Nucléaire : que retenir des annonces d'Emmanuel Macron ?

Publié le 10 février 2022 à 17h14, mis à jour le 11 février 2022 à 10h57

Source : JT 20h Semaine

Lors de sa visite d'une usine de turbines nucléaires à Belfort, Emmanuel Macron a dévoilé sa stratégie énergétique pour la France.
Le président, toujours pas officiellement candidat à la présidentielle, voudrait notamment relancer le nucléaire et donner un nouveau coup de pouce aux énergies renouvelables.

Mi-président mi-candidat, Emmanuel Macron a dévoilé, ce jeudi 10 février après-midi, son plan de relance du nucléaire civil et, plus globalement, sa stratégie énergétique pour la France. Lors de sa visite d'une usine de turbines nucléaires à Belfort (Bourgogne-Franche-Comté), il a notamment déclaré vouloir prolonger la durée de vie des réacteurs "qui peuvent l'être" et faire construire six nouveaux réacteurs EPR2. Retour sur ces annonces.

Cap sur le nucléaire

"J’ai pris deux décisions fortes : prolonger tous les réacteurs nucléaires qui peuvent l’être, sans rien céder sur la sûreté" et "qu’aucun réacteur nucléaire en état de produire ne soit fermé à l’avenir (...) sauf raison de sûreté", a annoncé Emmanuel Macron. Le président a ainsi précisé avoir demandé à EDF "d'étudier les conditions de prolongation au-delà de 50 ans".

Lors de son allocution, il a aussi dit sa volonté de faire construire, d'ici 2050, six nouveaux réacteurs nucléaires EPR et en envisager huit autres. Le premier de ces EPR nouvelle génération devrait être mis en service vers 2035. Ces réacteurs seront complétés par de petits réacteurs modulables (SMR) et des réacteurs "innovants" produisant moins de déchets, avec l'objectif de "25 gigawatts de nouvelles capacités nucléaires d’ici 2050". Une "révolution" justifiée par la hausse des besoins d'électricité. 

"Le monde de demain sera plus électrique (...) Nous devons être en mesure de produire jusqu'à 60% d'électricité en plus qu'aujourd'hui", a insisté Emmanuel Macron. Selon les projections de RTE, le gestionnaire des réseaux électriques, le verdissement des voitures et des modes de chauffage, conjugué à la décarbonation de l'industrie via l'hydrogène, vont en effet conduire à un boom de la consommation d'électricité d'ici 2050, en France comme à l'étranger.

Ces annonces ne sont ni plus ni moins qu'une volte-face par rapport aux objectifs de 2018. En novembre de cette année, il avait annoncé, lors de la présentation des grandes orientations de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), vouloir arrêter 14 réacteurs nucléaires d'ici 2035, dont quatre à six d'ici 2030. "Ce mouvement commencera à l'été 2020 avec l'arrêt définitif des deux réacteurs de Fessenheim", avait-il fait savoir. Emmanuel Macron avait d'autre part confirmé que la part du nucléaire serait ramenée à 50% de la production d'électricité à l'horizon 2035.

Un coup de boost pour les énergies "vertes"

Souhaitant en parallèle développer les énergies "vertes", Emmanuel Macron a également annoncé l'objectif de doter la France d'une cinquantaine de parcs éoliens en mer pour "viser 40 gigawatts en service en 2050". "Nous réussirons en associant largement tous les acteurs de la mer, en particulier les pêcheurs", a-t-il précisé, en estimant que "la lutte pour le climat ne devait jamais se faire au détriment de la préservation de la biodiversité et notamment des écosystèmes marins et de la ressource halieutique". Le président voudrait aussi multiplier par deux la capacité de l'éolien terrestre, dont l'augmentation est plus lente que prévu.

Afin de doubler la production issue des énergies renouvelables électriques d’ici 2030, le chef de l'État a également appelé, à Belfort (Territoires-de-Belfort), à multiplier "par près de 10 la puissance installée" de l'énergie solaire "pour dépasser 100 gigawatts".

"Il nous faut développer massivement les énergies renouvelables", a-t-il affirmé, "tout simplement parce que c’est le seul moyen de répondre à nos besoins immédiats en électricité là où il faut 15 ans pour construire un réacteur nucléaire".


La rédaction de TF1info

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