Le fisc réclame 1,8 million d'euros au micro-parti de Marine Le Pen

La rédaction de LCI
Publié le 25 octobre 2017 à 8h18, mis à jour le 25 octobre 2017 à 13h59
Le fisc réclame 1,8 million d'euros au micro-parti de Marine Le Pen
L'essentiel

ARGENT - L'administration fiscale réclame environ 1,8 million d'euros à Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen créé dans le cadre des campagnes électorales de 2012. Mais celui-ci conteste ce redressement.

Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen est dans le collimateur du fisc. Dans son numéro paru ce mercredi, le Canard enchaîné affirme que "le fisc réclame près de 2 millions d'euros au mouvement", au coeur de l'organisation des campagnes électorales FN depuis que Marine Le Pen en est présidente. Ces informations ont déjà été avancées par Le Monde en février, et elles ont été confirmées à l'AFP.

D'après le Canard, Jeanne "se voit réclamer, pour 2012, un impôt sur les sociétés d'un montant de 88,134 euros (auquel il convient d'ajouter 20.094 euros de pénalités de retard), mais l'Etat exige également de Jeanne qu'elle allonge 1.374.252 euros au titre des impayés de TVA (plus 334.317 euros de pénalités)" car "le micro-parti était tout sauf une structure à but non lucratif". Le palmipède rappelle que son équipe s'était comportée comme une entreprise aux intérêts hautement commerciaux en facturant des prestations commerciales et bancaires aux candidats FN de 2012. 

Il y avait une particularité de Jeanne, qui faisait que ça ne devait pas être fiscalisé."

Le trésorier du micro-parti

Alex Loustau, trésorier de Jeanne, mis en examen à ce titre dans l'enquête sur le financement des campagnes FN 2012, a confirmé à l'AFP qu'"1,8 million d'euros de redressement, on est dans cette gamme-là". "On est comme n'importe quel contribuable sous le coup d'un contrôle fiscal, car l'administration a décrété qu'on avait une activité soumise à TVA. C'est dingue fiscalement de nous reprocher ça", car "oui il y avait une particularité de Jeanne, qui faisait que ça ne devait pas être fiscalisé" a-t-il expliqué.

Selon lui, cette demande de redressement est "appuyée sur la procédure pénale, on voit d'où ça bient, sauf qu'on n'est pas condamnés pénalement, le fisc est une administration à part, il est pas là pour faire du pénal". Il a indiqué à l'AFP être passé "il y a quelques jours devant la commission départementale" chargée de traiter les contentieux avec l'administration fiscale. "Il s'est passé quelque chose de très bon pour nous puisque le responsable de la commission départementale a plutôt remonté les bretelles des vérificateurs" du fisc. "Mais s'il faut aller jusqu'au tribunal administraif, on ira et on sera sûrs de gagner" a-t-il assuré. L'administration fiscale n'a pas souhaité confirmer l'information, assurant ne pas pouvoir "s'exprimer sur des dossiers individuels ou en cours" en raison du "secret fiscal".