Le président Emmanuel Macron a répondu aux questions de Gilles Bouleau pour TF1 et d'Anne-Sophie Lapix pour France 2, ce jeudi 14 mars.
Le chef de l'État s'est exprimé sur le soutien de la France à l'Ukraine, après l'adoption de l'accord de sécurité avec Kiev et ses déclarations où il disait ne "pas exclure" l'envoi de troupes au sol.
Un entretien à revoir sur TF1+ et TF1info.

"C'est une guerre qui est existentielle pour notre Europe et pour la France." Emmanuel Macron a affirmé, jeudi 14 mars, que la "sécurité" des Français passait par la "défaite de la Russie" en Ukraine et que les Occidentaux devaient être "prêts à répondre" en cas d'"escalade" russe en Europe. "Si la Russie venait à gagner, la vie des Français changerait. Nous n'aurons plus de sécurité" et la "crédibilité de l'Europe sera réduite à zéro", a-t-il asséné dans un entretien aux JT de 20H de TF1 et France 2. 

Face à l'"escalade" du régime du Kremlin, "nous devons dire que nous sommes prêts à répondre", a ajouté le locataire de l'Elysée, après ses propos du 26 février sur l'envoi possible de troupes au sol en Ukraine fraîchement accueillis par la communauté européenne. "Si la situation devait se dégrader, nous devons être prêts et nous serons prêts", a-t-il martelé.

Jamais nous ne mènerons d'offensive
Emmanuel Macron, président de la République

"Si face à quelqu'un qui n'a pas de limites, a franchi toutes les limites qu'il nous avait données, nous lui disons naïvement : 'je n'irai pas plus loin que ceci ou que cela', à ce moment là nous ne décidons pas la paix, on décide déjà la défaite", a-t-il assuré. Le chef de l'État a toutefois insisté sur le fait que la France ne prendrait pas l'initiative d'une offensive et que la "responsabilité" finale reviendrait à la Russie. "Jamais nous ne mènerons d'offensive, jamais nous ne prendrons l'initiative", a-t-il expliqué, tout en estimant qu'il ne fallait "pas exclure des options". "Si la guerre venait à s'étendre en Europe, ce serait le seul choix de la Russie."

Emmanuel Macron a aussi souligné que la priorité des Européens dans l'immédiat allait à la fourniture accélérée de munitions, dont l'Ukraine manque cruellement face à Moscou. "On va sonder tous les pays du monde (...) leurs stocks disponibles et on leur propose de le racheter", a-t-il expliqué. Et d'ajouter que les Vingt-Sept travaillent ensemble à la fourniture coordonnée de différents matériels, de l'artillerie à la défense antiaérienne, y compris par la production directe d'équipements sur le sol ukrainien.

Faisant notamment référence au RN et à LFI, que la majorité présidentielle accuse régulièrement de parti pris pro-russe, pro-Poutine, à trois mois des élections européennes, il a aussi répondu à ceux qui posent des "limites" au soutien à Kiev. "Choisir de s'abstenir ou de voter contre un soutien à l'Ukraine, ce n'est pas choisir la paix, c'est choisir la défaite."

Ce live est à présent terminé. 

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REPLAY

Revoyez l'intégralité de l'interview d'Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron au 20H : son entretien exclusif sur le soutien à l'UkraineSource : TF1 Info

"LES DISCUSSIONS SONT EN COURS" POUR LES TROIS OTAGES DÉTENUS À GAZA

"Nous avons encore en effet trois otages. Je ne dirai rien ce soir et vous comprendrez. Les discussions sont en cours", annonce Emmanuel Macron, qui remercie le Qatar et l'Égypte pour leur rôle dans les négociations. "Seules les familles sont informées. Nous mettons beaucoup d'énergie et (...) j'espère vraiment que nous obtiendrons ces libérations."

