EN DIRECT - Décès de Robert Badinter : l'hommage national aura lieu mercredi devant le ministère de la Justice

par A. Lo.
Publié le 9 février 2024 à 11h34, mis à jour le 10 février 2024 à 12h48

Source : JT 13h Semaine

L'ancien ministre de la Justice Robert Badinter est décédé dans la nuit de ce jeudi 8 à vendredi 9 février à l'âge de 95 ans.
Avocat de profession, il s'est fait connaître pour sa contribution de l'abolition de la peine de mort.

Ce live est à présent terminé. 

HOMMAGE NATIONAL MERCREDI

"Le Président de la République a souhaité qu’un hommage national soit rendu à Robert Badinter ce mercredi 14 février à 12h. Il se tiendra Place Vendôme, siège du ministère de la Justice depuis 300 ans", indique l'Élysée. "Des recueils de condoléances sont à la disposition de chacun à la Chancellerie qui a exceptionnellement laissé ses portes ouvertes tout le week-end", précise-t-on.

ROBERT BADINTER, UNE "FIGURE DU SIECLE" UNANIMEMENT SALUÉE

Les hommages à Robert Badinter ont afflué toute la journée, après l'annonce de sa disparition, à l'âge de 95 ans.

Robert Badinter : "une figure du siècle" unanimement saluéeSource : TF1 Info

"UN GRAND AVOCAT PÉNALISTE", RAPPELLE PIERE JOXE

"Pour beaucoup de ceux qui l’ont connu et admiré, Robert Badinter, avant d’être le ministre de la Justice qui fit voter l’abrogation de la peine de mort, avait été un grand avocat pénaliste et un conseiller précieux pour François Mitterrand qu’il a soutenu fidèlement toute sa vie", a estimé ce vendredi l'ancien ministre de l'Intérieur socialiste Pierre Joxe, après la disparition de Robert Badinter la nuit dernière.

"UNE HAUTE FIGURE INTELLECTUELLE ET MORALE", DIT JOSPIN

"Une haute figure intellectuelle et morale nous quitte, a réagi l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin à la mort de l'ex-Garde des Sceaux. Peut-être parce qu'il avait été dès l'enfance dans sa famille frappée par l'horreur du nazisme, Robert Badinter a placé toute sa vie au cœur de sa pensée et de son action la recherche de vérité, l'exigence d'humanité et l'espérance de la paix."

OUVERTURE D'UN RECUEIL DE CONDOLÉANCES

Un recueil de condoléances sera ouvert au public au ministère de la Justice, place Vendôme à Paris, jusqu'à dimanche pour rendre hommage à Robert Badinter, l'emblématique Garde des Sceaux de François Mitterrand.

L'ÉLYSÉE SALUE ROBERT BADINTER L'"ÉRUDIT"

L'Élysée a publié un communiqué rendant hommage à l'ex-Garde des Sceaux, décédé la nuit dernière. "Robert Badinter était un érudit, et rien des affaires du monde ni l’humaine condition ne lui était indifférent, de l’opéra aux conflits internationaux, de la laïcité à la littérature, de l’Europe au judaïsme, de la mémoire à l’avenir, est-il écrit. Il vécut, comme il combattit, dans les prétoires, dans ses essais, devant les Français : en homme des Lumières, en humaniste, en enfant de la Révolution, en citoyen de la Nation dont les mots et les idées furent forgées par Condorcet, Victor Hugo, Emile Zola. Avocat flamboyant devenu sage de la République.

 

Le Président de la République et son épouse s’inclinent devant la mémoire d’un homme qui après avoir vécu la tragédie du siècle, en aura incarné la plus belle part d’espérance. Ils adressent à son épouse, Elisabeth, à ses enfants, à ses proches, à tous ceux qui portent le chagrin d’un modèle de liberté et de courage, leurs condoléances émues."

L'ÉCOLE NATIONALE DE LA MAGISTRATURE REND HOMMAGE À ROBERT BADINTER

L'École nationale de la magistrature (ENM) a rendu hommage, ce vendredi à Bordeaux (Gironde), à Robert Badinter. Le président de la République Emmanuel Macron était présent lors de cette minute de silence, tout le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin et le Garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti.

"UNE GRANDE VOIX HUMANISTE"

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse a salué un "combat courageux pour l'abolition de la peine de mort". 


À droite, le maire de Cannes et président de l'association des maires de France a souligné que "Robert Badinter ne cessa de se battre pour son idée de la justice" tandis que le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau a déclaré : "Je salue la mémoire de Robert Badinter, et son combat pour la vie humaine et la dignité de la personne."

