Pour son 100ᵉ jours à Matignon, le Premier ministre Gabriel Attal s'est rendu ce jeudi à Viry-Châtillon, ville marquée par la mort de Shemseddine.
Il y a prononcé un "discours sur l'autorité" pour lutter contre la violence chez les jeunes.
Suivez les dernières informations en direct.

Ce live est à présent terminé. 

UN CONTRAT DÈS "LA RENTRÉE PROCHAINE"

Sur BFMTV, le Premier ministre Gabriel Attal a été interrogé sur sa proposition d'un contrat "de droits d'obligations", qui, s'il n'est pas respecté, pourrait entraîner des sanctions. "Pourquoi est-ce qu’il faut un contrat ? Parce que c’est important de rappeler à chaque famille ses droits et ses obligations vis-à-vis de l’institution scolaire et de l’éducation de ses enfants", a justifié le chef du gouvernement, ajoutant qu'il s'agissait d'"une manière de réaffirmer très fortement et symboliquement les choses".


Le Premier ministre a annoncé que ce contrat, qui pourrait même conduire à une saisine de la justice pour les cas les plus graves, "entrera en vigueur à la rentrée prochaine, en septembre". Les modalités seront fixées après une concertation de huit semaines.

VIVE PRÉOCCUPATION DE L'UNICEF

Suite aux annonces de Gabriel Attal pour lutter contre la violence entre les jeunes, la présidente de l'Unisef France, Adeline Hazan, a fait part de sa "vive préoccupation à l'égard des mesures annoncées", estimant que certaines "semblent compromettre les avancées de la justice pénale des mineurs".


"L'ensemble de ces mesures ne semblent pas suffisamment ancrées dans la prévention et l’accompagnement des familles, des professionnels et des jeunes auteurs de violences. Certaines d’entre elles risquent d’aggraver les inégalités des chances dès le plus jeune âge pour les enfants et les jeunes vulnérables", a-t-il rappelé dans un communiqué publié sur le site de l'Unicef dans la soirée.

LE RÉCAP' DES ANNONCES

À Viry-Châtillon ce jeudi, Gabriel Attal a présenté la feuille de route du gouvernement pour un "sursaut d'autorité" censé mener à une baisse de la délinquance et des violences chez les jeunes.

Comment le Premier ministre compte-t-il s'y prendre ? TF1info vous résume les principales annonces.

CALENDRIER

L'ensemble du gouvernement a été chargé de réfléchir à ces propositions et à leur application concrète par le président de la République. Gabriel Attal a indiqué que leur travail collectif durerait 8 semaines, avec un premier point d'étape dans 4 semaines. "Nous recevrons les parlementaires et les forces politiques avec qui nous pouvons construire un projet cohérent dans les prochaines
semaines. Je souhaite que nous puissions faire des propositions d’ici 4 semaines", a-t-il rappelé.

JUSTICE DES MINEURS

"Face à une délinquance de masse, face à une violence qui se répand, nous nous rendons à l’évidence : nos règles pénales doivent s’adapter", annonce Gabriel Attal. Il souhaite donc que des "jeunes qui commencent à partir à la dérive assistent à des comparutions immédiates". Il confirme aussi l'entrée en vigueur dès la rentrée des vacances de printemps de "mesures d’intérêt éducatif, qui seront l’équivalent des travaux d’intérêt général pour les mineurs de moins de 16 ans". 


Gabriel Attal veut aussi travailler à "une mesure de composition pénale sans juge, pour les jeunes mineurs dès 13 ans. Si un jeune reconnaît les faits et accepte la sanction, il serait désormais possible d’avoir une sanction plus rapide". Il veut aussi réfléchir à la mise en place d'une comparution immédiate devant le tribunal pour les jeunes à partir de 16 ans. Il se dit aussi ouvert à un débat sur "l’excuse de minorité".

LAïCITE

"Aujourd’hui, soyons francs, de plus en plus souvent, les troubles ou les violences dont nous entendons parler à l’école ont un sous-texte identitaire ou religieux", a déclaré Gabriel Attal. Aussi, "nous allons renforcer les équipes 'valeurs de la République', qui permettent d’orienter et de conseiller les professeurs ou les chefs d’établissement confrontés à des difficultés" et "nous allons désormais faire des signalements systématiques aux procureurs, des articles 40, en cas d’atteinte grave aux valeurs de la République", a-t-il annoncé.