"JE N'AI JAMAIS DIT QU'ISRAËL AVAIT UN DROIT ABSOLU" À SE DÉFENDRE

Place à un autre conflit, celui entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. "Les mots étant importants, je n'ai jamais dit qu'Israël avait droit absolu" de se défendre, réplique Emmanuel Macron. "Je n'ai jamais dit le mot absolu. La France a une position constante depuis le début et d'ailleurs, là aussi, nous étions peut être seuls à un moment donné." Il rappelle que "dès le mois d'octobre, la France a appelé à une trêve" "Nous faisons tout pour appeler au cessez-le-feu", poursuit-il, évoquant la nécessité d'"une réponse politique au droit légitime des Palestiniens à avoir un État."

"TENIR CETTE UNITÉ EUROPÉENNE"

"La responsabilité de cette guerre, la responsabilité des coups de boutoir qui sont donnés au front ukrainien, elle n'est que celle de la Russie. Notre responsabilité, c'est d'être forts pour la paix. Notre responsabilité, c'est justement de tenir cette unité européenne", lance Emmanuel Macron. "Tenir notre unité, c'est d'être forts, c'est d'être forts pour dissuader, c'est d'être forts pour résister, c'est d'être forts pour notre sécurité."

"S'ABSTENIR OU VOTER CONTRE, C'EST CHOISIR LA DÉFAITE"

"J'ai un désaccord très profond. C'est que je pense qu'aujourd'hui, en conscience, choisir de s'abstenir ou de voter contre un soutien à l'Ukraine, ce n'est pas choisir la paix, c'est choisir la défaite", assure Emmanuel Macron après les votes successifs au Parlement de l'accord de sécurité signé avec Kiev.

"UN SEUL RESPONSABLE : LE RÉGIME DU KREMLIN"

"Je veux que nos compatriotes comprennent qu'il n'y a qu'un seul responsable de la situation dans laquelle nous sommes : c'est le régime du Kremlin", rappelle Emmanuel Macron. "Mais nous, nous avons une responsabilité." "Nous n’avons pas une industrie de défense qui est adaptée à une guerre de haute intensité territoriale", reconnaît le chef de l'État, malgré une demande aux industriels de "(passer) en économie de guerre et (donc) produire davantage et produire plus vite.

"NOUS NE SOMMES PAS DANS UNE FICTION"

"Je suis sans doute le dirigeant en responsabilité qui lui ait le plus parler", déclare Emmanuel Macron à propos de sa relation avec Vladimir Poutine. "Les choses ne sont pas personnelles et d'ailleurs, je ne veux pas ici les personnaliser. Ça n'a aucun sens. Nous ne sommes pas dans une fiction, ce n'est pas un roman ou une série." "Si l'Ukraine tombe, c'est notre sécurité qui est menacée. (...) Nous sommes dans un temps, et c'est celui que j'assume, qui consiste à dire si la Russie continuait son escalade, si la situation devait se dégrader, nous devons être prêts et nous serons prêts. Et pour être prêt, nous serons prêts et nous serons prêts à prendre les décisions qui s'imposent pour que la Russie ne gagne jamais."

"IL FAUT PEU DE MOTS" SUR LE NUCLÉAIRE

"Nous sommes prêts, nous avons une doctrine qui est établie et en matière de nucléaire, il faut peu de mots", affirme Emmanuel Macron, au sujet de la menace nucléaire brandie par Vladimir Poutine, une arme que possède aussi la France. "Notre capacité nucléaire donne d'abord une sécurité aux Français et aux Français qu'ont peu de pays dans le monde. Ça nous donne une responsabilité, celle d'être une puissance dotée de cette arme et donc de ne jamais être dans l'escalade."

