Alors que les rumeurs de remaniement vont bon train, la Première ministre a-t-elle réussi à sauver sa tête ?
Ce lundi, Emmanuel Macron a redit qu'Elisabeth Borne avait sa "confiance" et qu'elle présenterait "dans les quinze premiers jours de juillet" le point sur plusieurs réformes du gouvernement.
Des indices qui laissent penser que la cheffe du gouvernement a grapillé un sursis.

La précision de calendrier n'est pas anodine. Ce lundi dans un entretien à La Provence, Emmanuel Macron a déclaré : "On aura dans les quinze premiers jours de juillet à présenter la nouvelle stratégie de finances publiques, les avancées sur l'immigration et la planification écologique et Elisabeth Borne le fera". Des propos qui plaident en faveur du maintien de la Première ministre à Matignon. 

En effet, le 14 juillet, le chef de l'Etat doit faire le bilan des "100 jours" décrétés mi-avril pour tourner la page des retraites. Or, le camp présidentiel s'attend à ce qu'un remaniement ministériel plus ou moins vaste intervienne avant cette date. Mais l'interview au quotidien tend à confirmer que la suite du quinquennat devrait se jouer avec la même cheffe de gouvernement.

"Est-ce que présenter le bilan veut dire être à la manœuvre pour la suite ? On a encore un petit doute, mais effectivement, cela ressemble plus à un maintien à court terme", a avoué un cadre de la majorité relative à l'AFP. "Elle a le soutien et la confiance du président de la République, de tous les ministres qui se sont engagés derrière elle", a confirmé sur LCI le ministre de la Transformation et de la Fonction publique Stanislas Guerini

Aussi, le chef de l'Etat a réaffirmé que la cheffe du gouvernement était "courageuse", à la tâche et qu'elle avait sa "confiance". Certes, sans grandes effusions ni grande chaleur. "Elle a ma confiance puisqu'elle est à la tête du gouvernement", a-t-il justifié dans La Provence. 

De l'eau dans le gaz entre Macron et Borne ?

Cela fait plusieurs mois que la relation entre Emmanuel Macron et Elisabeth Borne est décrite comme froide et tendue, certains assurant qu'ils "ne peuvent plus se voir en peinture". Il y a quelques semaines, le président avait semblé remonter les bretelles de la Première ministre en Conseil des ministres à propos de la manière de contrer le Rassemblement national (RN), après qu'Elisabeth Borne avait estimé que le parti de Marine Le Pen était un "héritier de Pétain". Le couple exécutif avait alors multiplié les déclarations pour assurer que leur relation était "fluide".

Elisabeth Borne semble avoir sauvé sa peau sans remplir tout à fait l'objectif fixé en mars dernier par Emmanuel Macron d'élargir la majorité. "Le mandat que je lui ai donné, c'est de continuer à élargir cette majorité autant qu'elle le pourra, avec les femmes et les hommes de bonne volonté qui de droite et de gauche sont prêts sur les priorités que j'ai fixées à avancer avec elle", avait-il déclaré au cours d'un entretien sur TF1 et LCI.

Aussi, le remaniement attendu, s'il a lieu d'ici au 14 juillet comme, ne devrait concerner que quelques ministres. Les ministres les plus discrets, issus de la société civile, sont les plus en danger. Il s'agit de Pap Ndiaye (Education nationale), François Braun (Santé), Jean-Christophe Combe (Solidarités). Marlène Schiappa, affaiblie par sa mise en cause dans l'affaire du fonds Marianne, pourrait être exfiltrée.


J.F.

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