Jordan Bardella a taclé le nouveau Premier ministre lors de ses vœux à la presse ce lundi 15 janvier.
Le président du RN a accusé Gabriel Attal de vouloir "augmenter les tarifs de l'électricité de 10%".
Nous avons vérifié.

La facture ne cesse de grimper. Tandis que l'électricité se vend moins cher sur les marchés de gros, son prix devrait encore augmenter pour les foyers français. Un paradoxe pour lequel Jordan Bardella a directement mis en cause le gouvernement et son nouveau chef, Gabriel Attal. Dans ses vœux à la presse présentés lundi 15 janvier, le président du Rassemblement national a affirmé que "la première décision de Gabriel Attal sera d'augmenter les tarifs de l'électricité de 10% à compter du 1er février".

De son côté, la France insoumise assure, dans une pétition, que cette nouvelle hausse serait liée à une décision du précédent gouvernement "de réintroduire une taxe sur l'électricité". Sur la chaîne Public Sénat, Manuel Bompard, le coordinateur national du parti, demandait d'ailleurs à Gabriel Attal "d'envoyer un signal" en annulant cette mesure prise avant qu'il n'arrive au pouvoir. Toutefois, un autre député de la France insoumise estime que la hausse n'a rien à voir avec le budget français. Sur le réseau social X, Hadrien Clouet a accusé le marché européen de l'énergie d'être à l'origine de cette tendance. À l'heure où la confusion règne, nous avons voulu en savoir plus.

Une hausse liée à la fin du bouclier tarifaire

Une chose est certaine, les prix de l'électricité sur les marchés de gros sont en baisse. Contrairement à l'an dernier, la production électrique en France se porte bien, avec des réacteurs nucléaires remis en bon état, des stocks de gaz à niveau et des réserves d'eau dans les barrages. Si bien que selon la commission de régulation de l'énergie (CRE), au 1ᵉʳ février, "le niveau moyen des tarifs réglementés baisse de 0,35% hors taxe" par rapport aux tarifs en vigueur au 1ᵉʳ août. 

Toute la nuance se trouve dans le "hors taxe". Car le prix fixé par le régulateur n'est pas celui affiché sur la facture du consommateur. Il faut y ajouter la fiscalité. Or, dès le mois de décembre, Bercy avait prévenu que l'embellie sur le marché de l'énergie ne profiterait pas aux ménages, mais aux caisses de l'État. "Le prix de l'électricité baisse dans notre pays, ce qui nous permet de remettre progressivement des taxes", avait ainsi prévenu Thomas Cazenave, le ministre délégué chargé des Comptes publics. Et de fait, il ne s'agit ici ni d'une nouvelle taxe, ni d'une régulation européenne, mais d'un retour à la "normale". 

Face à la flambée des prix, le gouvernement avait décidé au 1ᵉʳ février 2022 de mettre en place un "bouclier tarifaire", qui permettait de limiter la hausse des tarifs. Une aide qui fonctionnait grâce à deux techniques : la prise en charge par l'État du surplus entre le prix du marché et le prix payé par le consommateur et par la baisse drastique des droits d'accises, ces taxes perçues sur la vente ou l'utilisation des produits énergétiques. 

Si bien que pendant deux ans, cette taxe était d'un euro le mégawattheure, contre 32 auparavant. Avec la fin du bouclier tarifaire, qui doit arriver à son terme au 31 janvier, le gouvernement prévoit donc bien de remettre à niveau cette taxe. Jusqu'à quel point ? Bercy a jusqu'au 31 janvier pour prendre sa décision via un arrêté. "Notre décision est de faire en sorte qu'au 1er février 2024, le tarif réglementé n'augmente pas de plus de 10%", avait toutefois prévenu la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Un engagement qui se retrouve inscrit dans la loi, puisque l'article 92 de la loi de Finances, permet au gouvernement de remonter le niveau de cette taxe dans la limite de 10% TTC. 

En résumé, si l'embellie du marché de l'énergie ne profitera pas aux Français, ce n'est pas à cause du marché européen, ni à cause d'une décision prise par Gabriel Attal. La hausse des prix est due à la politique du précédent gouvernement qui a décidé de relever la taxe mise au niveau le plus bas au moment de l'augmentation des tarifs de l'électricité grâce au bouclier tarifaire. La fin de ce dispositif créera automatiquement une augmentation au 1ᵉʳ février 2024, limitée à 10% du prix final.

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Felicia SIDERIS

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