"UNE FIGURE MARQUANTE"

Loin des hommages plus lyriques à gauche et au centre, la cheffe du groupe du Rassemblement national Marine Le Pen a tout de même salué une "figure marquante du paysage intellectuel et juridique." 

Tout aussi sobre, le responsable du parti d'extrême droite, Jordan Bardella a rendu hommage à un "ancien ministre de la Justice, homme de lettres", qui "a défendu toute sa vie ses idéaux, avec constance et éloquence."

"L'IDÉE MÊME DE JUSTICE"

Sur le réseau social X, Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, dont Robert Badinter était membre, a rendu hommage à l'ancien ministre de la Justice de François Mitterrand. "Robert Badinter était plus que l’abolitionniste qui mit fin à la peine de mort. Il incarnait l’idée même de justice", a-t-il écrit. "Sa droiture morale, et sa détermination donnaient toute sa force à l’idéal humaniste. Il fut la cause de mon engagement. Immense tristesse", a conclu l'élu.

"L'HOMME QUI PORTE TOUTES LES LIBERTÉS"

"C'est un homme qui porte toutes les libertés, pour reconnaître la dignité de chacun", salue sur LCI le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia. "Son grand combat, c'est la vérité. C'est l'homme qui a porté la commission pour définir combien de fusillés il y a eu au Mont-Valérien."

Mort de Badinter : "C'est un homme qui porte toutes les libertés"Source : TF1 Info

"UN HOMMAGE NATIONAL LUI SERA RENDU", ANNONCE EMMANUEL MACRON

"La Nation a perdu un grand homme, un très grand avocat, un très grand garde des Sceaux qui a conduit pour notre pays l'abolition (de la peine de mort) mais aussi des réformes importantes, un président du Conseil constitutionnel qui a joué un rôle essentiel dans la vie de notre démocratie", déclare Emmanuel Macron depuis Bordeaux. "C'était aussi un sage qui a toujours permis d'éclairer les décisions plus délicates. Un hommage national lui sera rendu. C'est un repère, une conscience. La Nation lui doit beaucoup, beaucoup."

Un hommage national sera rendu à Robert BadinterSource : TF1 Info

"COMBATTANT INFATIGABLE POUR LES DROITS HUMAINS"

Le coordinateur de la France insoumise Manuel Bompard a rendu hommage Robert Badinter, "symbole de l'abolition de la peine de mort en France", "combattant infatigable pour les droits humains".

VIDÉO - SA DERNIÈRE INTERVIEW AVEC DARIUS ROCHEBIN

"Il est temps de lever l'ancre", regardez l'extrait de sa dernière interview avec Darius Rochebin.

Mort de Robert Badinter : "Il est temps de lever l'ancre", quand il citait Baudelaire au moment d'évoquer sa mortSource : TF1 Info

LA DERNIÈRE INTERVIEW DE ROBERT BADINTER SUR LCI

Au printemps dernier, Robert Badinter était l'invité de Darius Rochebin sur LCI. L'occasion d'évoquer son réquisitoire contre le président russe, qu'il souhaitait voir comparaître devant la justice internationale. Retrouvez cet entretien.

SYNDICAT DE LA MAGISTRATURE

Le syndicat de la magistrature adresse ses "pensées émues à la mémoire de Robert Badinter". "Nous saluons aujourd'hui à la fois nos combats communs et nos dissensions fertiles. Nous rendons hommage à sa parole toujours fédératrice et profondément humaine."

"UN GÉANT DE LA DIGNITÉ HUMAINE"

"Aujourd'hui, nous avons perdu un géant de la dignité humaine, un intellectuel, un homme d'État d'envergure mondiale", réagit l'Unesco. "Nous sommes toujours inspirés par sa sagesse et sa clarté morale."

"NOUS N'OUBLIERONS JAMAIS ROBERT BADINTER"

"Abolir la peine de mort, comme garde des Sceaux, était le combat de sa vie. Ce sera à jamais l'un de nos plus grands héritages", rend hommage la ministre de la Culture Rachida Dati, ex-ministre de la Justice. "Nous n'oublierons jamais Robert Badinter, son ardeur, la force de sa conviction, sa soif inébranlable de justice."

QUAND MITTERRAND ÉVOQUE BADINTER

En 1986, le chef de l'État François Mitterrand nommait Robert Badinter à la tête du Conseil constitutionnel. "Qui peut contester les qualités professionnelles en tant que juriste et les qualités morales de Robert Badinter ?", justifiait-il alors. "Personne n'aurait trouvé mieux."

