Élection présidentielle 2022

Financement de campagne : Emmanuel Macron répond à Marine Le Pen et refuse de saisir le parlement

La rédaction de LCI
Publié le 3 novembre 2021 à 7h32
JT Perso

Source : JT 20h WE

L'essentiel

ÉLECTION - La candidate du Rassemblement nationale (RN) a "alerté" le chef de l'État sur les difficultés de financement auprès des banques pour "bon nombre de candidats" à l'élection présidentielle.

C'est une fin de non-recevoir, qui pourrait peser sur la campagne présidentielle. Emmanuel Macron a répondu par courrier à Marine Le Pen, qui l'avait "alerté" sur les difficultés de financement de la campagne présidentielle auprès des banques pour "bons nombre de candidats".  

Le président n'a cependant pas souhaité accéder à la requête de la candidate du Rassemblement national (RN), qui demandait l'ouverture par le Parlement de nouvelles possibilités de financement. Le chef de l'État estime que "le président de la République, garant des institutions, ne se prononce pas sur une telle initiative", d'après la missive obtenue par l'AFP à partir d'une révélation de RTL. 

Sa réponse, datée du 25 octobre, précise en effet que "L'organisation d'un débat parlementaire que vous appelez de vos vœux constitue une prérogative partagée entre le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif". En outre, Emmanuel Macron invite son ex-rivale de 2017 à se rapprocher du président de l'Assemblée nationale ou des présidents des groupes parlementaires. 

Endetté, le RN peine à trouver des financements

Le RN est en grande difficulté financière - sa dette s'élevait à 24 millions d'euros en 2018 - et a du mal à trouver des financements auprès des banques. Au point que, lors de la présidentielle de 2017, le parti d'extrême droite avait eu recours à un prêt russe de 9 millions d’euros contracté en 2014, qu’il est toujours en train de rembourser. Depuis la loi "pour la confiance dans la vie politique" de 2017, il n'est plus possible d'emprunter d'argent à des banques non européennes, ni à des entreprises privées.

Par ailleurs, depuis une modification de 2001 de la loi de 1962, un candidat à la présidentielle ne peut plus contracter de prêt auprès d'un particulier selon la Commission des comptes de campagne (CNCCFP). "Ainsi les candidats ne peuvent même plus faire appel aux prêts des citoyens pour financer leur campagne présidentielle", avait noté la candidate du Rassemblement national (RN) dans une lettre du 2 septembre au président de la République, déplorant que "la banque de la démocratie", une idée soutenue par l'allié d'Emmanuel Macron, François Bayrou, n'ait "pas vu le jour".