"LE RÉGIME DU KREMLIN EST UN ADVERSAIRE"

"Je souhaite de toutes mes forces qu'il n'en soit pas le cas", déclare Emmanuel Macron, au sujet d'une nouvelle "escalade qui nous entraînerait tous dans un conflit". "A coup sûr, aujourd'hui, la Russie est un adversaire. Le régime du Kremlin est un adversaire. Je l'ai toujours dit, nous, nous ne faisons pas la guerre à la Russie et au peuple russe et nous soutenons l'Ukraine. Nous faisons tout pour qu'elle puisse mettre la Russie en échec parce que je vais vous dire très simplement il n'y a pas de paix durable s'il n'y a pas une souveraineté, un retour aux frontières internationalement reconnu de l'Ukraine et y compris la Crimée."

"VOULOIR LA PAIX, CE N'EST PAS LAISSER TOMBER L'UKRAINE"

"Vouloir la paix aujourd'hui, ce n'est pas laisser tomber l'Ukraine, c'est faire valoir la paix", affirme Emmanuel Macron. "C'est d'être crédible, d'être fort et prêt pour nous adapter aux choix que la Russie ferait. Et donc, si la guerre venait à s'étendre, si la guerre venait à s'étendre en Europe, ce serait le seul choix et la seule responsabilité de la Russie."

"LA CRÉDIBILITÉ DE L'EUROPE SERA RÉDUITE À ZÉRO"

"Si la Russie gagne cette guerre, la crédibilité de l'Europe sera réduite à zéro. Quelle serait la crédibilité sur notre sol d'une puissance Union européenne de ses membres qui auraient laissé faire cela ?", interroge Emmanuel Macron. "Est-ce que vous pensez que les Polonais, les Lituaniens, les Estoniens, les Lettons, les Roumains, les Bulgares pourraient une seconde rester en paix ? Et je ne parle même pas de la Moldavie qui, certes, n'est pas dans l'Union européenne aujourd'hui, mais qui à la seconde serait menacée."

"LA SÉCURITÉ DES FRANÇAIS SE JOUE LÀ-BAS"

"Je vous le dis, nous ferons ce qui est nécessaire pour atteindre notre objectif. Parce que si la Russie venait à gagner, la vie des Français changerait de quelle manière ? Nous n'aurons plus de sécurité en Europe. Qui peut penser une seule seconde que le président Poutine, qui n'a respecté aucune de ces limites et aucun de ses engagements, s'arrêterait là ? Donc ce qui se en Ukraine aujourd'hui, si a des intérêts vitaux de la France, il y a un danger. La sécurité pour la France, la sécurité de l'Europe et la sécurité des Français se joue là-bas", juge Emmanuel Macron. "Ce sont nos intérêts vitaux."

"CE DÉBUT D'ANNÉE DOIT ÊTRE CELUI DU SURSAUT"

"Je voudrais juste clarifier un point, c'est que ce qui s'est passé ces derniers mois est un changement profond", affirme Emmanuel Macron, d'où ses propos sur l'envoi possible de troupes au sol. "On a aidé l'Ukraine à résister. Mais là, le contexte sur le terrain ukrainien change. La situation est beaucoup plus difficile pour eux. La Russie durcit chez elle et elle multiplie les attaques. Et donc, oui, je vous le dis avec la plus grande solennité, ce début d'année 2024 doit être pour nous celui du sursaut."

"JAMAIS NOUS NE MENERONS D'OFFENSIVE"

"Toutes ces options sont possibles. Le seul qui en aura la responsabilité, c'est le régime du Kremlin. Ce ne sera pas nous. Jamais nous ne mènerons d'offensive, jamais nous ne prendrons l'initiative", assure Emmanuel Macron. "La France est une force de paix. Simplement, aujourd'hui, pour avoir la paix en Ukraine, il ne faut pas être faible. Et donc il nous faut lucidement regarder la situation et il nous faut avec détermination, volonté, courage de dire que nous sommes prêts à mettre les moyens pour atteindre notre objectif qui est que la Russie ne gagne pas."

"LA GUERRE EST SUR LE SOL EUROPÉEN"

"Depuis quelques années, nous vivons tous dans un monde où ce qu'on croyait impensable arrive. C'est cette fin de l'insouciance que j'évoquais il y a quelques années. On y est. La guerre est sur le sol européen", lance Emmanuel Macron. "Il y a entre Strasbourg et Liv, moins de 1500 kilomètres. Vous imaginez ? La guerre est dans ce pays."