"Personne n'aurait trouvé mieux" : Mitterrand évoque Robert BadinterSource : TF1 Info

"PARTI LE JOUR DE LA COMMÉMORATION DE LA RAFLE QUI A EMPORTE SON PÈRE"

Toute sa vie, Robert Badinter a également lutté contre l'antisémitisme. Un point sur lequel s'est étendu l'avocat Alain Jakubowicz, sur LCI. "Enfant de réfugié lui-même. Vous avez parlé de l'arrestation et de la déportation de son père. Il s'agissait de la rafle de la rue Sainte-Catherine perpétrée par Klaus Barbie et ses sbires, le 9 février 1943. Nous sommes le 9 février. Je ne crois pas au destin, je ne crois pas aux choses surnaturelles. Mais Robert Badinter a choisi de partir le jour de la commémoration de la rafle qui a emporté son père", a-t-il souligné.

Mort de Robert Badinte : Alain Jakubowicz réagitSource : TF1 Info

L'HOMMAGE DE FRANÇOIS HOLLANDE

L'ancien président de la République François Hollande rend à son tour hommage à Robert Badinter. "Il s'est engagé dans cette lutte, dans ce combat contre la peine de mort. Combat non pas pour les condamnés, mais pour la dignité humaine", déclare l'ancien chef de l'État auprès de France 3. "C'était ça son message. Ensuite, il l'a poursuivi comme président du Conseil constitutionnel. C'était un homme qui voulait que le droit puisse l'emporter sur la force."

"UN REPÈRE ET UNE RÉFÉRENCE"

Le président du MoDem François Bayrou salue auprès de l'AFP "un repère et une référence". "C'était un esprit distingué, cultivé, ayant le courage de ses indignations. Pour plusieurs générations, il aura été un inspirateur", souligne-t-il.

"LA FRANCE PLEURE UNE FIGURE IMMENSE"

"La France pleure une figure immense", écrit sur X la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin. "À travers sa mémoire, poursuivons ses combats pour les droits et pour la vie."

"UN JUSTE ENTRE LES JUSTES", POUR LAURENT FABIUS

Le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, rend hommage vendredi à l'un de ses prédécesseurs Robert Badinter. Le décès de Robert Badinter "est une immense perte pour la justice et pour la France. Il était non seulement un juriste hors pair, mais un juste entre les justes", déclare-t-il auprès de l'AFP. "Conciliant la sagesse à la passion, il a, dans toutes les fonctions qu'il a exercées, dans toutes les causes qu'il a plaidées, fait progresser le droit et l'humanisme au plan national et international."

L'HOMMAGE D'EMMANUEL MACRON

Emmanuel Macron a salué "une figure du siècle" et "une conscience républicaine".

ÉRIC CIOTTI SALUE UNE "FIGURE EMBLÉMATIQUE DE LA JUSTICE"

Le président des Républicains Éric Ciotti fait part de sa "profonde tristesse à l'annonce du décès de Robert Badinter, figure emblématique de la justice et défenseur infatigable des droits de l'homme". "Sa lutte pour l'abolition de la peine de mort restera gravée dans nos mémoires et nos institutions", écrit-il.

"UN HOMME D'EXCEPTION"

Sur LCI, l'avocat Jean-Yves Le Borgne salue "un homme d'exception". "J'ai connu le temps où la peine de mort existait encore. Quand il a fait en sorte qu'elle soit supprimée, c'était une véritable révolution", déclare-t-il. "Je pense que les jeunes n'en mesurent pas aujourd'hui l'importance. Il a aussi été celui auquel nous devons la dépénalisation de l'homosexualité. Il faut des hommes de l'importance de Robert Badinter pour porter ces idées nouvelles et les faire inscrire dans le monde."

L'HOMME DE JUSTICE OPPOSÉ À LA PEINE DE MORT

Robert Badinter était entré dans la postérité avec sa loi du 9 octobre 1981 contre la peine de mort.

"IL AURA MARQUÉ L'HISTOIRE"

La maire PS de Lille, Martine Aubry a également rendu hommage à Robert Badinter. "Il aura marqué l’histoire par la force avec laquelle il a porté nos combats, au premier chef celui de l’abolition de la peine de mort", a-t-elle salué.

MARQUÉ PAR LA SHOAH

Toute sa vie, Robert Badinter a également lutté contre l'antisémitisme. Un point sur lequel s'est étendu l'avocat Alain Jakubowicz, sur LCI. "Enfant de réfugié lui-même. Vous avez parlé de l'arrestation et de la déportation de son père. Il s'agissait de la rafle de la rue Sainte-Catherine perpétrée par Klaus Barbie et ses sbires, le 9 février 1943. Nous sommes le 9 février. Je ne crois pas au destin, je ne crois pas aux choses surnaturelles. Mais Robert Badinter a choisi de partir le jour de la commémoration de la rafle qui a emporté son père", a-t-il souligné.

