Législatives : les 35 circonscriptions à suivre pour le second tour

Publié le 14 juin 2022 à 16h50, mis à jour le 14 juin 2022 à 17h31

Source : JT 20h Semaine

Ce dimanche 19 juin, les Français des 572 circonscriptions encore en jeu doivent élire leur député pour les cinq prochaines années.
Parmi elles, 35 seront particulièrement scrutées.
Ministres, cadres de la Nupes, leaders politiques... Voici les circonscriptions à suivre.

Qui siègera au sein de la future Assemblée nationale ? Après un premier tour marqué par une abstention record et des résultats étriqués entre la majorité présidentielle et la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), les Français sont à nouveau appelés aux urnes ce dimanche 19 juin. 

Dans les 572 circonscriptions encore en jeu (cinq députés ont été élus au premier tour), ils vont devoir départager les prétendants à un siège au palais Bourbon. Voici les 35 circonscriptions à scruter tout particulièrement.

Des ministres devront-ils démissionner ?

En premier lieu, celles des ministres. Avant la campagne, le président de la République Emmanuel Macron avait prévenu : comme le veut la tradition, les membres du gouvernement défaits aux législatives devront démissionner. Quinze d'entre eux sont concernés par ce risque, dont la Première ministre Élisabeth Borne. Arrivée en tête au premier tour (34,32%), elle affronte le candidat de la Nupes Noé Gauchard (24,53%) dans la 6ᵉ circonscription du Calvados.

La cheffe du gouvernement n'est pas la seule dans cette situation. Gérald Darmanin (10ᵉ circonscription du Nord), Olivier Véran (1ʳᵉ de l'Isère), Damien Abad (5ᵉ de l'Ain), Justine Bénin (2ᵉ de Guadeloupe), Gabriel Attal (10ᵉ des Hauts-de-Seine), Yaël Braun-Pivet (5ᵉ des Yvelines), Marc Fesneau (1ᵉ du Loir-et-Cher), Olivier Dussopt (2ᵉ de l'Ardèche), et Olivia Grégoire (12ᵉ de Paris) ont, eux aussi, terminé en première position. Ce dimanche, tous seront confrontés à un candidat de la coalition menée par Jean-Luc Mélenchon. Franck Riester (5ᵉ de Seine-et-Marne) et Brigitte Bourguignon (6ᵉ du Pas-de-Calais) affronteront, eux, un candidat du Rassemblement national.

De leur côté, trois ministres devront inverser la tendance. Dans la 7ᵉ circonscription de Paris, Clément Beaune a terminé en deuxième position (35,81%). Il devra l'emporter face à Caroline Mecary (41,4%), candidate de la Nupes, pour conserver son siège de ministre chargé de l'Europe. Non loin de là, dans la 3ᵉ circonscription de la capitale, Stanislas Guerini fait face au même défi. Le ministre de la Fonction publique et patron du parti présidentiel a échoué à la deuxième place (32,5%), derrière Léa Balage El Mariky (Nupes, 38,66%). La ministre de la Transition écologique, Amélie de Montchalin, part de plus loin dans la 6ᵉ circonscription de l'Essonne. Avec 31,46% des suffrages au premier tour, elle a été devancée par Jérôme Guedj (Nupes, 38,31%).

Quel sort pour le président de l'Assemblée nationale ?

Fin juin, quelques jours après le second tour des législatives, les 577 députés devront élire le président de l'Assemblée nationale, en lieu et place de Richard Ferrand. Pour candidater à sa propre succession, l'éphémère ministre de la Cohésion des territoires devra d'abord remporter la 6ᵉ circonscription du Finistère. Au premier tour, il a devancé d'une courte tête (33,56%) la candidate de la Nupes, Mélanie Thomin (31,16%).

L'écart est encore plus mince dans la 2ᵉ circonscription des Alpes-de-Haute-Provence, celle du patron du groupe LaREM à l'Assemblée, Christophe Castaner. L'ancien ministre de l'Intérieur a recueilli à peine 300 voix de plus que son adversaire Léo Walter, représentant de l'alliance des principales formations de gauche (30,16% contre 29,3%), au premier tour.

Qui pour représenter la Nupes ?

