons à nouveau effectif le droit d’accès aux études supérieures sur la base de l’obtention du baccalauréat, premier diplôme de l’enseignement supérieur", a ajouté le candidat insoumis. "Nous réinstaurerons également le droit à la poursuite d’études en supprimant la sélection à l’entrée du master."

Idem pour Fabien Roussel, qui s'engageait, le 6 février à Marseille, à "abroger" la plateforme. "Honte à Macron qui brise les rêves de nos bacheliers avec Parcoursup", clamait le candidat communiste. 

La logique est la même du côté des écologistes. Dans son programme, Yannick Jadot s'engage à "faciliter l'accès à l'enseignement supérieur en remplaçant Parcoursup par un système transparent, qui tient compte des priorités de choix des élèves et n’introduit pas d’inégalités de traitement en lien avec le milieu social de l’élève". Ainsi, promet-il, "aucun bachelier ne sera laissé sans inscription dans une des filières souhaitées à la rentrée", avec la création de 100.000 places supplémentaires en première année. 

Les partisans d'une sélection différente

À droite, ce n'est pas la suppression de Parcoursup qui est proposée, mais une évolution tendant à rendre la sélection plus évidente à l'entrée de l'université. Interrogée à ce sujet par L'Étudiant, Marine Le Pen s'est positionnée en faveur d'une admission "au mérite". Autrement dit, la candidate RN préconise une sélection préalable, partant du principe que "moins d'un élève sur trois entrant en première année de licence obtient, trois ans plus tard, son diplôme". En outre, elle veut "remettre en cause cette logique du tout-université à l'heure où les filières professionnelles sont systématiquement dévalorisées".  

Le 3 mars, Valérie Pécresse a défendu pour sa part "une orientation sélective en première année", donnant "la priorité aux candidats qui ont le plus de chances de réussir". La candidate LR, dans son projet, propose de "réformer Parcoursup avec une totale transparence des critères de sélection", en mettant fin "aux algorithmes opaques". Le nouveau dispositif de sélection ferait ainsi la part belle au "mérite" et à "la motivation de chacun".

Sur France Inter, Eric Zemmour a également défendu le renforcement de la transparence dans "les algorithmes de sélection", assurant vouloir "restreindre la sélection à des critères purement scolaires" et en "interdisant la discrimination positive". On note donc que ces trois candidats n'ont pas parlé, à ce stade, d'une suppression de Parcoursup.


Vincent Michelon

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