Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

Élections législatives 2022 : les résultats dans les circonscriptions d'Outre-mer

La rédaction de TF1info
Publié le 19 juin 2022 à 20h07, mis à jour le 19 juin 2022 à 21h52
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Les collectivités ultramarines ont principalement mis en tête des députés soutenus par la Nupes.
La majorité présidentielle garde un ancrage à Saint-Barthélémy, à Wallis-et-Futuna ou encore en Nouvelle-Calédonie.
Les taux d'abstention y ont cependant été importants.

Dans les Outre-mer et en Polynésie, qui votent un jour plus tôt que dans le reste de la France, ce sont des candidats soutenus par la Nupes qui ont été principalement élus. Les électeurs de Guyane, de Martinique ou encore de Guadeloupe ont préféré le renouvellement, en envoyant de nouveaux députés à l'Assemblée nationale. La tout juste ministre déléguée à la Mer Justine Bénin, députée sortante soutenue par Ensemble ! en a fait les frais en étant battue au second tour.

La Guadeloupe acquise à la gauche...

Ce sont quatre députés, classés divers gauche par le ministère de l'Intérieur, qui ont été élus en Guadeloupe. Dans la première circonscription, le député sortant Olivier Serva, ex-LREM et soutenu par LFI pour le deuxième tour, non sans provoquer des remous au sein du parti, a été élu avec 74,04%. Il bat un autre candidat étiqueté divers gauche par le ministère de l'Intérieur, Dominique Biras (25,96%).

Dans la deuxième circonscription, Christian Baptiste, candidat de la Nupes, a été élu avec 58,65% des suffrages face à la députée sortante Justine Bénin récemment nommée secrétaire d'État à la Mer (41,35%). Dans la troisième circonscription, c'est le député sortant Max Mathiasin, arrivé en deuxième position au premier tour derrière le candidat du RN Rody Tolassy, qui l'emporte finalement avec 52,12% des voix.

Dans la quatrième circonscription, sans suspense, Elie Califer, soutenu par LFI, a été élu avec 100% des suffrages exprimés. Il était le seul candidat en lice après le désistement de son adversaire Marie-Luce Penchard. En Guadeloupe en général, l'abstention a de nouveau été très forte avec moins de 28,23% de participation.

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Plus élevée qu'au premier tour, la participation en Martinique est demeurée très faible puisque tout juste un quart des électeurs se sont rendus aux urnes (25,71%, en hausse 4 points par rapport au premier tour). Cela a profité à Jiovanny William, Marcellin Nadeau, et Johnny Hajjar, soutenus par LFI et qui découvriront pour la première fois de leur carrière politique les bancs de l'Assemblée nationale. Ils ont été élus respectivement dans la première (Centre), deuxième (Nord) et troisième circonscription (Fort-de-France) de la Martinique.

Dans la quatrième circonscription (Sud), Jean-Philippe Nilor, étiqueté "régionaliste" par le ministère de l'Intérieur, a été élu pour la troisième fois consécutive dans la quatrième circonscription. Fondateur du parti indépendantiste Péyi-A, il était membre du groupe dirigé par les communistes à l'Assemblée nationale lors de son précédent mandat.

Un renouvellement de députés en Guyane

En Guyane, dans la première circonscription, qui compte la préfecture Cayenne, c'est Jean-Victor Castor qui va devenir député, face une autre candidate "régionaliste", Yvane Goua. Militant du Mouvement de décolonisation et d'émancipation sociale dont il est l'un des cofondateurs, Jean-Victor Castor est un fervent partisan de l'évolution statutaire du territoire.

Dans la deuxième circonscription, Lénaïck Adam, qui était soutenu par la majorité présidentielle, est délogé de son siège de député par Davy Rimane. Le syndicaliste, soutenu par LFI, engrange 54,12% des suffrages exprimés. Lors du second tour, l'abstention a reculé dans les deux circonscriptions.

Des députés Ensemble ! à Saint-Pierre-et-Miquelon et à Saint-Barthélemy

Frantz Gumbs, le candidat divers-centre soutenu par la majorité présidentielle Ensemble ! a été élu député dans la circonscription de Saint-Barthélémy et Saint-Martin. Il recueille 67,21% des suffrages exprimés, soit 3921 voix. Le taux de participation a été très faible sur les deux îles, à 24,56%, soit près de deux points de moins qu'en 2017 (26,11%).