Au coude-à-coude avec la majorité présidentielle au niveau national, la Nupes pourrait entrer en force à l'Assemblée nationale, et espère même devenir majoritaire pour propulser Jean-Luc Mélenchon à Matignon. Le leader de l'alliance de gauche ne se présente pas aux législatives, et a laissé sa 4ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône à son ancien directeur de campagne, Manuel Bompard. L'eurodéputé insoumis a obtenu plus de 56% des voix au premier tour, mais doit passer par un second face à Najat Akodad (Ensemble, 14,88%), la faute à une abstention trop importante.

Les scores des patrons des partis alliés à La France insoumise seront également scrutés. Dans la 20ᵉ circonscription du Nord, le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel (34,13%) fera face au candidat du Rassemblement national Guillaume Florquin (32,64%). Celui d'Europe Écologie-Les Verts Julien Bayou (5ᵉ de Paris), tout comme le Premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure (11ᵉ de Seine-et-Marne), affronteront de leur côté la majorité présidentielle, après un premier tour qu'ils ont largement dominé.

Seront aussi observés les scores des sortants François Ruffin (1ʳᵉ de la Somme), Cédric Villani (5ᵉ de l'Essonne), Mathilde Panot (10ᵉ du Val-de-Marne), et Adrien Quatennens (1ʳᵉ du Nord), comme celui de Danielle Simonnet (15ᵉ de Paris), opposée à la dissidente socialiste Lamia El Aaraje. La finaliste de la primaire écologiste, Sandrine Rousseau, pourrait faire son entrée à l'Assemblée nationale, après avoir terminé en tête dans la 9ᵉ circonscription de la capitale (42,9%, contre 26,77% pour le candidat de la majorité Buon Tan), tout comme l'ancien journaliste Aymeric Caron, arrivé premier dans la 18ᵉ (45,05%) devant Pierre-Yves Bournazel (35,57%), candidat de la majorité.

Marine Le Pen pour mener un groupe Rassemblement national ?

De l'autre côté de l'hémicycle, le Rassemblement national aura-t-il un groupe ? Quinze députés sont nécessaires pour cela, et Marine Le Pen a de bonnes chances d'y figurer. La finaliste des deux dernières présidentielles a survolé le premier tour de la 11ᵉ circonscription du Pas-de-Calais (53,96%), devant Marine Tondelier (Nupes, 23,43%), pour qui la majorité présidentielle a appelé à voter dimanche.

Nicolas Dupont-Aignan pourrait, lui, enchaîner un sixième mandat consécutif dans la 8ᵉ circonscription de l'Essonne. Avec 33,34%, il devance la candidate de la Nupes, Émilie Chazette-Guillet (30,5%). Dans la 6ᵉ de l'Hérault, Emmanuelle Ménard espère aussi rempiler après avoir dominé la Nupes (45,76% contre 17,05%). Pour Éric Ciotti, finaliste malheureux du congrès pour l'investiture des Républicains à la présidentielle, le premier tour a été plus serré. L'actuel député de la 1ʳᵉ circonscription des Alpes-Maritimes (31,7%) affronte Graig Monetti (25,92%), candidat de la majorité présidentielle, ce dimanche.

Ces duels à suivre

Outre toutes ces personnalités politiques, trois autres duels vont être particulièrement suivis. D'abord celui de la 4ᵉ circonscription du Loiret, dans laquelle l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a été battu. S'affronteront donc le candidat du Rassemblement national, Thomas Ménagé (31,45%), et celui de la Nupes, Bruno Nottin (19,43%).

Dans la 5ᵉ de Seine-Saint-Denis, le scrutin s'annonce particulièrement indécis. L'Insoumise Raquel Garrido y est arrivée en tête (37,9%), à l'instar de la Nupes dans toutes les circonscriptions du département. Mais l'écart sur le deuxième, qui n'est autre que le sortant et patron de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, demeure faible (33,41%).

Plus au sud, la 7ᵉ circonscription du Val-de-Marne sera aussi épiée. C'est là que se présente l'ancienne ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Au premier tour, la candidate de la majorité a recueilli 23,77% des suffrages, devancée de plus de 4000 voix par celle de la Nupes, Rachel Kéké (37,22%), porte-parole des femmes de chambre qui avaient fait 22 mois de grève pour de meilleures conditions de travail à l'hôtel Ibis des Batignolles.


Idèr NABILI

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