La Nupes, l'alliance de gauche à l'Assemblée nationale

Législatives : François Hollande critique l'union de la gauche et dénonce la "faute" du PS

Maëlane Loaëc
Publié le 9 mai 2022 à 11h02
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Source : TF1 Info

L'ex-président socialiste continue de refuser l'accord entre le PS, LFI, EELV et le PCF en vue des législatives.
Une tentative vaine, selon lui, à la fois sur "le plan électoral" et "programmatique".
Pour autant, il ne rend pas sa carte du PS et ne s'est pas encore décidé quant à une éventuelle candidature.

Si les architectes de l'accord d'union à gauche, signé la semaine passée entre socialistes, Insoumis, communistes et écologistes, font valoir un virage "historique" en vue des législatives, l'ancien président François Hollande cherche depuis plusieurs jours à doucher leur enthousiasme, tout comme plusieurs autres ténors du Parti socialiste. Cette Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) "ne peut pas être une source d’espérance", a-t-il assuré sur France Inter, ce lundi 9 mai. "Je ne suis pas contre l'union mais je suis contre un accord qui, tel qu'il est fait, sur le plan électoral et programmatique ne permet pas la victoire", a-t-il affirmé. 

Si l'ex-chef d'État socialiste veut croire à la perspective d'une alliance, il ne l'imagine certainement pas en ces termes. "L'union est souhaitable, la gauche doit envoyer le plus de députés possible à l'Assemblée nationale pour éventuellement peser et empêcher des mesures tout à fait néfastes pour le pays. Elle est souhaitée par les électeurs de gauche, mais pour qu'elle soit conquérante et victorieuse, il faut qu'elle soit équilibrée sur le plan électoral et crédible sur le plan programmatique", a-t-il estimé. "Or, elle ne l'est pas."

Une "faute" sur la répartition des circonscriptions

Sur le volet des négociations des circonscriptions tout d'abord, François Hollande estime que le PS s'est laissé écraser face aux autres formations de l'accord, ayant seulement obtenu 69 circonscriptions : "avoir 70 candidats sur 577 circonscriptions, c’est une faute", a-t-il critiqué, estimant que "beaucoup de candidats socialistes auraient été dans de meilleures conditions pour être élus députés que des candidats, notamment, de la France Insoumise". Et de pointer "un déséquilibre par rapport à la réalité politique" en faveur des Insoumis, selon lui, LFI ayant obtenu des négociations 326 candidats, soit 56% des circonscriptions à elle seule, une répartition qui provoque déjà des crispations locales.

L'ancien président, à l'Élysée de 2012 à 2017, a aussi livré une charge contre le programme de la Nupes, qui manquerait de "crédibilité", craignant "l’indiscipline" et la "désobéissance" vis-à-vis des traités européens, une posture prônée par les Insoumis. Quant au programme social de l'alliance, comme la retraite à 60 ans ou la revalorisation du Smic à 1400 euros, "comment ça se finance ?", a-t-il questionné. Et de critiquer en particulier la feuille de route de Jean-Luc Mélenchon, qui se rêve Premier ministre, mais pour laquelle "il n'y a pas de majorité possible", selon lui. 

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Pour autant, le ténor du PS ne compte pas rendre sa carte du parti, contrairement à son ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. "Je suis socialiste depuis que j'ai l'âge de 20 ans. Ma vie est liée au socialisme. Donc socialiste je suis, socialiste je serai jusqu'au terme de mon existence, au moins politique", a-t-il affirmé, ajoutant même que "ce serait un comble que le parti me quitte"

Mais l'ancien locataire de l'Élysée ne se plie pas pour autant à cet accord : "ce qu'il faut, c'est que ceux qui sont en dehors, qui sont partis, et ceux qui y sont encore se retrouvent et que l'on rebâtisse cette grande force socialiste dont on a absolument besoin", a-t-il plaidé, ajoutant que l'opposition menée par la présidente de la région Occitanie, Carole Delga était une "bonne initiative", mais qu'"il ne faut pas qu'elle soit isolée"

Quant à ses ambitions personnelles, François Hollande a déclaré ne pas avoir "pris de décision" à une possible candidature aux législatives, "soucieux de pas ajouter de la confusion à la confusion" mais se disant aussi victime de "formes d'inélégance, d'absence d'amitié" de la part de la direction du parti, car son ancienne circonscription de Corrèze a été réservée par la Nupes à LFI. "Je crois que j'ai jusqu'au 20 mai pour me décider", a-t-il glissé.


Maëlane Loaëc

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