Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

Législatives : la Première ministre Elisabeth Borne sera bien candidate dans le Calvados

Maëlane Loaëc
Publié le 17 mai 2022 à 9h49, mis à jour le 17 mai 2022 à 12h44
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Source : JT 20h Semaine

La nouvelle locataire de Matignon reste candidate dans la 6e circonscription du Calvados.
Elle s'était défendue de tout parachutage en mettant en avant des racines familiales.
Si elle obtient le siège, elle conservera ses fonctions de Première ministre.

Tout juste entrée à Matignon après une passation de pouvoir avec Jean Castex, lundi 16 mai, Elisabeth Borne ne souhaite pas pour autant se retirer de la course au Palais Bourbon : la nouvelle Première ministre maintient sa candidature aux législatives, échéance prévue pour les 12 et 19 juin. Elle avait annoncé avant sa nomination qu'elle se présenterait dans la 6e circonscription du Calvados, à Vire-Évrecy. 

Le délégué général de La République en marche, Stanislas Guerini, a confirmé sur Twitter que la nouvelle locataire de Matignon resterait en campagne : "Elisabeth Borne est une femme d’engagement. Elle est et restera candidate aux élections législatives", a-t-il écrit. Avant de poursuivre : "C’est toute la différence avec ceux qui disent 'élisez moi' à une élection où ils ne sont pas candidats". Une attaque adressée sans le nommer à Jean-Luc Mélenchon, initiateur de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), nouvelle alliance de gauche pour les législatives, qui espère décrocher une majorité à l'Assemblée et ainsi prendre la place d'Elisabeth Borne sans pour autant se présenter lui-même à l'élection.

"Je suis moi aussi en campagne dans la 6e circonscription du Calvados, je maintiens évidemment ma candidature", a confirmé la cheffe du gouvernement mardi matin lors d'une réunion avec la majorité présidentielle, appelant à obtenir "la majorité la plus large possible"

Le candidat de la Nupes, l'Insoumis Noé Gauchard, a réagi à l'annonce du maintien de la candidature de sa concurrente. Estimant que celle-ci partage avec Emmanuel Macron "un bilan désastreux à tous égards", il voit en elle l'une des "figures les plus dures de la maltraitance sociale macroniste", reprenant les mots de Jean-Luc Mélenchon, avant de lui reprocher entre autres "la baisse d'allocations pour un million de chômeurs" et d'avoir "ouvert à la concurrence du rail et de la RATP". Mettant en avant son ancrage familial dans le département, il annonce qu'il lui "fera face" et appelle à "tourner la page de l'ancien monde que représentent M. Macron et ses ministres"

La nouvelle cheffe du gouvernement, deuxième femme à occuper ces fonctions sous la Ve République mais qui n'a jamais été élue, avait annoncé au début du mois sa candidature dans cette 6e circonscription du Calvados, pour y succéder au député LaREM sortant, Alain Tourret, qui avait gardé son siège pendant 15 ans et ne s'y représentait pas. Samedi, à la veille de sa nomination, son compte officiel de campagne sur Twitter affirmait toujours qu'elle défendrait "une majorité présidentielle forte et au service des territoires" sur les terres normandes.

Bien qu'elle soit née dans le 15e arrondissement parisien, l'ancienne préfète de l'ex-région Poitou-Charentes a réfuté tout parachutage lors de son premier déplacement de campagne à Vire le 6 mai dernier. "Le Calvados, c'est le berceau de ma famille", "mon grand-père a été pendant de nombreuses années maire de Livarot et j'ai beaucoup d'attaches dans ce département", avait-elle expliqué à France 3.

En cas de victoire, son suppléant occupera le siège

Elle avait alors affirmé que si Emmanuel Macron venait à la choisir pour Première ministre, cela ne menacerait en rien sa candidature. "Si le président me fait de nouveau confiance, c'est mon suppléant, Freddy Sertin, qui sera à l'Assemblée nationale", avait-elle indiqué, ajoutant qu'elle continuerait à "tenir des permanences dans cette sixième circonscription". La loi interdit en effet le cumul d'un mandat de parlementaire avec la fonction de membre du gouvernement. 

Le pari reste de taille pour la nouvelle Première ministre : en 2017, l'Élysée avait annoncé que les ministres battus dans leur circonscription aux législatives devaient démissionner du gouvernement. Il avait en fait reconduit une règle édictée dix ans plus tôt, dont Alain Juppé avait fait les frais. Alors numéro 2 du gouvernement de François Fillon, sous le mandat de Nicolas Sarkozy, il avait été battu à Bordeaux et avait dû quitter ses fonctions de ministre de l'Écologie. 

En 2017, Alain Tourret avait remporté la 6e circonscription du Calvados avec 68,34 % des suffrages contre le candidat du Front national Jean-Philippe Roy. Lors du scrutin présidentiel, Emmanuel Macron était arrivé en tête avec 30,8% des voix au premier tour, contre Marine Le Pen (26,8% des bulletins) et Jean-Luc Mélenchon (17,7%). Au second tour, le président réélu avait obtenu 56,9% des voix.


Maëlane Loaëc

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