Ce dimanche, les Français sont appelés aux urnes pour le premier tour des élections législatives.
Ministres, anciens membres du gouvernement, leaders politiques... Voici les 30 circonscriptions à suivre.

Un mois et demi après la réélection d'Emmanuel Macron, les Français vont désormais choisir leurs représentants à l'Assemblée nationale. Ce dimanche 12 juin, les quelque 48 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour le premier tour des élections législatives. À l'issue du scrutin, 577 députés seront élus, un dans chaque circonscription. Voici les 30 territoires particulièrement scrutés.

Elisabeth Borne, une Première ministre confortée ?

La première circonscription dans l'œil du viseur est la 6ᵉ du Calvados. C'est ici qu'Elisabeth Borne a choisi de s'implanter pour sa toute première élection, bien avant d'être nommée à Matignon. Désormais Première ministre, elle doit impérativement l'emporter pour conserver son poste de cheffe du gouvernement, car les ministres défaits devront démissionner. Et ce n'est pas gagné d'avance : au premier tour de la présidentielle, Emmanuel Macron n'y a devancé Marine Le Pen que de quatre longueurs.

Au total, en plus d'Elisabeth Borne, 14 ministres sont en lice dans ces législatives. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin se lance dans la 10e circonscription du Nord, dans laquelle les résultats d'Emmanuel Macron, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se tenaient dans un mouchoir de poche le 10 avril dernier. Autres circonscriptions à suivre : la 1ʳᵉ de l'Isère, où se présente Olivier Véran, la 6ᵉ de l'Essonne, avec la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin, la 5ᵉ de l'Ain, celle du controversé ministre Damien Abad, et la 7ᵉ de Paris, avec le ministre délégué chargé de l'Europe Clément Beaune. Les résultats de la présidentielle laissent augurer de bons scores pour la Nupes dans ces territoires.

Des membres du gouvernement battus ?

Plusieurs membres du gouvernement se présentent dans des circonscriptions difficiles pour la majorité. C'est notamment le cas de la nouvelle ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, dans la 6ᵉ circonscription du Pas-de-Calais. Malgré son statut de députée sortante - elle y est élue depuis 2012 -, sa réélection semble loin d'être acquise, alors que Marine Le Pen l'a emporté au premier (37,8%) comme au deuxième tour (57,7%) de la présidentielle. Le ministre du Commerce extérieur, Franck Riester, est, lui aussi, menacé par le Rassemblement national dans la 5ᵉ circonscription de Seine-et-Marne, Marine Le Pen ayant devancé le président de la République au premier tour (27,4% contre 25,8%).

La ministre de la Mer et députée sortante de la 2ᵉ circonscription de Guadeloupe, Justine Bénin, part de plus loin. Dans ce territoire, la majorité présidentielle n'est pas vraiment populaire, à en croire les résultats des urnes d'avril dernier. Au premier tour, Jean-Luc Mélenchon avait terminé en tête avec 52,6% des suffrages, contre 14,6% pour Emmanuel Macron. Si ces scores se confirment, la place au gouvernement de la ministre sera donc en sursis.

Quel score pour Jean-Michel Blanquer ?

Outre les membres du gouvernement Borne, d'anciens ministres jouent leur avenir politique lors de ce scrutin. À commencer par Jean-Michel Blanquer, ex-ministre de l'Éducation nationale. Il se présente pour la première fois dans la 4ᵉ circonscription du Loiret. L'ancienne ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, joue, elle, sa réélection dans la 2ᵉ circonscription de la Somme. Leurs scores vont être scrutés.

Tout comme celui de l'actuel président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand. Celui qui occupe le perchoir du palais Bourbon depuis septembre 2018 brigue un troisième mandat dans la 6ᵉ circonscription du Finistère. Sera également suivi le résultat dans la 2ᵉ circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, où se présente le patron du groupe LaREM à l'Assemblée, Christophe Castaner. Dans ce territoire, Emmanuel Macron n'a terminé qu'en troisième position le 10 avril dernier.

Les leaders de la Nupes à l'épreuve des urnes

Après des jours et des nuits de négociations, les principales formations de gauche - La France insoumise (LFI), le Parti communiste (PCF), Europe Écologie-Les Verts (EELV) et le Parti socialiste (PS) - ont noué un accord pour se présenter sous une bannière commune, la Nupes, avec l'objectif d'envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon. Si le leader des Insoumis ne se présente pas, c'est son ancien directeur de campagne, Manuel Bompard, qui va tenter de lui succéder dans la 4ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône.

En revanche, les patrons des trois autres partis figurent sur la ligne de départ : le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, dans la 20ᵉ circonscription du Nord, celui d'EELV, Julien Bayou, dans la 5ᵉ circonscription de Paris, et le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, dans la 11ᵉ de Seine-et-Marne. À suivre également les scores d'Alexis Corbière dans la 7ᵉ circonscription de Seine-Saint-Denis, de François Ruffin dans la 1ʳᵉ de la Somme, de l'ancien macroniste Cédric Villani dans la 5ᵉ de l'Essonne, de la présidente du groupe LFI à l'Assemblée Mathilde Panot dans la 10ᵉ du Val-de-Marne, ou de Sandrine Rousseau dans la 9ᵉ de Paris.

En outre, la 15ᵉ circonscription de la capitale verra un affrontement entre l'Insoumise Danielle Simonnet, candidate officielle de la Nupes, et Lamia El Aaraje, dissidente socialiste qui l'avait emporté lors des législatives partielles de juin 2021, et qui se présente comme la "candidate légitime de l'union".

Éric Ciotti, nouveau leader des Républicains ?

À droite, la situation est difficile depuis la déroute de Valérie Pécresse à l'élection présidentielle. Mais le parti dirigé par Christian Jacob pourrait tout de même rester influent à l'Assemblée nationale. Avec Éric Ciotti parmi ses cadres. Le finaliste déçu du Congrès des Républicains se représente dans la 1ʳᵉ circonscription des Alpes-Maritimes. Autre ancien prétendant à l'investiture LR à la présidentielle à se présenter : Philippe Juvin. Le maire de La-Garenne-Colombes est candidat dans la 3ᵉ circonscription des Hauts-de-Seine.

Marine Le Pen et Éric Zemmour à l'Assemblée ?

La finaliste de la présidentielle, Marine Le Pen, s'imaginait sans doute un autre avenir qu'un deuxième mandat à l'Assemblée nationale. Quelques jours après sa défaite au deuxième tour, elle a toutefois annoncé se représenter dans la 11ᵉ circonscription du Pas-de-Calais. Il y a cinq ans, elle avait recueilli plus de 46% des suffrages au premier tour. Cette fois, elle pourrait être élue dès dimanche, selon notre sondage Ifop pour LCI. Nicolas Dupont-Aignan, qui s'est allié à Florian Philippot pour le scrutin, cherche de son côté sa réélection pour un sixième mandat consécutif dans la 8ᵉ circonscription de l'Essonne.

Enfin, Reconquête! espère entrer à l'Assemblée nationale, et notamment Éric Zemmour. L'ancien polémiste mène campagne dans la 4ᵉ circonscription du Var, non loin du président de "Génération Z", Stanislas Rigault, candidat dans la 2ᵉ du Vaucluse. Guillaume Peltier, seul député sortant du mouvement, joue, lui, sa réélection dans la 2ᵉ circonscription du Loir-et-Cher.


Idèr NABILI

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info