"FAUTEUR DE TROUBLES"

Le chef du gouvernement se dit favorable à ce qu'un élève qui "gêne les cours", "défie l’autorité", "dégrade", "menace", "agresse" soit identifié comme tel sur ses bulletins scolaires et dans son dossier Parcoursup. "La condition pour ne pas être sanctionné, pour effacer cette mention, ce sera la réalisation d’activités d’intérêt général ; et, bien sûr, de se tenir à carreau."

UN CONTRAT ENTRE PARENTS ET ECOLES

Le Premier ministre veut faire signer un contrat "de droits et d’obligations" entre les parents et les écoles, un contrat engageant qui pourra donner lieu à des "sanctions".

EXCLUSIONS DES LA PRIMAIRE

Gabriel Attal annonce la création, la rentrée prochaine, de commissions éducatives dès l'école primaire pour proposer des "peines adaptées" aux élèves. Il rappelle qu'"un décret a été pris en août dernier qui permet les exclusions d’élèves dans le premier degré". 

EDUCATION AU CIVISME

"Pour être respectée, une règle doit être comprise. Cela passe par les temps d’apprentissage dès l’école primaire du respect de l’autre, de la tolérance, de la différence que j’ai voulu instaurer dès cette année. 1 500 écoles y participent déjà, et ce sera généralisé à la rentrée", a dit le chef du gouvernement, parlant des "cours d'empathie". Il rappelle aussi que le temps d'enseignement moral et civique va bientôt doubler.


Il souhaite aussi qu'à la rentrée prochaine, de nouvelles règles soient instaurées en classe : "Se lever dès qu’un professeur rentre dans la classe. Faire participer l’ensemble des élèves, dès le plus jeune âge, aux tâches communes au sein de leur établissement scolaire".

PROTECTION DES ECOLES

Gabriel Attal annonce le renfort de la sécurité aux abords de 350 établissements supplémentaires. 150 établissements déjà identifiés avaient vu leur sécurité renforcée ces derniers mois. Le Premier ministre souhaite que cela permette à l'école de rester un "sanctuaire" où la violence n'a pas sa place, pour qu'elle puisse jouer saon rôle émancipateur auprès des jeunes.

LUTTE CONTRE LES STUPEFIANTS

"Lutter contre la dérive d’une partie de notre jeunesse, c’est lutter contre le trafic de drogue. La drogue, c’est la mère de toutes les délinquances", constate Gabriel Attal. Après la multiplication des opérations "place nette", "nous allons renforcer encore toute notre stratégie contre la drogue. Le ministre de l’Intérieur présentera dans les prochains jours un nouveau plan stup, particulièrement ambitieux."

SEPARATISME ISLAMISTE

"Il n’est pas question qu’une idéologie religieuse vienne contester la loi dans des quartiers", assure le chef du gouvernement. "Avec Gérald Darmanin, nous serons présents partout. Nous serons vigilants partout, notamment dans les écoles, notamment dans les clubs de sport", dit-il après avoir rappelé que depuis 2017, 760 étrangers radicalisés ont été reconduits à la frontière. "Que ceux qui pensent pouvoir contester facilement les valeurs de la République et endoctriner la jeunesse le sachent : nous les trouverons et nous les empêcherons."


Gabriel Attal dit avoir demandé au ministre de la Justice de prendre une circulaire pénale pour que soit appliquée "rigoureusement" la circonstance aggravante qu'est une agression d'un tiers en raison de sa religion.

REGULER LES ECRANS

"Attaquer le mal à la racine, c’est aussi réguler les écrans", poursuit Gabriel Attal. "Le Président a demandé à une commission de se réunir pour faire des propositions", "elle rendra ses conclusions d’ici la fin du mois. Nous n’excluons aucune piste", a-t-il déclaré sans plus de précisions, évoquant seulement une proposition de loi sur l'usage des écrans à la crèche.

SANCTIONNER LES FAMILLES

Aux familles qui n'assumeraient pas leurs responsabilités en revanche, l'Etat veut plus de sanctions. Le Premier ministre propose de "réprimer plus largement et plus sévèrement les manquements des parents à leurs obligations", "que les parents défaillants puissent faire l'objet de travaux d'intérêt général", que les parents qui ne répondent pas aux convocations du juge des enfants soient sanctionnés d'une amende.

AIDER LES FAMILLES

Comme première solution, Gabriel Attal propose d'aider les familles, notamment monoparentales. Il confirme une annonce déjà faite : "Tous les collégiens seront scolarisés tous les jours de la semaine entre 8h et 18h, à commencer par les quartiers prioritaires et les réseaux d’éducation prioritaire." Il veut aussi encourager plus de jeunes à entrer en internat. "J’y vois une opportunité pour couper, rapidement et efficacement, un jeune de ses mauvaises fréquentations."

