Emmanuel Macron reçoit un prix de "personnalité de l'année" pour son engagement en faveur du vin

Justine Faure
Publié le 6 janvier 2022 à 17h50, mis à jour le 6 janvier 2022 à 19h32
Emmanuel Macron buvant un verre de vin en marge d'une étape du Tour de France, le 15 juillet 2021 à  Sainte-Marie-de-Campan

Emmanuel Macron buvant un verre de vin en marge d'une étape du Tour de France, le 15 juillet 2021 à Sainte-Marie-de-Campan

Source : LUDOVIC MARIN / AFP

PRIX - Le président reçoit ce jeudi le prix de "personnalité de l'année" par la Revue du vin de France pour "son engagement constant en faveur du vin et de sa culture". Amateur et défenseur de cet alcool, il a fait attention à ménager ce secteur tout au long de son quinquennat plutôt que le contraindre.

L'événement pourrait paraître anecdotique, mais il est bien inscrit à l'agenda du président de la République. Ce jeudi 6 janvier à 18 h 30, Emmanuel Macron sera à la cérémonie de remise du prix de la personnalité de l’année par la Revue du vin de France. En effet, cette dernière a décidé de récompenser le chef de l'État pour son "son engagement constant en faveur du vin et de sa culture"

"Nous souhaitons saluer l'action du président de la République à un moment où s'achève son mandat", a expliqué Denis Saverot, directeur de la rédaction de la Revue du vin de France, soulignant que, "pour la première fois depuis des décennies, un président de la République a déclaré haut et fort qu'il aimait le vin"

"Je suis très fier de cette extraordinaire richesse française", a déclaré le chef de l'État. "Le vin est la démonstration du fait que pour être Français, on n’a pas à choisir d’être fermé [...] Vous êtes des enracinés qui ont soif d’embrasser le monde", a-t-il salué, rappelant les coups durs subis par la filière, des litiges avec l'administration Trump au gel de l'année 2021.  

Il est vrai qu'au cours de son mandat, Emmanuel Macron a toujours veillé à ménager ce secteur, à qui il a régulièrement clamé son amour. Pas encore candidat et en campagne pour la présidentielle 2017, il déclarait : "J'ai été élevé par mes grands-parents qui avaient cette formule : le vin rouge est un antioxydant. Il n'y avait pas de caractère culpabilisant", assurant qu'un repas sans vin était "un peu triste. Le vin égaye un repas. C'est la possibilité de découvrir de nouveaux arômes, de nouvelles sensations. Évidemment, il faut le faire avec modération. Mais cela participe de notre civilisation." En février 2018, peu avant le Salon de l'Agriculture, il confiait à des journalistes : "Moi, je bois du vin le midi et le soir". Bien plus que ce que préconisent les autorités de santé.

Pas de renforcement de la loi Evin

Une fois à l'Élysée, Emmanuel Macron assure qu'il ne durcira pas la loi Evin restreignant la publicité pour les boissons alcoolisées. "Tant que je serai président, il n'y aura pas d'amendement pour durcir la loi Evin", affirme-t-il. L'amateur de blanc fait la distinction entre les alcools forts et la bière avec lesquels "la jeunesse se soûle à vitesse accélérée", représentant "un fléau de santé publique", et le vin.

Des déclarations rassurantes pour le monde viticole, moins pour les professionnels de santé et addictologues. Déjà en mai 2017, ces derniers s'inquiétaient de la nomination d'Audrey Bourolleau comme conseillère agriculture d'Emmanuel Macron (elle ne fait plus partie du cabinet du président à ce jour, ndlr). À son arrivée à l'Élysée elle était déléguée générale de l'instance de lobbying Vin et Société depuis 2012. Onze associations d'addictologues et six experts en santé publique s'étaient alors émus d'un risque "que la politique agricole et viticole se fasse au détriment d'une politique efficace de lutte contre les consommations nocives d'alcool". En février 2018, la perspective de laisser la possibilité à la filière viticole de faire de la prévention sur la consommation d’alcool, selon un souhait du président, les avait fait bondir.


Justine Faure

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