La députée et cheffe de file du RN affiche un soutien clair au nucléaire en marge de la crise du marché de l'énergie.
Certains de ses opposants pointent du doigt le revirement de Marine Le Pen sur la question.
Au fil des ans, sa position a en effet très largement évolué.

Alors que la moitié des réacteurs français sont à l'arrêt et que des craintes de pénurie d'énergie se multiplient, le Rassemblement national affiche un soutien ferme à la filière nucléaire. À l'heure où Emmanuel Macron se transforme en promoteur de la sobriété énergétique, Marine Le Pen a pointé il y a quelques jours sur LCI la responsabilité du président de la République, coupable à ses yeux d'avoir "fermé Fessenheim"

Déjà durant la campagne présidentielle, l'actuelle députée du Pas-de-Calais avait mis en avant le nucléaire, le plaçant au cœur de sa stratégie. "L’indépendance de l’approvisionnement en énergie est l’une des conditions de l’indépendance nationale", pouvait-on lire dans son programme. "Le Général de Gaulle, ses successeurs ont tous, jusqu’en 2007, préservé le joyau technologique que constituent les centrales nucléaires françaises, garantie de la production à une large échelle d’une énergie décarbonée et peu chère."

Des évolutions successives dans son discours

Parmi les opposants politiques de Marine Le Pen, du côté de LR notamment, on souligne que la cheffe de file du RN s'est montrée versatile sur la question du nucléaire. Un extrait en particulier est relayé en ligne, la montrant au micro de France Inter. En finir avec cette énergie ? Il s'agit d'un "objectif qu'il faut avoir à l'esprit", expliquait-elle, la décrivant comme "énormément dangereuse". Cette intervention, dont on peut retrouver la trace en ligne, date d'il y a plus de dix ans. Elle remonte précisément au 14 juin 2011, quelques mois à peine après la catastrophe de Fukushima. "Cette sortie qui serait positive, qui limiterait les dangers pour le monde, ne peut se faire que progressivement et doit passer par l'investissement massif dans la recherche concernant les nouvelles énergies", ajoutait Marine Le Pen. Le développement des autres modes de production, soulignait toutefois l'élue, n'était à l'époque pas suffisant pour "envisager une indépendance du nucléaire". 

Ancien, ce passage n'est pas isolé. À la même époque, sur BFMTV, l'élue du RN assumait l'expression d'énergie "dangereuse" à propos du nucléaire, et souhaitait une sortie "à terme". Des séquences qui tranchent néanmoins avec certaines prises de positions récentes de l'ancienne candidate à la présidentielle. Sur France Inter à nouveau, mais il y a seulement quelques mois, elle présentait au contraire le nucléaire comme sûr. Le fait de ne plus pouvoir rouvrir Fessenheim, à ses yeux, "ne remet pas en cause de toute façon le choix du nucléaire". Un choix "que je fais, que je fais depuis longtemps, que j'ai défendu depuis longtemps parce que c'est une énergie sûre, constante, abondante, décarbonée", renchérissait-elle.

Dès 2016, les médias soulignaient le revirement de Marine Le Pen, pour qui se passer du nucléaire reviendrait à "se tirer une balle dans le pied". Une position exprimée à l'époque lors d'une "convention écologie" organisée par ce qui était à l'époque encore le Front national. La députée plaidait à l'époque également pour qu'EDF redevienne "100% public", rapportait Le Monde. Ce qui fait écho à la décision de renationaliser l'entreprise décidée cet été par le gouvernement. 

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Thomas DESZPOT

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