"NOUS NE DEVONS PAS LAISSER LA RUSSIE GAGNER"

"Qu'est-ce qui se joue en Ukraine ? Une guerre qui est existentielle pour notre Europe et pour la France", estime Emmanuel Macron. "Nous avons mis trop de limites, si je puis dire, dans notre vocabulaire. Nous ne sommes pas dans l'escalade. Nous, nous ne sommes pas en guerre contre la Russie. Simplement, il faut être clair, nous ne devons pas laisser la Russie gagner."

L'ENVOI DE TROUPES AU SOL EN UKRAINE

L'entretien s'ouvre sur la question de l'envoi possible de troupes au sol en Ukraine. "Nous avons un objectif la Russie ne peut pas et ne doit pas gagner cette guerre. Depuis deux ans, nous avons aidé l'Ukraine et si les choses devaient dégénérer, ça ne serait une fois encore que la responsabilité de la Russie", affirme Emmanuel Macron. "Si nous décidons aujourd'hui d'être faibles, si face à quelqu'un qui n'a pas de limites, face à quelqu'un qui a franchi toutes les limites qu'il nous avait donné, nous lui disons naïvement : 'je n'irai pas plus loin que ceci ou que cela'. À ce moment là, nous ne décidons pas la paix. On décide déjà la défaite."

L'INTERVIEW VA DÉMARRER

L'entretien d'Emmanuel Macron est sur le point de commencer. Le chef de l'État va prendre la parole dans quelques minutes. Une interview à suivre sur TF1, TF1+ et en simultané sur LCI.

"IL FAUT RASSURER"

Emmanuel Macron devrait notamment revenir sur ses propos autour de l'envoi possible de troupes en Ukraine, qui ont non seulement été dénoncées par ses opposants en France mais aussi semé le trouble dans une bonne partie de l'Europe.


"La formulation a été très mal comprise. Ça a créé une forme de peur", relève auprès de l'AFP Ludovic Mendes, député du parti présidentiel Renaissance. "Il faut rassurer. Dire qu'on fait tout pour éviter la guerre, que la France use toujours de la voie diplomatique, et qu'il ne faut jamais abandonner l'Ukraine."

"LÉGITIME ET NATUREL" QU'IL PRENNE LA PAROLE

"Le Président va rendre compte de la situation de manière pédagogique", résume un proche du locataire de l'Élysée. "Il est légitime et naturel qu'il puisse s'adresser aux Français (...) pour leur dire, les yeux dans les yeux, quel est l'état de la situation et comment organiser les choses dans les semaines à venir".

"UN MOMENT PARTICULIER DE LA GUERRE"

"Emmanuel Macron va prendre le temps de s'adresser à la Nation. On est dans un moment particulier de la guerre", a affirmé sur LCI le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, en amont de l'interview du président de la République. 

Sébastien Lecornu : "Sur la ligne de front, à Moscou, ou encore à Washington, la situation n'est plus la même qu'il y a deux ans"Source : TF1 Info

QUE VA DIRE LE CHEF DE L'ÉTAT ?

Accord de sécurité voté par le Parlement, déclarations controversées sur l'envoi de troupes au sol en Ukraine... Emmanuel Macron est attendu sur les enjeux du soutien à Kiev.

BIENVENUE

Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue sur TF1info pour suivre l'entretien exclusif qu'Emmanuel Macron va accorder aux JT de 20H de TF1 et de France 2, au lendemain des votes successifs à l'Assemblée nationale et au Sénat sur l'accord de sécurité signé avec l'Ukraine. Le chef de l'État sera interrogé, depuis l'Élysée, par Gilles Bouleau et Anne-Sophie Lapix.

Revivez ci-dessus l'entretien d'Emmanuel Macron au JT de 20H de TF1.


La rédaction de TF1info

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