Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

Législatives 2022 : la campagne se complique pour certains macronistes

Maëlane Loaëc
Publié le 31 mai 2022 à 18h15
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Des polémiques pourraient percuter la campagne des ministres Gérald Darmanin et Damien Abad.
Le ministre de l'Éducation sortant, Jean-Michel Blanquer, peine quant à lui à s'imposer dans le Loiret.
En campagne pour une candidate macroniste, Eric Dupond-Moretti a été pris à partie sur le terrain.

Polémiques handicapantes, contre-campagne, invectives... La bataille des législatives n'est pas de tout repos pour plusieurs candidats macronistes et ministres en campagne. Certains jouent pourtant gros : les membres du gouvernement qui louperaient le siège à l'Hémicycle seraient contraints de quitter leurs fonctions, a mis en garde l'Élysée. À 13 jours du premier tour du scrutin, l'enjeu est de taille pour le camp Macron, qui espère pouvoir se dégager une majorité.

Gérald Darmanin décrédibilisé après le fiasco du Stade de France ?

Gérald Darmanin, reconduit à la tête de la place Beauveau, avait annoncé début mai sa candidature aux législatives dans la 10e circonscription du Nord, qui comprend une partie de la ville de Tourcoing, dont il a été maire par le passé. Il y avait été élu une première fois député en 2012, alors encore membre de l'UMP. Jusqu'alors, son entrée en campagne avait été facilitée par le soutien d'une ancienne candidate LR potentielle de la circonscription, Claudine Hue, qui s'est retirée de la course. "C'était assez logique qu'après cinq ans, je ne me planque pas, que j'aille voir les électeurs", avait avancé le ministre de l'Intérieur.

Mais c'était avant que ne retentisse la polémique autour des défaillances du système de sécurité mobilisé samedi soir au Stade de France, lorsque la finale de la Ligue des Champions a été émaillée de nombreux débordements. Sans parvenir à convaincre par ses explications, Gérald Darmanin a été pilonné de toute part par l'opposition, et doit être entendu au Sénat et à l'Assemblée Nationale aux côtés de sa collègue en charge des Sports. L'ampleur de l'affaire pourrait porter préjudice au candidat sur ses terres du Nord.

Des accusations de viol percutent la campagne de Damien Abad

Dans la 5e circonscription de l'Ain, la campagne du nouveau ministre des Solidarités Damien Abad pourrait aussi s'essouffler, mais à cause d'un autre dossier : celui des accusations de viol portées par deux femmes à son encontre, qu'il conteste. Le parquet de Paris a fait savoir mercredi qu'il n'ouvrait pas d'enquête préliminaire "en l'état" sur ces allégations, faute de pouvoir identifier l'une des victimes présumées. Mais l'affaire divise déjà les électeurs dans ce fief électoral où il s'était imposé haut la main en 2017 sous l'étiquette LR, avec 67% des voix. 

"Damien Abad a toujours eu une réputation de 'chaud lapin' à Oyonnax", a indiqué une retraitée au Journal du Dimanche. "C’est à la justice de trancher", confie en revanche un autre habitant. Le rapide revirement de l'ancien président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, qui a quitté son parti dans la précipitation pour rejoindre la macronie qu'il combattait pendant la présidentielle, peut aussi refroidir certains votants. 

Le ministre, confronté au candidat investi par son ex-parti Julien Martinez, y joue donc son avenir politique. Dernière faiblesse : la concurrence du RN, puisque les électeurs ont placé Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle dans cette circonscription avec 25,4% des voix.  

Lire aussi

Le sosie de Jean-Michel Blanquer revient lui faire de l'ombre dans le Loiret

Parmi les membres du gouvernement sortant, certains enregistrent aussi quelques accrocs, comme l'ancien ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, prétendant au siège de parlementaire dans la 4e circonscription du Loiret. Du côté de Montargis, il entend conquérir le siège du député LR sortant, qui ne se représente pas. Mais sur le terrain, le candidat de la Nupes Bruno Nottin lui fait de l'ombre en misant sur un atout désarçonnant : le sosie du ministre, qui distribue des tracts à l'effigie de "Jean-Michel Planquer". 

Nour Durand-Raucher, élu écologiste de Paris, s'était fait remarquer sur les réseaux sociaux en janvier dernier, lors d'une mobilisation pour protester contre la gestion du Covid-19 dans les écoles. Il s'est posté ces derniers jours devant la permanence de campagne de Jean-Michel Blanquer à Montargis aux côtés de militants parés de leurs maillots de bain : le collectif "Ibiza", né lors de la polémique sur le protocole sanitaire élaboré par l'ancien ministre pour la rentrée de janvier depuis l'île des Baléares. 

"L'esprit satirique français, c'est important", a répondu avec distance le candidat macroniste auprès de France Inter. Quant aux accusations de parachutage, "ce n’est pas le sujet, le sujet c’est qu’est-ce que je peux apporter", a-t-il lancé. Selon un récent sondage Ifop, Jean-Michel Blanquer attirerait 23% des électeurs, devancé par le RN Thomas Ménagé (28%) et talonné par le candidat de la Nupes (22%). 

Eric Dupond-Moretti insulté par un fiché S d'extrême droite

Enfin, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, reconduit pour ce nouveau mandat, n'a pas échappé non plus à un accrochage de terrain, mais bien plus violent. S'il ne s'est pas présenté aux législatives, il tractait lundi en soutien à la députée Horizons Naïma Moutchou à Ermont, dans le Val-d'Oise, quand il a été pris à partie en fin d'après-midi par un homme fiché S d'extrême droite, qui a été arrêté et placé en garde à vue ensuite. 

"Un individu l'a insulté. Il a été écarté par le service de sécurité et interpellé par la police du Val-d'Oise qui était non loin", a déclaré une source policière à l'AFP. Selon la Chancellerie, il aurait "tenu des propos très véhéments, citant le nom de Damien Rieu (responsable de la communication de Reconquête!) et d'autres du mouvement identitaire". Le suspect "voulait apparemment en découdre avec nous alors que nous échangions paisiblement avec des habitants à Ermont", mais "nous ne cèderons pas aux intimidations", a réagi la candidate sur Twitter.


Maëlane Loaëc

Sur le
même thème

Articles

Tout
TF1 Info