Après un accord historique entre LFI et les Verts en vue des législatives, le leader insoumis souhaite aussi convaincre les autres partis de gauche de s'allier avant mardi.
Cette date anniversaire fait écho au raz de marée du Front Populaire lors des législatives de 1936, un symbole d'union victorieuse à gauche.

L'accord a été arraché dans la nuit de dimanche à lundi : la France insoumise et Europe Écologie-Les Verts sont parvenus à s'entendre aux termes de négociations fiévreuses en vue des législatives, prévues en juin, en signant la "Nouvelle Union populaire écologique et sociale" (NUPES). Une union historique pour des partis qui se sont régulièrement écharpés ces dernières années, et en particulier ces tout derniers mois, dans la bataille électorale de la présidentielle. Désormais, LFI espère que cette première victoire saura convaincre le PS et le PCF, avec qui les tractations sont toujours en cours, de sauter également le pas. 

Mais pour le chef de file insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui s'était hissé en troisième homme du scrutin présidentiel et se rêve dorénavant Premier ministre, le temps presse. Quelques heures avant que les deux formations politiques n'aboutissent à un accord, le député des Bouches-du-Rhône avait assuré avant le départ du défilé du 1er-Mai que "nous sommes à quelques millimètres de nous entendre tous",  et que "le 3 mai prochain, à la mémoire du Front populaire, nous aurons signé et nous aurons la nouvelle Union populaire".

Cette échéance renvoie au 3 mai 1936, date de la victoire du Front Populaire dans les urnes au second tour des législatives, un triomphe qu'espère ressusciter le leader insoumis, près d'un siècle plus tard. L'union des gauches, qui rassemblait socialistes, communistes, divers gauche et radicaux, avait alors obtenu 386 sièges contre 222 pour la droite, et ainsi propulsé le leader socialiste Léon Blum à la tête du gouvernement. 

Le premier gouvernement socialiste dans l'histoire de France

Ce Front Populaire s'est constitué dès 1934 avec un accord passé entre la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) et du Parti communiste français (PCF) face à la menace grandissante du fascisme dans l'Hexagone, miné par des ligues d'extrême-droite de plus en plus actives, tandis qu'à l'étranger le nazisme gagne du terrain en Allemagne. Ils sont rejoints par le parti radical et les syndicats comme la CGT socialiste et la CGTU communiste. Au total, ce sont 99 organisations et partis de gauche qui défilent le 14 juillet 1935 lors d'un "Rassemblement populaire", qui enregistre 500.000 participants.

Le Comité national du Rassemblement populaire qui naît de cette mobilisation se donne pour ligne de mire les élections de mai 1936, en obtenant un accord de désistement mutuel au second tour entre les différents candidats de gauche. À l'issue du scrutin, un gouvernement socialiste émerge pour la première fois en France. 

Il laisse une marque durable en signant quelques mois après, dans la nuit du 7 au 8 juin 1936, les accords de Matignon, un lot de mesures historiques comme la revalorisation des salaires et l'exercice du droit syndical, avec l'instauration de conventions collectives du travail. Ils sont complétés par des lois sur les congés payés, qui accordaient quinze jours de vacances aux salariés, et sur la limitation du temps de travail hebdomadaires à 40 heures, au lieu de 48 jusque-là.

L'expérience est toutefois restée de courte durée, puisque le Front populaire se rompt dès janvier 1938, n'étant pas parvenu à dépasser une crise économique paralysante ni à fédérer véritablement les différentes forces politiques qui le composaient. Dès le début, le gouvernement de Léon Blum bénéficiait seulement d'un "soutien sans participation" des communistes, avant que socialistes et radicaux ne campent également sur des positions irréconciliables. En une poignée d'années, le Front Populaire est néanmoins parvenu à engager des conquêtes sociales historiques, notamment en matière de droit du travail.


Maëlane LOAËC

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