"GARDE DES SCEAUX VISIONNAIRE ET COURAGEUX"

"Robert Badinter incarnait notre République et ses valeurs", a salué Eric Dupond-Moretti dans un hommage sur le réseau social X.

UN APPEL À ABOLIR LA PEINE DE MORT

Le 17 septembre 1981, Robert Badinter prononçait devant les députés un discours resté dans l’histoire, dans lequel il défendait l'abolition de la peine de mort. Une séquence à revoir dans la vidéo ci-dessus.

L'ÉLOQUENCE DE ROBERT BADINTER

Interviewé par Darius Rochebin, Robert Badinter avait expliqué d'où venait son éloquence. "Derrière, pendant que requérait pendant des heures l'avocat général, j'entendais le souffle de l'accusé. Je savais que si je ne trouvais pas les mots pour convaincre, je le retrouverais dans la cellule des condamnés à mort et je connaissais la suite", avait-il répondu.

L'éloquence de Robert BadinterSource : TF1 Info

"HOMME DE DROIT ET DE VALEURS"

Sur X, le Premier ministre Gabriel Attal a également rendu hommage à Robert Badinter. "Toute sa vie, il a fait tonner la voix de la Justice", a-t-il salué, "l'abolition de la peine de mort sera à jamais son legs pour la France"

UNE "FIGURE DU SIÈCLE"

Le président de la République a salué une "figure du siècle, une conscience républicaine, l'esprit français". 

MÉLENCHON SALUE "L'ORATEUR"

Jean-Luc Mélenchon salue "une force de conviction sans pareille" et un homme "tout simplement lumineux". "En siégeant à ses côtés au Sénat, j'ai tellement admiré Robert Badinter", écrit le chef de file de La France insoumise sur X. "C'était un orateur qui faisait vivre ses mots comme des poésies. [...] Peu importe les désaccords. Je n'ai jamais croisé un autre être de cette nature."

DÉFENSEUR DE L'ABOLITION DE LA PEINE DE MORT

Robert Badinter avait ardemment soutenu, contre l'opinion des Français à l'époque, son projet de mettre fin à la peine de mort, en 1981. Dans la vidéo ci-dessus, retrouvez son discours à l'Assemblée nationale.

VIDEO - Robert Badinter : "J'ai l'honneur de demander l'abolition de la peine de mort en France"Source : TF1 Info

UN COMBAT POUR L'EUROPE

Cet homme droit s'est aussi impliqué pour l'Europe. Il avait notamment rédigé un projet de constitution européenne. En tant qu'homme de droit, il s'était impliqué pour trouver une résolution du conflit en Yougoslavie, en 1991.

"Un grand homme de droit" : Robert Badinter est mortSource : TF1 Info

LE DOYEN DES MINISTRES DE LA JUSTICE

Ancien ministre de la Justice de Français Mitterrand, Robert Badinter est devenu une figure en portant le combat contre la peine de mort, en France d'abord puis partout dans le monde.

Mort de Robert Badinter à 95 ansSource : TF1 Info

"LA FRANCE PERD UN GÉANT"

"La France perd un géant, immense juriste, avocat et homme d’État", a réagit Jacques Attali.

BENOIT HAMONT RÉAGIT

Benoit Hamont a salué un "grand Homme" et a adressé ses "pensées" à la famille de l'ancien ministre.

MORT À L'AGE DE 95 ANS

Robert Badinter, l'ancien ministre de la Justice de François Mitterrand qui a porté l'abolition de la peine de mort en France, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, a-t-on appris auprès de sa collaboratrice, Aude Napoli. L'ancien président du Conseil constitutionnel était âgé de 95 ans.

C'est un homme qui a marqué l'histoire politique française. L'entourage de Robert Badinter a annoncé à TF1info sa mort dans la nuit de ce jeudi 8 à vendredi 9 février, à l'âge de 95 ans. Ancien ministre de la Justice de François Mitterrand, il a porté l'abolition de la peine de mort en France, et avait continué à soutenir ce combat partout dans le monde.

Le président Emmanuel Macron a salué "l'homme de l'abolition de la peine de mort" et "une figure du siècle, une conscience républicaine, l'esprit français". 

"Il aura consacré chaque seconde de sa vie à se battre pour ce qui était juste, à se battre pour les libertés fondamentales. L'abolition de la peine de mort sera à jamais son legs pour la France", a de son côté réagi le Premier ministre Gabriel Attal, également sur X.


A. Lo.

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