Emmanuel Macron veut "proposer et rassembler", au centre ?

Loïc Le Clerc
Publié le 4 septembre 2016 à 8h57, mis à jour le 4 septembre 2016 à 9h25
Emmanuel Macron veut "proposer et rassembler", au centre ?

Source : ROMAIN PERROCHEAU / AFP

MACRONITE - Dans une interview au JDD, parue dimanche 4 septembre, Emmanuel Macron place ses pions : tout en ménageant François Hollande, il fustige la gauche et vante le centre-droit. Son projet : rassembler les "progressistes".

"Je veux changer la politique". Emmanuel Macron, dont l'interview est parue dimanche 4 septembre dans le Journal du Dimanche, affiche son ambition, sans trop se découvrir au sujet de la présidentielle de 2017. L'ancien ministre de l'Economie préfère mettre en avant ses "objectifs" : "que les idées progressistes soient présentes au second tour de l’élection présidentielle et gagnent pour pouvoir transformer notre pays".

Son départ du gouvernement, Emmanuel Macron assure ne pas avoir joué les déserteurs, mais se justifie de la sorte : "Je ne me soustrais pas à une obligation, j’obéis au contraire à un devoir de cohérence. Je veux proposer et rassembler", explique-t-il au journal.

Hollande soft-bashing

Quand le JDD demande à l'ex-ministre ce qu'il sait des ambitions de François Hollande, Macron reste évasif : "Je ne sais pas ce que fera le président de la République. [...] Il est très lucide et il a le sens des responsabilités, et je pense que son choix n’est pas fait."

François Hollande, qui a déclaré qu'Emmanuel Macron l'avait "trahi avec méthode", est plutôt ménagé par le ministre démissionnaire. S'il fustige le "ça va mieux" du président, jugeant que "malheureusement on a fait beaucoup de choses à moitié", l'ex-banquier affirme qu'il faut "retrouver collectivement le goût de l’avenir".

"Je ne suis pas centriste"

Emmanuel Macron aime troubler les lignes. Dans son optique de dépassement du clivage gauche/droite, il profite de cette interview pour s'exprimer sur la droite. Il tape sur Nicolas Sarkozy lequel porte une vision de "rabougrissement de la France" et représente "la brutalité sociale", "le cynisme" et "l'irresponsabilité".

Il trace un autre clivage, celui entre progressistes et conservateurs. A ce jeu-là, l'ex-ministre se sentirait presque plus proche du centre-droit que de l'"autre gauche". Il lance : "Je ne suis pas centriste. Je veux travailler avec tous les progressistes, y compris les centristes", saluant le "courage" d'élus UDI dont le président du parti centriste Jean-Christophe Lagarde, qui lui ont tendu la main. Mais pour le moment, Macron n'en dit pas plus sur ce qu'il compte faire, concrètement.


Loïc Le Clerc

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