À Saint-Pierre-et-Miquelon, après un duel serré, l'ancien président de la collectivité territoriale (2017-2020) Stéphane Lenormand (AD, divers droite) a été élu député de ce territoire à l'unique circonscription, avec 50,36% des suffrages, face à Olivier Gaston. Seules 19 voix séparent les deux candidats et 186 bulletins nuls ont été enregistrés.

Des députés indépendantistes en Polynésie

Dans les trois circonscriptions de cette collectivité ultra-marine, un duel opposait un autonomiste, soutenu par le président du gouvernement local Edouard Fritch et par Ensemble!, à un indépendantiste soutenu par la Nupes. Dans la première, Nicole Bouteau, largement en tête au premier tour, est battue (49,12%) par un jeune indépendantiste de 21 ans, Tematai Le Gayic (50,88%), qui pourrait devenir le benjamin de l'Assemblée nationale.

Dans la deuxième circonscription, Steve Chailloux (58,89%), un jeune professeur de tahitien indépendantiste l'emporte face à Tepuaraurii Teriitahi (41,11%), la présidente de groupe de son parti autonomiste à l'Assemblée de la Polynésie française. Dans la troisième, c'est le député sortant et indépendantiste Moetai Brotherson (61,32%) qui est réélu sans surprise. 

Des députés macronistes en Nouvelle-Calédonie et à Wallis et Futuna

Philippe Dunoyer et Nicolas Metzdorf, tous deux membres d'une coalition loyaliste récemment créée et rattachée au parti présidentiel, ont remporté leur duel face aux candidats indépendantistes du FLNKS. Le premier est réélu haut la main avec 66,40% des voix dans la première circonscription qui recouvre Nouméa et l'archipel des Loyauté. Il a bénéficié du report des voix LR, qui avait appelé à le soutenir entre les deux tours, et d'un rebond de la participation.

Dans la deuxième circonscription, Nicolas Metzdorf, 34 ans, bat nettement l'indépendantiste Gérard Reignier alors que les deux candidats étaient au coude à coude à l'issue du premier tour. 

À Wallis-et-Futuna, le duel entre les deux candidats se revendiquant de la majorité présidentielle, sans avoir été officiellement investis, a été extrêmement serré. Mikaele Seo, en lice avec le soutien de la majorité au pouvoir à l'assemblée territoriale, n'a en effet engrangé que 16 voix de plus que son adversaire Etuato Mulikihaamea, issu de la société civile. 

Six candidats sur sept soutenus par la Nupes à la Réunion

À la Réunion, les candidats soutenus par la Nupes ont également la côte, puisque six sur sept siégeront à leurs côtés à l'Assemblée nationale. Tous les députés sortants, soutenus par l'alliance de la gauche, retrouvent leur poste. C'est le cas, dans la première circonscription, de Philippe Naillet (PS) réélu avec 60,68% des suffrages face au divers droite Jean-Jacques Morel (39,32%). Karine Lebon, divers gauche, retrouve très facilement son siège dans la deuxième circonscription, avec 69,40% des voix, battant Audrey Fontaine soutenue à la fois par LR et Renaissance.

Dans la cinquième circonscription, Jean-Hugues Ratenon retourne aussi à l'Assemblée nationale avec 62,81% suffrages. Trois nouveaux venus en politique font aussi leur entrée au palais Bourbon. Dans la quatrième circonscription, Emeline K/Bidi (divers gauche) rassemble 61,33% des voix. Le divers gauche Frédéric Maillot, vice-président du conseil régional, remporte le siège de la sixième circonscription avec 52,99%. Dans la septième circonscription, où le sortant LR Jean-Luc Poudroux ne se représentait pas, c'est Perceval Gaillard (LFI) qui l'emporte avec 51,24% des voix battant son adversaire, le centriste Thierry Robert pourtant en tête au premier tour.

En ballotage défavorable à l'issue du premier tour dans la troisième circonscription, Nathalie Bassire (LR) est parvenue à renverser la tendance. Elle a conservé son siège avec 51,87% des suffrages contre 48,13% à Patrice Thien Ah Koon (sans étiquette).

Un discours sécuritaire très présent à Mayotte

À Mayotte, Mansour Kamardine (LR) a été réélu dans la deuxième circonscription, commençant donc un troisième mandat. Dans la première circonscription, c'est Estelle Yousouffa, une nouvelle venue en politique sans étiquette au discours sécuritaire, qui a été élue avec 59,24% des suffrages.

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