Élections législatives : la campagne bat son plein

Législatives : qui sont les LR qui ont déjà rejoint Emmanuel Macron ?

Justine Faure
Publié le 13 mai 2022 à 11h20

Source : JT 20h WE

Emmanuel Macron appelle au rassemblement le plus large possible pour gouverner.
Renaissance a donc investi aux législatives plusieurs personnalités issues des rangs LR.
On y trouve notamment des sarkozystes qui ont préféré se présenter sous l'étiquette de la majorité plutôt que celle de leur ancien parti.

Les Républicains pourront voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide : ils sont moins nombreux qu’annoncé à avoir fait le choix de quitter LR pour rejoindre Emmanuel Macron en vue des élections législatives. Après les 4,8% de Valérie Pécresse à la présidentielle et les appels du pied du président de la République à se rassembler pour gouverner, de nombreux députés auraient pu quitter le navire et se réfugier auprès des marcheurs. Mais s'ils sont moins nombreux que prévu, quelques-uns ont tout de même sauté le pas.

L'un des premiers à s'être retrouvé sur la liste des candidats investis par Renaissance, samedi dernier, a été Robin Reda. Ce proche de Valérie Pécresse, âgé de 30 ans et élu député depuis 2017, est candidat à sa succession dans la 7e circonscription de l'Essonne, mais sous une nouvelle étiquette. "La situation du pays exige le dépassement, politique et humain, pour réussir les réformes difficiles mais nécessaires", a-t-il justifié sur Twitter. 

L'autre prise de Renaissance s'appelle Constance Le Grip. À 61 ans, elle sera candidate dans la 6e circonscription des Hauts-de-Seine. Députée depuis 2017, elle a également été eurodéputée et conseillère municipale à Neuilly-sur-Seine. Proche de Nicolas Sarkozy, elle a été sa conseillère parlementaire entre 2002 et 2010, puis sa conseillère au ministère de l'Intérieur, à celui de l'Économie, et à la présidence de la République. Difficile de ne pas y voir une conséquence du comportement ambigu de l'ex-chef de l'État, ces derniers mois, vis-à-vis d'Emmanuel Macron. Celui qui n'a jamais apporté son soutien à Valérie Pécresse à la présidentielle avait appelé à voter Macron avant le second tour, et avait lui aussi plaidé en faveur du "rassemblement"

Renaissance a également investi Emmanuelle Haziza dans la 6e circonscription du Rhône, sous la bannière Horizons. En 2017, elle avait été candidate pour Les Républicains. Quant à Alexandra Monet, elle est investie dans la 2e circonscription de la Sarthe. Mais en 2021, alors déléguée nationale des jeunes Républicains, elle s’était présentée aux élections départementales en Loire-Atlantique sous l’étiquette divers droite. La sarkozyste Laure Miller, adjointe au maire de Reims et conseillère départementale, sera la candidate de la majorité dans la 2e circonscription de la Marne en lieu et place de Aïna Kuric, élue en 2017 mais qui avait quitté En marche en 2019. Enfin, le député LR sortant Jean-Carles Grelier, qui fut porte-parole du mouvement Libres! de Valérie Pécresse, a été investi dans la Sarthe.

Une suite logique pour Eric Woerth

D'autres ont également recueilli l'investiture Renaissance sans surprise, car ralliés à Emmanuel Macron depuis plusieurs semaines déjà. C'est le cas du président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Eric Woerth, qui a soutenu Emmanuel Macron dès février 2022 ; et de Marine Brenier, députée de la 5e circonscription des Alpes-Maritimes proche de Christian Estrosi, qui a adhéré à Horizons à la fin du mois d'avril.

Alors que toutes les investitures n'ont pas encore été distribuées dans la majorité, d'autres députés LR pourraient-ils rejoindre la majorité présidentielle ? Le plus probable est que des négociations se poursuivent, notamment pour ne pas mettre d'adversaire Renaissance face à certains députés LR sortants. Ainsi ce vendredi, la majorité a annoncé qu'elle ne mettrait pas de candidat face à Damien Abad dans l'Ain pour  "saluer la posture de responsabilité et la clarté" du patron des députés LR dans l'entre deux tours de la présidentielle lorsqu'il avait clairement appelé à voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen.


Justine Faure