POURQUOI UN AFFAISSEMENT DE L'AUTORITE ?

Comment expliquer l'"affaissement de l’autorité" remarqué par Gabriel Attal ? Le Premier ministre invoque en premier lieu les parents : "Il y a des parents qui ne tiennent pas leurs enfants, qui n’assument pas leurs responsabilités, qui laissent prospérer la spirale de la violence. Le cadre familial doit être un cadre, un vrai, et nous devons y veiller." Il parle aussi des écrans et de l'addiction aux écrans, du repli sur soi, du communautarisme et de "l’entrisme d’idéologies contraires à la République", de l'individualisme et de la perte d'autorité.

UN "SURSAUT D'AUTORITE"

"Comment en est-on arrivé là ?", à "la remise en cause de la règle commune", "de la laïcité" ? "La violence n'attend pas le nombre des années, il est là le vrai scandale. Car la jeunesse de France ce n'est pas ça", assure le chef du gouvernement, "au contraire, c'est l'esprit de conquête, l'envie de liberté, l'aspiration à l'égalité". 


"C'est pour cela que nous avons besoin d'un sursaut d'autorité", "nous ne sommes pas encore parvenus à inverser cette forme de spirale de l’affaissement de l’autorité". Gabriel Attal refuse de s'enfoncer dans un "glissement" de la société que "le Président de la République a appelé la 'décivilisation', et qui menace jusqu’aux fondements-mêmes de notre pacte social".

"UNE VIOLENCE DECHAINEE"

"Notre pays est continuellement traversé par des débats, parfois des divisions profondes sur des choix de société", mais il est uni par des "valeurs", notamment "le civisme", "les droits et les devoirs", "le respect de l'autorité", a déclaré le Premier ministre au début de son discours. "Or que voit-on aujourd'hui ? L'autorité et la règle commune sont trop souvent défiées par certains jeunes", allant jusqu'à "une violence déchaînée, morbide, sans règles". Prenant l'exemple de la mort de Shemseddine, Gabriel Attal dit vouloir "que ces drames cessent". 

BILAN

Gabriel Attal fête ce jeudi ses 100 jours à Matignon. Le Premier ministre avait fait de la jeunesse, du logement et de l'agriculture ses priorités après sa nomination. Ces chantiers ont-ils avancé ?

ATTAL EST ARRIVE SUR PLACE

Le Premier ministre est arrivé à Viry-Châtillon. Il est accompagné des ministres Nicole Belloubet (Éducation) et Éric Dupond-Moretti (Justice), de la ministre déléguée Sarah El Haïry (Enfance, Jeunesse, Familles) et de la secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache (Ville et Citoyenneté).

QUELLES ANNONCES ?

Gabriel Attal devrait faire des annonces sur trois thèmes ce matin : le respect des règles à l'école, le rôle des parents à la maison et la justice des mineurs. Le gouvernement réfléchit notamment à revenir sur "l'excuse de minorité", rendant les peines prononcées pour les mineurs moins importantes que pour des majeurs à délits similaires.

Gabriel Attal : que va-t-il dire ?Source : TF1 Info

BONJOUR

Bienvenue dans ce direct destiné à compiler les propos et annonces du Premier ministre, en déplacement à Viry-Châtillon (Essonne) ce matin pour parler "autorité".

Pour ses 100 jours à Matignon, Gabriel Attal s'offre une journée marathon et communication. Elle commencera ce matin par un déplacement à Viry-Châtillon (Essonne), ville marquée par la mort de Shemseddine, où il prononcera "un discours sur l'autorité au cœur de la République". Le déplacement comportera un volet judiciaire et un autre sur "le rôle de l'école", notamment avec la question des internats, a indiqué une source gouvernementale, et des annonces sont attendues sur ces deux volets. 

Il y a une dizaine de jours à l'Assemblée nationale, alors que le pays avait été marqué par plusieurs passages à tabac de jeunes près de leurs établissements scolaires, le Premier ministre avait promis des mesures "extrêmement fortes" en vue d'un "sursaut" de la société et d'un rétablissement de "l'ordre", "partout", dans la rue, les classes et les familles. Ce mercredi, Emmanuel Macron a demandé à son gouvernement de se lancer dans une grande concertation pour trouver des solutions au "surgissement de l'ultraviolence", en particulier parmi les plus jeunes, avec l'objectif d'aboutir à un projet de loi avant l'été.


La rédaction de TF1info

Tout
TF1 Info