Le chef de l’État prend ce mardi soir la direction de la Nouvelle-Calédonie.
Il compte y rencontrer les principaux responsables politiques, loyalistes et indépendantistes.

Quand la porte-parole du gouvernement annonce que le Président s’envolera dès ce soir pour Nouméa, les journalistes présents dans la salle lui demandent de répéter pour être sûrs qu’ils aient bien compris. Fait rare, l’annonce n’avait pas fuité. Lundi soir encore, avant le Conseil de Défense consacré à la crise calédonienne, les débats portaient surtout sur l’opportunité de prolonger dès maintenant l’état d’urgence. 

Mais Emmanuel Macron a été rassuré par l’accalmie relative observée ces dernières nuits. "On est à la bascule entre la réponse sécuritaire et la partie économique et politique", résume un proche du chef de l’État. "Le rétablissement de l'ordre a été assez rapide. Donc, il est temps de passer à une autre étape". Cette nouvelle étape, c’est donc l’espoir de réussir à renouer un dialogue grippé depuis le référendum de 2021, où le "non" à l’indépendance l’a emporté, mais dans des conditions contestées par les indépendantistes. "Ils ne viennent pas à nous, alors le Président va jusqu’à eux", résume son entourage.

C’est déjà un geste d’ouverture
Un conseiller gouvernemental

Le président de la République prévoir de rester une journée – jeudi – sur place, lors de laquelle il rencontrera des leaders politiques et membres de la société civile, avant de prendre la parole pour annoncer "des décisions" et installer "une mission" dont les contours sont encore flous. Selon plusieurs sources, elle devrait être composée de hauts fonctionnaires experts du dossier calédonien.

Il y a aussi le symbole. "C’est un signal qui sera apprécié de tous", espère un conseiller gouvernemental. "Il montre aux Calédoniens que le sujet est important pour le Président, qu’il est traité au plus haut sommet de l’État. C’est déjà un geste d’ouverture".  

Un geste suffisant pour relancer des discussions presque impossibles depuis plus deux ans ? Preuve des tensions avec l’exécutif, plusieurs leaders indépendantistes avaient boycotté une rencontre avec le chef de l’État lors de sa précédente venue en juillet 2023.

Aucun scénario n’est écrit à l’avance
L'entourage du président auprès de TF1

Mais aujourd’hui, les équipes d’Emmanuel Macron veulent croire que ce sera différent. "Vous imaginez bien que s’il s’apprête faire plus de 30.000 km en quelques jours, c’est bien parce qu’il croit en la capacité des uns et des autres à dialoguer", avance l’entourage présidentiel, qui jure même qu’Emmanuel Macron s’est entretenu avec plusieurs leaders indépendantistes depuis la semaine dernière, mais sans être en mesure de nous indiquer lesquels...  Pour le moment, impossible aussi de nous dire quels leaders ont accepté l’idée d’une rencontre à Nouméa.

Alors que l’Élysée promet des annonces, le chef de l'État sera particulièrement attendu sur la question du dégel du corps électoral calédonien, au cœur des tensions sur l’archipel. Alors qu’il était prévu de convoquer en juin le Congrès qui doit adopter définitivement la réforme, faute d'accord politique entre leaders calédoniens, les choses sont désormais moins catégoriques. "Aucun scénario n’est écrit à l’avance", insiste l’entourage du Président, comme pour donner, là aussi, un gage d’ouverture.


La rédaction de TF1info | Bastien AUGEY

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