Municipales : la majorité veut revoir le mode de scrutin à Paris, Marseille et Lyon

par J.F
Publié le 5 octobre 2023 à 16h15

Source : Sujet TF1 Info

Des députés de la majorité déposeront en décembre une proposition de loi visant à réformer le mode de scrutin aux élections municipales dans les trois plus grandes villes françaises.
Ils veulent permettre aux citoyens d'élire plus directement leur édile, et donner à celui-ci une plus forte légitimité.

À moins de trois ans des élections municipales, le parti de la majorité veut revoir le mode de scrutin dans les trois plus grandes villes françaises, Paris, Marseille et Lyon. L'un des dépositaires, le député Renaissance Benjamin Haddad, a expliqué sur X (ex-Twitter) qu'il s'agissait de "rendre plus direct et démocratique" le scrutin. Le but du texte est que "les Parisiens, Marseillais, Lyonnais choisissent leur maire de la même façon que le reste du pays", estime-t-il. L'autre auteur de la proposition de loi, le chef des députés Renaissance Sylvain Maillard, estime aussi que cela donnera plus de légitimité aux édiles élus dans ces trois villes. 

À Paris, Marseille et Lyon, des villes divisées en arrondissements, le mode de scrutin aux élections municipales est différent que dans les autres communes françaises. Il est encadré par la loi PLM du 31 décembre 1982 qui indique que les élections se déroulent donc au niveau des arrondissements ou secteurs, et que ce sont ensuite les conseillers municipaux élus dans chaque secteur qui élisent le maire lors du premier conseil municipal à la mairie centrale. 

Ce système rend possible l'élection d'un ou une maire qui n'a pas recueilli la majorité des voix. Ce fut le cas à Paris en 2001 avec l'élection de Bertrand Delanoë. D'où l'argument en légitimité avancé par Renaissance. Les députés de la majorité souhaitent permettre aux citoyens de voter pour leur maire d'arrondissement et pour le maire central directement.

Un serpent de mer dans la majorité

Le sujet est soulevé de longue date par le camp présidentiel. En 2020, le cas de Marseille avait fait réagir. À cause du mode de scrutin expliqué ci-dessus, l'écologiste Michèle Rubirola (qui a démissionné depuis et a laissé sa place à Benoît Payan, ndlr), largement en tête dans les urnes, a pourtant failli ne pas devenir maire. "Ce que j'ai retenu de cette élection, (...) c'est qu'il faudra sans doute revenir sur la loi dite PLM, Paris-Lyon-Marseille", avait déclaré le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand. "Cela a mis en lumière un dysfonctionnement qu'il faudra corriger, il est normal que ceux qui gagnent les élections soient ensuite en responsabilité", avait-il ajouté.

Sur cette mesure, la majorité devrait pouvoir compter sur le soutien de la droite, qui y est favorable. "Afin de répondre à un enjeu démocratique, les Parisiens doivent choisir directement leur maire. Je me suis entretenue avec le président de la République en vue de l'abrogation de la loi PLM", a par exemple fait savoir la maire du 7e arrondissement de la capitale Rachida Dati. À gauche, à la tête de ces trois villes, ce n'est pas la même histoire. "La droite parisienne et les macronistes ont pris une claque aux municipales. Ils cherchent à imposer un mode de scrutin qui leur serait plus favorable. C’est du tripatouillage électoral", a réagi Ian Brossat, sénateur communiste, ex-adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris.

"Est-ce vraiment l’intérêt des Parisiens ?"

"Avec votre proposition, les Parisiens éliraient toujours leur maire au scrutin universel indirect. En revanche, c’est la représentation politique équilibrée et déterminante des arrondissements qui serait rayée d’un trait de plume. Est-ce vraiment l’intérêt des Parisiens ?", a également commenté l'ex-maire du 10e arrondissement et sénateur socialiste Rémi Féraud.


J.F

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