La Nupes, l'alliance de gauche à l'Assemblée nationale

Législatives : malgré l'accord Nupes-PS, Lamia El Aaraje se maintient jusqu'au bout à Paris

Aurélie Loek
Publié le 17 juin 2022 à 19h04
JT Perso

Source : TF1 Info

En dépit de l'accord national conclu entre le PS et LFI, les deux mouvements étaient représentés lors de la campagne des législatives dans la 15e circonscription parisienne.
Largement distancée dans les résultats lors du premier tour, Lamia El Aaraje, candidate PS, s'est tout de même maintenue.

Alors que la campagne des législatives se termine le 17 juin au soir, les équipes de Lamia El Aaraje comme de Danielle Simonnet ont jusqu'au bout parcouru les rues du 20e arrondissement de Paris, tractant et tentant de convaincre les électeurs. Les candidates, respectivement investies par le Parti socialiste et la Nupes, se sont qualifiées pour le second tour des législatives. Dans cette circonscription ancrée à gauche, Danielle Simonnet a obtenu 47,11% des voix, arrivant largement devant Lamia El Aaraje, qui a recueilli 17,87% des suffrages. 

Une déclaration d'Olivier Faure "qui n'engage que lui"

Toutes deux ont décidé de poursuivre leur campagne. Ce choix n'était pas si évident. Dans cet entre-deux-tours, dans certaines circonscriptions où deux candidats de gauche se sont qualifiés, l'un a pu se retirer au profit de l'autre. C'est le cas, par exemple, en Seine-Saint-Denis, où la candidate divers gauche Virginie de Carvalho s'est retirée au profit de la sortante et candidate Nupes Clémentine Autain. Le maire de Stains et dissident PCF, Azzedine Taïbi, s'est également retiré, malgré ses 21,43%, laissant la voie libre à la communiste investie par la Nupes, Soumya Bourouaha, arrivée en tête avec 36,13% des voix.

Un retrait dans la 15e circonscription de Paris a même été souhaité par le secrétaire général du PS lui-même, au soir du premier tour. "Effectivement, moi je soutenais Lamia El Aaraje mais la réalité des chiffres, c'est évidement que Danielle Simonnet est loin devant. Je pense qu'il n'y aura qu'une seule candidate au second tour dans cette circonscription", déclarait Olivier Faure. Et d'ajouter : "Danielle Simonnet est très proche de la victoire et je vois mal comment Lamia El Aaraje pourrait se maintenir et avoir une chance de l'emporter."

De son côté, Danielle Simonnet a soutenu un retrait de son adversaire, interrogeant "l'utilité politique du maintien de la candidature de Lamia El Aaraje". Mais cette dernière a défendu la continuité de sa campagne, souhaitant incarner le "pluralisme". "Les électeurs m'ont placée au second tour, c'était un signe qu'il fallait se maintenir, la question ne se posait pas", a répondu la socialiste à TF1info, s'interrogeant même sur la "cohérence" d'un retrait. Elle a par ailleurs été surprise qu'Olivier Faure ne l'appelle pas lui-même avant une telle déclaration, un proche confiant que "ses déclarations n'engageaient que lui".

Une campagne émaillée par les polémiques

Il faut dire que la campagne des législatives dans cette circonscription a été émaillée de plusieurs dissensions au niveau local, alors même que nationalement, l'entente entre le PS et les autres partis de gauche était au beau fixe. L'accord de la Nupes a effectivement investi la figure et cadre LFI Danielle Simonnet, alors même que Lamia El Aaraje avait déjà lancé sa campagne dans cette circonscription. Elle s'est donc maintenue, devenant la seule candidate dissidente à recevoir malgré tout l'investiture du Parti socialiste.

Durant sa campagne, les soutiens du PS n'ont d'ailleurs pas manqué pour cette proche d'Anne Hidalgo. La candidate a effectivement reçu les anciens premiers ministres Lionel Jospin ou Bernard Cazeneuve, ou le soutien du sénateur de Paris David Assouline. Au vu des résultats du premier tour, cela n'aura pas suffi, l'entourage de Lamia El Aaraje reconnaissant avoir sous-estimé "l'effet Nupes" dont aurait bénéficié la candidature de Danielle Simonnet.

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Le second tour permettra de confirmer ou non la revanche de l'élection législative partielle qui s'était tenue en juin 2021. Déjà, les deux femmes, toutes deux conseillères municipales à la mairie du XXe arrondissement, s'étaient affrontées. C'était alors Lamia El Aaraje qui s'était imposée. L'élection avait cependant été annulée par le Conseil constitutionnel en janvier 2022, en raison de la présence d'un imposteur parmi les candidats, privant malgré elle la socialiste de son siège. Quelques mois plus tard, la conjoncture politique pourrait à nouveau l'empêcher de siéger.


Aurélie Loek

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