Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

Législatives : le RN en bonne voie pour obtenir un groupe à l'Assemblée, selon les sondages

Maëlane Loaëc
Publié le 15 juin 2022 à 19h26
JT Perso

Source : TF1 Info

Le parti de Marine Le Pen serait capable de décrocher 20 à 40 sièges au Palais Bourbon, selon le dernier sondage Ifop-Fiducial pour LCI.
Un résultat bien loin des plus de 100 députés escomptés par le RN, mais suffisant pour lui garantir un groupe.
En 2017, il n'avait envoyé que huit députés à l'Assemblée Nationale.

Dans la dernière ligne droite de la campagne des législatives, le Rassemblement National semble afficher des ambitions bien au-dessus de ses moyens. Invitée sur France 2 mardi soir, Marine Le Pen a assuré que son parti, "le premier parti de France" à l'issue de ce scrutin selon elle, est en mesure d'envoyer "100 députés, voire plus", à l'Assemblée Nationale. Les sondages eux, prédisent pourtant tout au plus 40 sièges pour le parti d'extrême droite, qui signerait toutefois une percée historique.

Selon la dernière enquête Ifop-Fiducial pour LCI, à quatre jours du second tour, le RN obtiendrait 20 à 40 sièges, une projection légèrement revalorisée par rapport aux précédents sondages, à l'heure même où Marine Le Pen cherche à réaffirmer sa posture de première opposante à Emmanuel Macron, en adoptant un ton plus offensif dans la campagne et en revoyant ses objectifs à la hausse pour ses candidats. La semaine passée, notre sondage publié juste avant le premier tour créditait le parti de la finaliste malheureuse de la présidentielle de 15 à 35 députés. Un léger reflux, après des projections bien plus optimistes fin mai et début juin, qui montaient au plus à 50 sièges. 

Le RN attend depuis 1986 de décrocher à nouveau un groupe

La formation politique se hisserait dans tous les cas à la quatrième place dans l'Hémicycle, derrière le groupe de droite rassemblé autour des Républicains, qui remporterait 40 à 65 sièges selon notre dernier sondage. Et ce, alors même qu'ils ont obtenu 10,4% des voix à l'issue du scrutin dimanche, contre 18,7% pour le RN. Mais malgré ce potentiel revers, avec un résultat bien en deçà de ses espérances, le parti d'extrême droite parviendrait toutefois à se dégager un groupe au Palais Bourbon en dépassant la barre des 15 députés, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui : en 2017, seuls huit de ses candidats étaient parvenus à arracher un siège, dont Marine Le Pen. Si bien qu'ils avaient été relégués au rang des non-inscrits. 

Dans son histoire, le RN n'a obtenu qu'une seule fois un groupe à l'Hémicycle, lors des législatives de 1986, lorsqu'il avait décroché 35 sièges. Mais le vote relevait encore de la proportionnelle départementale. Le parti est d'ailleurs depuis plusieurs années un fervent partisan de la représentation proportionnelle à l'Assemblée, susceptible de lui conférer bien plus de sièges que l'actuel scrutin majoritaire, Marine Le Pen ayant rassemblé 41,45% des suffrages au second tour de la présidentielle. 

Un lot d'avantages

S'il dispose à nouveau d'un groupe, le RN profitera d'un lot d'avantages : à la clé, les postes de responsabilité à l'Assemblée, à la tête du Bureau ou des commissions, et les sièges dans les commissions permanentes (consacrées par exemple aux affaires économiques ou étrangères), qui sont répartis entre les groupes en fonction de leur nombre de députés, selon le site Vie Publique. Quant au temps de parole, les députés RN ne seront plus obligés de le partager avec les autres députés non-inscrits, comme ils y étaient contraints jusque-là. D'autant que ces interventions ont été limitées à cinq minutes par groupe en 2019

Lire aussi

Les groupes disposent aussi de prérogatives spécifiques, comme la création d'une commission spéciale. Sans compter les moyens matériels et financiers mis à leur disposition : embauche de collaborateurs, bureaux et salles de réunion réservés, mais aussi une dotation spécifique pour leur fonctionnement, en sus des subventions publiques accordées aux partis en fonction du nombre de sièges obtenus. Un apport non négligeable pour un parti endetté à hauteur de 24 millions d'euros.  Selon Libération, les partis s'étaient partagés environ 10 millions d’euros en 2017. 


Maëlane Loaëc

Sur le
même thème

Articles

Tout
TF1 Info