Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

Législatives, J-17 : les "Confidentiels" du service politique TF1/LCI

Julien Arnaud, avec Hélène Bonnet et Matthieu Desmoulins
Publié le 26 mai 2022 à 9h23
JT Perso

Source : TF1 Info

Chaque semaine, jusqu'aux élections législatives des 12 et 19 juin, le service politique de TF1 et LCI vous propose de découvrir les coulisses de cette campagne.
Tour d'horizon de l'actualité à 17 jours du premier tour.

Il y a la campagne officielle et ses à-côtés. Jusqu'au premier tour des élections législatives 2022, le 12 juin 2022, les journalistes du service politique de TF1 et LCI vous proposent un tour d'horizon dans les coulisses de la bataille pour ce scrutin qui met aux prises l'actuelle majorité présidentielle d'Emmanuel Macron, la Nouvelle union populaire (Nupes) associant les partis de gauche derrière Jean-Luc Mélenchon, le Rassemblement national de Marine Le Pen et le mouvement Reconquête conduit par Eric Zemmour. 

Le Modem, pas content du tout !

Sur les 29 membres du gouvernement Elisabeth Borne, seulement deux sont issus du parti de François Bayrou : Marc Fesneau, le ministre de l'Agriculture et Justine Bénin, la secrétaire d'État chargée de la Mer.  "Notre apport aurait pu être plus important", a estimé l’ex-garde des Sceaux à la télévision.  Un doux euphémisme. Mais François Bayrou le répète en boucle en petit comité : il y aura d’autres ministres et secrétaires d’État Modem après les législatives ! 

"Il se rassure comme il peut", ironise un cadre de La République en marche.  "Attention à ne pas trop énerver François", prévient un autre responsable de la majorité. Un proche du président du Modem est très critique envers l’exécutif. "Rien n’a changé. Le chef de l’État et ses équipes n’ont pas tenu compte de ce que les Français nous ont dit pendant la campagne.  Il faut une autre approche pour gouverner… Et ça passe aussi par le respect de toutes les composantes politiques."  À bon entendeur...

Silence radio (ou presque) pour les ministres

Depuis lundi 23 mai, les ministres sont soumis à la période dite de "réserve républicaine". Autrement dit, interdiction, sauf exceptions, des déplacements sur le terrain des représentants de l’État. Matignon a envoyé une note à tous les membres du gouvernement avec les règles à suivre.  L’infolettre Politico et LCI ont pu consulter ce document, d’une vingtaine de lignes.  Parmi les consignes : "pour les médias et les déplacements, bien distinguer si votre ministre y va avec sa casquette ministre ou la casquette candidat / soutien des candidats"

S’il y va en tant que ministre : "pas de nouvelles annonces, pas de promotion du bilan de l’action du gouvernement, limiter les déplacements aux crises ou événements récurrents institutionnels".  Avec pour les nouveaux ministres, une permission : "la possibilité d’aller dans les médias pour se présenter et expliquer la mission/ feuille de route"

Si le ministre y va en tant que candidat (15 membres du gouvernement se présentent aux législatives) ou soutien aux candidats : "le déplacement en circonscription est possible, mais sans utiliser les moyens publics".  Voilà ce qui est écrit sur le papier. Bon courage pour la mise en pratique ! Les règles resteront en vigueur jusqu’au second tour des législatives, le 19 juin. 

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Comment le RN recrute ses candidats

Un cadre du parti de Marine Le Pen confie : "Comme à chaque fois, cela a été difficile de trouver des candidats. Les circonscriptions intéressantes, on les suit de près en commission d’investiture, mais pour le reste on fait confiance aux délégués départementaux pour trouver des gens pas trop bêtes et fidèles à la ligne de Marine".  

Selon nos informations, les candidats ont dû envoyer un CV, une lettre et un extrait de casier judiciaire. Un entretien a eu lieu avec le potentiel candidat seulement pour les circonscriptions où Marine Le Pen a fait plus de 55% au second tour de la présidentielle ou lorsqu'il y avait de grosses rivalités et qu’il fallait trancher entre plusieurs candidats. Le RN assume d'ailleurs en partie d'avoir "embauché des bleus"

La version officielle : renouvellement de la classe politique avec des gens issus des classes populaires. La version officieuse est expliquée par une note interne (révélée par Libération et confirmé à LCI) : "Le fait que M. Duchemin ou Mme Durosier soient candidats, cela joue peu sur la mobilisation des électeurs. On mobilise avant tout sur le nom de Marine !" Objectif affiché de l’ex-présidente du parti : 60 députés. Un cadre temporise : "il faut les trouver, les soixante circonscriptions ! J'en vois une trentaine où on fait d'excellents résultats, après bien sûr qu'il y aura des gens qu'on n'a pas soupçonnés, pas vu venir et qui seront élus sous nos radars".

L'après-Hidalgo se profile chez les élus PS

Un mois après la lourde défaite à la présidentielle de leur candidate, les maires socialistes, mobilisés pendant la campagne, continuent de discuter. Le dimanche soir,  un petit groupe se retrouve en visio. Sur les écrans s’affichent Nathalie Appéré (Rennes), Johanna Rolland (Nantes), Mathieu Klein (Nancy), Cédric Van Styvendael (Villeurbanne) ou encore Nicolas Meyer-Rossignol (Rouen). 

L’un des participants raconte : "c’est un temps pour parler politique. La campagne a eu le mérite de créer des liens, qui existaient, mais qui s’élargissent". Ces maires réfléchissent à la suite. Beaucoup croient à un nouvel espace "gauche-écolo dans l’action". Mais "faut-il une organisation politique maintenant ? Je ne crois pas, si on veut aller chercher des assos, des ONG..." glisse l’un d’eux.  Quand bougeront-ils ? "Est-ce qu’on donne un signal avant l’été, dès le mois de juillet ?" Rien n’est encore tranché. 


Julien Arnaud, avec Hélène Bonnet et Matthieu Desmoulins

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